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, , PROCEDE ET APPAREIL POUR LA DISTILLATION CONTINUE DES GOUDRONS .
La présente invention concerne un procédé et un appa- reil permettant la distillation continue de goudrons hydratés,en toute quantité voulue, et permettant de recueillir de premier jet les huiles carburantes légères et lourdes et la naphtaline nette- ment séparées, sans risquer les accidents généralement provoqués par la formation de mousses ou de coke dans les pro cédés et appa- reils connus jusqu'ici.
Il est,en effet,connu que la distillation continue des goudrons présenta,dans les appareils actuellement en usage, de graves inconvénients qui tendent à condamper la marche continue dans la distillation des goudrons hydratés, malgré les réels avan- tages qu'elle offre. Ces inconvénients sont, notamment, la forma- tion spontanée de masses abondantes de mousses,qui sont entraînées dans les appareils de condensation,en altérant immédiatement le distillat recueilli.
Dans la pratique,et précisément pour éviter la formation intempestive de mousses,il a été proposé une déshydratation préa- lable des goudrons,avant leur introduction dans l'alambic ou la chaudière de distillation. A cet effet, on a monté au-dessus de l'alambic une colonne à plateaux,que l'on chauffe convenablement
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et dans laquelle on fait passer le goudron hydraté. Le goudron, s'écoulant d'un plateau à l'autre, se déshydrate progressivement et pénètre, à l'état déshydraté, dans l'alambic où il est soumis à la distillation.
Mais cette colonne est de réal'isation compliquée et coû- teuse et d'une conduite peu aisée; de plus, le chauffage convena- ble de ses plateaux exige un apport de calories qui est pour le moins onéreux. En outre,si,pour une raison quelconque la déshy- dratation est imparfaite,il se forme des mousses qui débordent même à travers la colonne.
Un autre inconvénient très grave constaté dans la distil- lation continue des goudrons dans les appareils connus réside dans la formation de cote sur le fond de l'alambic ou chaudière soumis à l'action d'un foyer à feu nu. En effet, le goudron, stagnant continuellement en contact avec le métal de l'alambic qui reçoit l'action du feu nu, finit rapidement par s'épaissir et se caté- fier, le cote très tenu et dur ainsiformé adhère au (fond de l'a- lambic en constituant un calorifuge,qui permet à la tôle de se sur- chauffer,tout en empêchant la chaleur de se transmettre à la mas- se de goudron située par dessus, d'où un mauvais rendement thermi- que et un danger très grave de brûler le métal de l'alambic.
D'autre part,la distillation continue du goudron,telle qu'elle est actuellement pratiquée, ne permet d'obtenir de premier jet qu'un seul distillat,qui doit être fractionné ensuite par de nouvelles distillations; il y a autant d'opérations de fractionne- ment à effectuer qu'il y a de produits à recueillir.
Le procédéet l'appareil selon l'invention obvient à tous ces inconvénients. Ce procédé est caractérisé en ce qu'on réalise une distillation continue du goudron hydraté, sons chauf- fage préalable de celui-ci,par une circulation continue du goudron par un effet de thermo-siphon.
N'appareil servant à la réalisation de ce procédé com- prend un alambic,contenant une masse chaude de goudron et dans le- quel un tube axial,disposé verticalement à une certaine distance
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du fond de l'alambic, reçoit de façon continue le goudron hydraté, froid,qui descend en s'échauffant progressivement et vient lécher le fond de l'alambic, exposé au feu nu,pour remonter lenteme'nt à la surface à travers la masse de goudron chaud,où le goudron débar- rassé de ses produits volatils est évacué de l'alambic par trop plein,tandis que les vapeurs* résultant de la distillation s'échap- pent à la partie supérieure de l'alambic.
Le goudron est ainsi continuellement maintenu en mouve- ment dans l'alambic et il ne peut pas se former de coke dans celui- ci et le métal de l'alambic est protégé de toute surchauffe et toute altération.
L'appareil esit complété par un condenseur-séparateur,où les fractions plus légères que l'eau et les fractions plus loua- des que l'eau,contenues dans le distillat,sont séparées l'une de l'autre et sont -débarrassées d'eau,et éventuellement de naphtaline.
Les huiles légères et lourdes recueillies peuvent être soumises ensuite à une rectification.
Le dessin ci-joint représente,à titre d'exemple,en une vue en coupe verticale axiale plus ou moins schématique, une forme , de réalisation de l'appareil.
Dans l'alambic à,dont le fond est chauffé à feu nu (par exemple,par un ou des brûleurs,non représentés), le goudron hydra- té est introduit froid,- o'est-à-dire sans chauffage ni déshydra- tation préalables,ce qui entraîne une grande économie,- en passant par le tube en col de cygne B,qui débouche verticalement: suivant l'axe de 1 'alambic .
Au-dessous de ce tube B est disposé verticalement,égale- ment suivant l'axe de l'alambic,un tube de diamètre plus grand,C, qui va jusqu'à une certaine distance du fond A' de l'alambic A.
Le goudron,déversé à l'état froid dans le tube B,descend dans le tube C, en s'échauffant progressivement,et vient lécher le fond chauffé A' de l'alambic, pour remonter lentement, par effet de thermo-siphon, à travers la masse de goudron chaud D contenue dans l'alambic, jusqu'à la surface de cette masse. En raison de la cir- culation engendrée par cet effet de thermo-siphon, le goudron est @
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maintenu continuellement en mouvement; il ne peut passe former de coke sur le fond de l'alambic et le métal de celui-ci est protégé de façon absolue contre une surchauffe et une altération.
En ce qui concerne les mousses qui se forment dans le tube central C, elles viennent,en débordant de ce tube,rencontrer un disque C',fixé sur le tube B au-dessus du tube C, et elles retombent à la surface de la masse de goudron chaud ,où elles dis- paraissent aussitôt.
Le goudron,déshydraté et débarrassé de ses essences vo- latiles,porté à la température désirée, correspondant aux huiles à recueillir,est évacué, de façon continue par le trop-plein E; une garde de quelques centimètres de goudron,dans l'appareil F,em- pêche le distillat de s'échapper par ce trop-plein E.
Une vanne de vidange G permet de vider l'alambic de temps en temps.
Les vapeurs,résultant de la distillation du goudron,sont acheminées par un conduit H,entouré d'une chemise à circulation d'eau de refroidissement I,vers un condenseur-séparateur J,conte- nant de l'eau froide.
Les fractions de ce distillat,qui sont plus légères que l'eau,surnagent et s'écoulent régulièrement dans un décanteur K, dans lequel elles sont séparées de leur eau véhiculaire ; celle-ci est évacuée par L, alors que ces fractions légères sont recueil- lies en M. Les fractions du distillat,qui sont plus lourdes que l'eau,s'accumulent au fond du condenseur-séparateur J,et sont évacuées, sans traces d'eau,par la tubulure à vanne N.
La naphtaline,s'il y en a dans le distillat,se cristal- lise au contact de l'eau froide ets'accumule sur le fond incliné 0 du condenseur J; elle est arrêtée par le filtre P et est retirée de temps en temps au moyen d'une cuiller-écumoire.
Le condenseur-séparateur estmuni d'un couvercle à char- nière Q,qui permet de surveiller les opérations et de retirer la naphtaline en temps voulu.
On peut disposer ,à l'intérieur du conduit H servan à l'évacuation du distillat,immédiatement avant le condenseur-sépa-
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rateur, un pulvérisateur d'eau provoquant dans l'alambic un léger vide activant la distillation et fournissant, à l'intérieur du condenseur-séparateur, un brouillard d'eau froide assurantla con- densation totale du d istillat .
L'appareil décrit ci-dessus peut être complété par un appareil de rectification, de construction connue;les huiles lé- gères et lourdes sont,à la sortie de eet appareil de rectification. recueillies claires et limpides et prêtes à être utilisées comme carburant pour des moteurs à explosion.
Le procédé et l'appareil peuvent être appliqués,non seu- lement à la distillation de goudrons de tous genres,mais aussi de toutes autres matières visqueuses hydratées.
REVENDICATIONS.
I- Procédé de distillation continue des goudrons, caracté- risé en ce qu'un effectue cette distillation du goudron hydraté, sans chauffage préalable de celui-ci,par une circulation continue du goudron par un effet de thermo-siphon.