<Desc/Clms Page number 1>
Appareil pour le raffinage des corps gras'par filtration.
La présente invention est relative au raffinage des corps gras par filtration. Elle est applicable en général aux corps gras dont la filtration s'effectue avantageusement dans des appareils chauffés afin d'augmenter la fluidité des pro- duits traités.
Actuellement, un mode de raffinage des corps gras consiste à les mélanger à des matières filtrantes telles que des terres décolorantes, seules ou additionnées de noir animal, puis à traiter le tout dans un filtre-presse à une température appropriée. Suivant un autre procédé on verse la matière grasse à l'état brut, éventuellement chauffée, sur des terres décolo- rantes contenues dans des cuves qui ont généralement de 1 à 5 mètres de diamètre et dont les parois sont chauffées. Ces n
<Desc/Clms Page number 2>
procédés toutefois sont ou très lents ou d'un rendement défectueux.
On constate notamment qu'il se forme dans la terre remplissant les cuves de filtration des "sillons" que suit la matière brute, de sorte que le produit s'écoulant à la base de ces sillons est incomplètement purifié et vient souiller le produit plus pur qui s'écoule encore et avec lequel il se mélange.
La présente invention a pour but d'éviter ces inconvénients et de permettre de travailler en continu, beaucoup plus rapidement et avec un rendement meilleur que jusqu'à présent. Elle est basée sur l'observation de ce que le fonctionnement défectueux des appareils existants est dû principalement au fait qu'en raison de la mauvaise conductibilité thermique de la terre filtrante, la chaleur y est répartie très inégalement, la température diminuant rapidement dès qu'on s'éloigne des parois chauffantes. L'appareil suivant l'invention, par contre, est muni de surfaces chauffantes qui sont rapprochées l'une de l'autre et il se caractérise en ce que ces surfaces sont établies de manière à permettre le maintien d'une température sensiblement uniforme dans toute la section de la masse filtrante.
En pratique, quand il s'agit de terre à foulon, on a constaté qu'à cet effet la distance entre les parois ou surfaces chauffantes ne doit pas dépasser 12 à 15 centimètres, alors que dans les appareils existants elle est de l'ordre d'un à plusieurs mètres.
Dans l'appareil suivant l'invention, chaque partie de la masse de terre filtrante participe dans une mesure sensiblement égale à la filtration et il n'y a plus de tendance à la production de sillons. Grâce à l'utilisation complète de la terre filtrante, on peut augmenter notablement la longueur de la couche filtrante par rapport au volume de terre A employé et augmenter encore le rendement utile du filtre. On
<Desc/Clms Page number 3>
sait en effet que l'efficacité du raffinage des corps gras est d'autant plus grande que ces corps accomplissent un plus long trajet en contact avec la couche filtrante et décolorante.
Or dans les filtres existants le rapport entre la longueur de couche filtrante et la dimension transversale est d'environ 1/1, tandis que la disposition suivant l'invention permet de porter ce rapport à 20/1 ou même 50/1 si on le désire. Le rendement en produit raffiné, par unité de volume de terre filtrante,peut ainsi être augmenté notablement, aussi bien qualitativement que quantitativement.
Le mode de réalisation préféré de l'invention consis- te à donner aux filtres la forme de tubes d'environ 12 cm de diamètre sur une hauteur appropriée, par exemple 2 mètres. Ces tubes, munis d'une chemise de chauffage à la vapeur, sont montés en batterie pour pouvoir fonctionner en série, chaque élément pouvant être déconnecté en vue du remplacement de la terre filtrante quand celle-ci est épuisée.
On peut cependant également employer des récipients de plus grande section, à condition de prévoir à l'intérieur de ceux-ci des surfaces chauffantes, par exemple des éléments tubulaires ou des cloisons dont l'écartement soit tel que la température de la terre qui les sépare reste sensiblement uni- forme.
Sur le dessin annexé qui représente schématiquement quelques exemples de réalisation de l'invention
Fig. 1 est une élévation partiellement en coupe d'u- ne batterie de filtres tubulaires et
Fig. 2 en est une vue en plan.
Fig. 3 montre un filtre de plus grande section muni d'éléments chauffants tubulaires, en coupe verticale suivant la ligne III-III de la Fig. 4.
Fig. 4 est une coupe horizontale suivant la ligne A
<Desc/Clms Page number 4>
IV-IV de la figure 3.
Fig. 5 est une coupe horizontale montrant un filtre cloisonné.
L'installation représentée sur les Figures 1 et 2 a été conçue, plus particulièrement, en vue de la préparation de la vaseline blanche (gelée de pétrole) par filtration du résidu de la distillation d'huiles minérales dit "petrolatum", dont la couleur varie du vert au noir, mais il est entendu qu'elle peut servir avec les mêmes avantages au raffinage de corps gras et d'huiles en général. Cette installation comprend deux batteries de six tubes 1, 2, 3, 4,5, 6 remplis de terre à foulon 7 et munis extérieurement de chemises de chauffage 8.
Le diamètre de ces tubes est de préférence de douze centimè- tres. Il sont branchés deux à deux sur une conduite d'alimen- tation 9 qui reçoit du pétrolatum sous pression d'un réser- voir 10. La conduite 9 est elle-même munie d'une chemise de chauffage 11 tandis que le réservoir 10 contient un serpen- tin de chauffage 12. Ces chemises et ce serpentin sont ali- mentés de vapeur surchauffée, afin que le pétrolatum amené par la conduite 4 présente toujours la fluidité requise pour la filtration.
Dans l'exemple représenté, les tubes 1, 2, 3, 4, 5, 6 sont reliés en série alternativement par des tuyaux 13 si- tués à leur base et par des tuyaux 14 à leur sommet. Chaque tube est muni à la base d'un robinet de soutirage 15 pour la vaseline. Une conduite de vapeur 16 alimente les chemises 8 en vapeur surchauffée.
Le serpentin 12, les chemises 11 et 8 étant alimen- tés par de la vapeur à 130 C par exemple, le pétrolatum est admis dans le premier tube 1 à environ 120 à 125 C. Grâce au fait qu'en aucun point du tube la terre filtrante ne se @
<Desc/Clms Page number 5>
trouve à plus de 6 cm. d'une paroi chauffée, la température au sein de cette terre reste uniformément maintenue au-dessus de 100 C. et le pétrolatum la traverse de façon régulière sur toute la section disponible. Au bout de peu de temps la va- seline blanche sort par le robinet 15 de ce filtre.
Lorsque le pouvoir filtrant de la terre du filtre 1 diminue, la vaseline sortant du robinet 15 commence à jaunir.
On ferme alors le robinet 15 et on ouvre les robinets 17 et 18 des tuyaux 13 et 14 reliant les tubes 2 et 3 en série avec le tube 1. Lorsque la terre en 1 et 2 est complètement épuisée, on retire les tubes 1 et 2 du circuit et on alimente directe- ment le tube 3. Celui-ci est ensuite raccordé aux tubes 4 et 5 et on procède ainsi à la filtration de façon continue pen- dant qu'on remplace la terre des filtres 1 et 2 pour que ceux- ci puisse fonctionner de nouveau à leur tour. Des robinets 15 pour le soutirage de la vaseline sont indiqués au pied des tubes mais il peut également en être prévu au sommet des tu- bes 2. 4, 6. Comme indiqué le tube 6 peut être raccordé au tube 1 par un tuyau 14' pour permettre un fonctionnement inin- terrompu.
Pour faciliter le déchargement et le rechargement de la terre,les tubes 1, 2 ... 6 peuvent être fixés chacun, à l'aide de colliers 19, à des tiges pivotantes 20, de manière qu'après avoir défait les joints 21 il suffise de faire pivoter le tube autour de sa tige de support 20 pour l'amener dans une position d'où il peut être facilement enlevé en vue du net- toyage et du rechargement.
L'appareil représenté sur les Figs. 3 et 4 à la forme d'une cuve 22 dont les parois latérales sont munies d'une chemise de vapeur 23. La cuve 22 possède un couvercle 24 formant lui-même chemise de vapeur à deux compartiments, ce couvercle étant solidaire de tubes 25 branchés sur les deux @
<Desc/Clms Page number 6>
compartiments du couvercle de façon à être constamment parcourus parcde la vapeur à la température voulue. Ces tubes 25 sont espacés entre eux de 12 centimètres, et la distance entre les tubes extérieurs et la paroi 23 ne dépasse pas non plus 12 cm. ce qui permet de maintenir dans toute la masse du filtre la température uniforme nécessaire pour assurer la descente régulière du pétrolatum. Celui-ci est introduit sous pression par le tuyau 26 et la vaseline est débitée par le robinet 27.
La Fig. 5 montre un filtre de grande section 28 divisé en compartiments de 12 centimètres de côté par des cloisons creuses 29 alimentées de vapeur surchauffée, de façon que la terre filtrante soit, comme dans les autres cas ci-dessus décrits, maintenue uniformément à la température convenant à la filtration.
Il est évident que d'autres constructions équivalentes rentreraient dans le cadre de l'invention et que des changements peuvent être apportés, suivant les besoins, à la construction des appareils décrits et représentés. C'est ainsi par exemple que le chauffage à la vapeur pourrait être remplacé par l'emploi de résistances électriques.
REVENDICATIONS ---------------------------
1. Appareil pour le raffinage des corps gras par filtration à une température supérieure à la température ordinaire,caractérisé en ce qu'il consiste en un filtre muni de surfaces chauffantes disposées de telle manière qu'une température sensiblement constante peut être maintenue dans toute lamasse filtrante.