Dispositif pour lubrifier les organes d'un mécanisme d'horlogerie
Le brevet principal a pour objet, notamment, un dispositif pour lubrifier des organes d'un mécanisme d'horlogerie, caractérisé par un réservoir de lubrifiant muni d'un canal capillaire débouchant dans ce réservoir, par un support pour un mouvement ou une partie de mouvement d'horlogerie, capable de maintenir ce mouvement ou cette partie de mouvement dans une position déterminée, par un organe de transfert et par des moyens pour déplacer l'organe de transfert le long d'un chemin déterminé entre une première position où cet organe se trouve à proximité ou au contact de l'extrémité du canal capillaire et une seconde position où il se trouve à proximité ou au contact d'un organe destiné à être lubrifié.
La présente invention constitue un développement de celle qui fait l'objet du brevet principal. Alors que ce dernier vise plus particulièrement à permettre de lubrifier rationnellement les dents de la roue d'ancre d'un mouvement d'horlogerie, la présente invention vise à réaliser un dispositif qui permet de procéder au huilage des paliers ou tout au moins de certains paliers d'un mouvement de montre en agissant simultanément sur tous les emplacements à lubrifier.
On sait que la grande difficulté que l'on rencontre lorsqu'on cherche à simplifier et rationaliser l'opération consistant à déposer une goutte d'huile sur chaque palier d'un mouvement d'horlogerie consiste à obtenir que les gouttes d'huile ainsi déposées aient un volume qui corresponde aux dimensions du palier à huiler et qui soit aussi constant que possible.
Ainsi, le but de la présente invention est de réaliser un dispositif du genre mentionné plus haut dans lequel la quantité d'huile que prend l'organe de transfert chaque fois qu'il est amené dans sa première position de fonctionnement soit rigoureusement la même et dans lequel ce volume d'huile soit exactement dosé.
Pour cela, le dispositif selon l'invention est caractérisé en ce que le réservoir comprend au moins un récipient pourvu d'une ouverture dans sa partie supérieure et au moins un canal capillaire plongeant dans ledit récipient, l'extrémité supérieure dudit canal débouchant dans un élargissement en forme de cupule.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution du dispositif selon l'invention.
L'unique figure de ce dessin est une vue en coupe schématique à une échelle agrandie environ dix fois d'une partie du dispositif.
La disposition générale du dispositif est analogue à celle du dispositif décrit dans le brevet principal auquel on pourra se reporter. Toutefois, le dispositif décrit ici est agencé pour huiler simultanément plusieurs paliers de mouvements d'horlogerie. Il peut, par exemple, être disposé de façon à huiler huit paliers au total, cinq de ces paliers étant montés dans des ponts d'un mouvement alors que les trois autres sont montés sur la platine d'un autre mouvement de même calibre. Ces deux mouvements peuvent être montés côte à côte sur le socle de l'appareil, l'un avec les ponts dirigés vers le haut et l'autre avec la platine dirigée vers le haut.
L'organe de transfert porte une série d'aiguilles de transfert qui seront décrites plus en détail ci-après. I1 peut présenter la forme d'un bras mobile autour d'un axe vertical situé à l'une de ses extrémités quoique dans d'autres formes d'exécution, d'autres moyens puissent être utilisés pour déplacer les aiguilles de transfert. Ainsi, on peut monter l'organe de transfert sur des rails de guidage lui permettant de se déplacer en translation d'une part dans un plan horizontal, afin de passer d'une position située au-dessus du réservoir à une position située au-dessus du ou des mouvements, et, d'autre part, verticalement afin de pouvoir s'abaisser au-dessus du réservoir ou des réservoirs pour prendre l'huile et au-dessus du ou des mouvements pour déposer l'huile aux endroits requis.
Le réservoir d'huile dont est équipé le dispositif décrit est représenté partiellement au dessin. Le bloc 1 est fixé sur l'embase de l'appareil à côté du ou des portepièces. ll présente plusieurs logements 2 de forme cylindrique d'axes verticaux qui constituent les récipients destinés à contenir l'huile de lubrification 3. Alors qu'un seul récipient est représenté au dessin, le bloc 1 peut, par exemple en contenir deux. La plaque de couverture 4 qui est fixée sur le bloc 1 présente en regard de chaque récipient 2 une ouverture 5 destinée à permettre l'infiltration de l'air dans les récipients au fur et à mesure qu'ils se vident. Elle présente en outre un certain nombre d'ouvertures cylindriques 6 dans chacune desquelles est engagé un manchon 7 fixé à l'extrémité d'un tube cylindrique chassé dans l'ouverture centrale du manchon 6.
Ce tube forme un canal capillaire et plonge dans le récipient 2 jusqu'au voisinage de son fond. Le diamètre extérieur du tube 8 sera, par exemple de 0,4 mm et son diamètre intérieur de 0,2. L'embouchure du canal capillaire est formée par une creusure 9 de forme tronconique ménagée dans la face supérieure du manchon 7. Le fond de cette creusure est formé par la tranche plane du tube 8. La creusure 9 présente ainsi la forme d'une cupule dans laquelle se maintient en permanence un petit volume d'huile attiré vers le haut par capillarité et dont la surface libre forme un ménisque concave. On remarque que les deux ensembles 7, 8 représentés au dessin sont disposés à des hauteurs différentes par rapport à la plaque 4, ceci pour un motif qui sera indiqué plus loin.
Au-dessus du réservoir, on voit l'organe de transfert dont le support 10 est guidé par les moyens décrits plus haut. Sur ce support, sont montées des aiguilles de transfert 11, éléments de forme générale cylindrique disposés verticalement chacun en regard de l'un des canaux capillaires s. Chaque aiguille de transfert présente à son extrémité supérieure une tête 12 retenue par un épaulement interne 13 ménagé dans le support 10. Un ressort 14 presse en permanence la tête 12 contre l'épaulement 13 tout en permettant un léger mouvement axial au moment où le support 10 est à fond de course. A son extrémité inférieure, chaque aiguille présente un logement cylindrique 15 et dans sa face latérale une fente 16 qui fait communiquer le fond du logement 15 avec l'extérieur.
Le diamètre extérieur de l'extrémité inférieure de l'aiguille est, par exemple de 0,5 mm, alors que le diamètre intérieur du logement dépend des dimensions du palier et du pivot que l'aiguille est destinée à lubrifier. Ce diamètre sera supérieur au pivot, de sorte que, l'organe de transfert étant dans sa seconde position, immédiatement au-dessus du ou des mouvements à lubrifier, il sera nécessaire de l'abaisser pour que le logement 15 vienne s'emboîter sur l'extrémité du pivot qui coopère avec la pierre du palier à lubrifier. On conçoit que dans ces conditions, il soit nécessaire que chaque aiguille de transfert soit adaptée aux dimensions du palier correspondant.
Bien que les aiguilles puissent se déplacer par rapport au support 10 contre l'action des ressorts 14, on évitera que ces mouvements aient une amplitude trop considérable. Or, la position en hauteur des paliers d'un mouvement d'horlogerie peut varier de 1 à 1,5 mm. C'est pour tenir compte de ce fait que les manchons 7 sont placés à différentes hauteurs dans la plaque 4. Bien entendu, les différentes aiguilles sont de longueur correspondant aux positions des embouchures des manchons 7 ainsi qu'aux positions des paliers à lubrifier, de sorte que lorsqu'on abaisse l'organe de transfert sur les mouvements ou sur les canaux capillaires, les extrémités inférieures des aiguilles entrent sirnultanément en contact avec les pièces destinées à les recevoir.
Les mouvements de l'organe de transfert 10 peuvent être commandés à la main ou automatiquement. On a constaté que, même s'il se produit des différences dans les temps pendant lesquels les aiguilles sont en contact avec les flancs 9 des cupules, la quantité d'huile prise dans chaque logement 15 est rigoureusement la même à chaque opération. Au moment où l'extrémité inférieure d'une aiguille vient en contact avec le liquide qui se maintient par capillarité dans la cupule du canal correspondant, le logement 15 se remplit, l'huile passant également dans la fente 16. Il se forme un ménisque autour de l'extrémité inférieure de l'aiguille, l'huile formant ce ménisque étant attirée par capillarité depuis le récipient 2.
Toutefois, au moment où l'on relève l'organe de transfert, l'huile du ménisque extérieur est recueillie dans la cupule et redescend dans le canal capillaire, la cupule étant toujours remplie au même niveau. Les volumes d'huile pris par chaque aiguille sont donc exactement dosés.
Lorsqu'on amène l'organe de transfert au-dessus des paliers du ou des mouvements, L'huile qui se trouve dans les logements 15 est attirée par capillarité dans le joint entre le pivot et la pierre du palier, ce qui vide entièrement le logement. I1 est essentiel pour cela que le logement 15 vienne coiffer exactement le pivot à lubrifier.
L'appareil décrit peut être combiné avec le dispositif qui permet la lubrification des dents de la roue d'ancre décrit dans le brevet principal. Le pique-huile de ce dernier dispositif, au lieu d'être muni à son extrémité inférieure d'une échancrure limitée du côté inférieur par un bourrelet peut présenter simplement un amincissement à sa pointe. Les mouvements à effectuer pour l'amener en position de lubrification consistent donc simplement en un déplacement de haut en bas. Toutes les opérations s'effectuent donc par un seul mouvement descendant de l'organe de transfert.