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PERFECTIONNEMENT AU SERRAGE DE LA TRAME.
Il est connu dans les métiers circulaires de réaliser l'insertion de la duite et le serrage de celle-ci au fond dû pas'par'des roues'produisant des pressions appropriées à des points convenables de manière à reproduire d'une façon continue et de proche en proche l'opération qui, sur le métier à tisser rectiligne, est réalisée d'un seul coup et sur tous les fils à la fois par l'organe dénommé battant.
On voit par exemple dans le brevet anglais 160418 des roues por- tées par les navettes. C'est-à-dire enfermées dans le pas, et effectuant le genre de serrage dénommé "à pas ouvert". D'autres roues extérieures aux nappes de fils (roues dont l'axe est incliné par rapport à un rayon du métier de manière à attaquer le tissu obliquement)effectuent une poussée de même nature, mais à "pas fermé".
On voit aussi une amélioration de ce dispositif dans la roué extérieure aux nappes de fils de chaîne, roue décrite dans le brevet fran- gais 678.133. Cette roue est munie à sa périphérie de pointes qui engrè- nent avec les fils de chaîne et, qui, passant au travers des nappes., y sai- sissent le fil de trame pour l'appliquer contre le tissu précédemment pro- duite
Le but de la présente invention est de perfectionner ces dispo- sitifs et notamment celui dans lequel les roues munies de saillies sont ex- térieures à la nappe de fils de chaîne.
Selon l'invention, les projections, saillies ou pointes dont on garnit la roue de serrage peuvent venir appliquer la trame tout-à-fait au fond du pas ce qui est le but essentiel à obtenir,et ce qui n'a été réa-
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lisé complètement par aucun dispositif connu.
Ces projections, ou saillies, passant au travers d'une des deux nappes de fils de chaîne réalisent sur un court espace., une action de serrage de la trame, absolument analogue à celle du battant du métier-droite De plus ces saillies ou projections peuvent se dégager du tissu formé par un mouvement géométriquement correct, c'est-à- dire sans que leur trajet ne coupe à aucun moment le trajet décrit par les fils de chaîne. Enfin, une came eh acier poli améne les fils de chaîne en contact avec les projections de la roue dans l'ordre même de leur enfilage et non pas en désordreo
La technique connue sera mieux comprise en consultant la figure 1 qui représente dans une vue en plan la zone de tissage et de circulation dés navettes d'un métier circulaire décrit à titre d'exemple.
Ce métier appar- tient au type dans lequel les fils de chaîne arrivent radialement à la zone de tissage, puis changeant de direction de 90 , sont appelés, sous la for- me de tissu, vers le bas du métier. Bien entendu., tout ce qui est dit de ce type de métier s'applique aussi à n'importe quel autre'type de métier circulaire.
Dans la figure 1, on voit le cercle de formation du tissu 1, d'où partent les fils de chaîne 2, 2', etco qui sont disposés radialement et qui se dirigent vers le chemin 3 de circulation des navettes 4. Ce chemin est fendu et laisse passer les fils de chaîne qui, selon le mouve- ment des lisses,sont alternativement hauts et bas. Ils forment ainsi deux nappes de fils entre lesquelles circule, dans le sens de la flèche., la navette 4, qui lache derrière elle,9 le fil de trame 50
Le problème pour l'organe de serrage de trame de n'importe quel type, est de saisir au travers de la nappe, soit supérieure, soit in- férieure (sans déranger l'ordre des fils de chaîne) le fil de trame 5 et de l'appliquer dans la zone de formation du tissu contre le cercle 1 et à la suite du tissu précédemment produit.
La figo 2 représente,, vue par dessus, et au travers des fils de chaîne, une roue 6, munie de saillies pointues qui engrènent avec les fils de chaîne 2, 2' selon la technique connue.
La fig. 3 représente en élévation la même roulette et la po- sition de ses saillies par rapport aux fils 2 et 2'. On voit nettement que si les saillies 7 ont une certaine longueur il est impossible de les dégager des fils de chaîne par un simple mouvement de la roue. Le trajet des saillies coupe en effet celui des fils de chaîne.
De même on voit qu'il est impossible d'amener les saillies 7 dans le voisinage étroit du cercle de tissage 1, car le flanc de la roue 6, qui a forcément une certaine lar- geur, s'y opposeo Une implantation quelconque d'aiguilles ou de saillies diamétrales le long de la jante de la roue 6, présente forcément l'incon- vénient d'intercaler la demi-épaisseur de la jante entre le fond du pas et les saillies, de sorte que l'effet de serrage du:
battant du métier recti- ligne ne peut être intégralement reproduito
Au contraire si, selon 1?invention, on dispose à la périphérie de la roue et en porte-à-faux par rapport à la jante, du côté où le serra- ge doit avoir lieu, des projections ou saillies dont la partie travail- lante est perpendiculaire au plan moyen des nappes de fils de chaîne, la saillie située au point le plus haut de la roue, se trouvera évidemment dans une position tout-à-fait comparable à celle de chaque élément du peigne serreur du battant des métiers rectilignes.
Cette disposition caractéristique de l'invention, est repré- sentée par la fig. 4, sur laquelle apparaît une projection ou saillie 7 qui est disposée non pas radialement par rapport à la roue 6,mais en porte- à-faux du côté du cercle de formation de tissu 1. Dans sa position la plus
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élevée, cette saillie a sa face de travail (c'est-à-dire la face qui pousse la trame) à peu près parallèle aux flancs du cercle de formation du tissu-, et perpendiculaire au.plan moyen P des fils de chaîne (fig.
4)0
Comme saillies on peut aussi utiliser des aiguilles effilées et coniques., mais au lieu qu'elles soient plantées dans la jante dé la roue 6 elles sont rivées latéralement sur la jante même de la roue et coudées en porte-à-faux d'une manière appropriée pour retrouver la position verticale parallèle au cercle de formation du tissu. Cette réalisation particulière est montrée par la fig. 4a.
On comprend sans peine que si cette roue de serrage est incli- née sur son axe, de manière'à éloigner cet axe des parties fixes centrales du métier, les projections ou saillies de la roue peuvent venir,rigoureuse- ment au fond du pas c'est-à-dire, pratiquement au contact du tube de for- mation du tissu. Il est même possible de tailler sur le bord extérieur du tube des dents en creux qui faciliteront encore l'approche des saillies du point extrême qui est au fond de l'angle de tissage.
On comprend aussi que, comme la roue tourne concentriquement autour du tube de formation du tissu en suivant une navette., cette roue engage successivement tous les fils de chaîne du métier et produit au bout d'une révolution complète, un serrage total de la duite, aussi parfait, mais plus doux que celui du battant du métier rectiligne.
La fig. 5 montre en perspective les saillies 7 appartenant à la roue 6, dont l'axe est incliné par rapport à l'axe du métier. Le dessin indique des arêtes pour faciliter la représentation, mais en réalité, on a intérêt à utiliser, soit des lamelles minces (cas du coton) soit des ai- guilles coniques et soigneusement polies (cas des fibres dures).
L'inclinaison de la roue sur son axe n'est pas strictement dé- finieo Il faut qu'elle soit suffisante pour que les organes mécaniques du centre de la roue soient nettement dégagés par rapport aux organes centraux fixes du métier., étant entendu qu'un côté seulement de la roue est en con- tact avec les fils de trame. Le contact a lieu en réalité, sur ce flanc seulement, et le côté qui travaille doit toujours être perpendiculaire au plan moyen des fils de chaîne, quelle que soit l'inclinaison de la roue.
Une autre caractéristique de l'invention est la forme très par- ticulière des projections., quelles quelles soient, si on les voit de fa- ce, c'est-à-dire en se plaçant du côté extérieur du métier, et en regar- dant la zone de tissage. Cette forme est représentée par la figure 6. En effets pour que ces projections 7 puissent se dégager des nappes après avoir effectué le serrage, elles doivent avoir théoriquement une forme analogue au flanc d'une demi-dent d'un engrenage droit. Quand cette condi- tion est remplie, et quelle que soit la longueur de ces saillies, elles dé- gagent de la nappe, dans le voisinage du tissu, sans provoquer aucun dom- mage à celui-ci.
Cette courbe est une développante de cercle, et en pratique, un arc de cercle voisin de la courbe théorique donne des résultats suffisants.
De plus, l'extrémité des projections doit être douce, c'est-à-dire ni cou- pante, ni aigue, de telle sorte que la parfaite conjugaison de la courbe précitée et l'état mécanique des pointes permettent un dégagement parfait de la saillie.
Une autre caractéristique de l'invention est une came qui per- met aux saillies d'attaquer les nappes de fils sans déranger l'ordre des fils de chaîne.
En effets l'expérience montre que lorsque des roues munies de
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saillies viennent au contact de deux nappes de fils animés de mouvements de lève et baisse, les fils ne sont pas cueillis dans leur ordre normal, et ce- ci produit des vrillages, qui empêchent de serrer la trame., car le vrillage s'y oppose.
Ce phénomène est expliqué par la figure 7, qui représente une saillie 7 appartenant à une roue qui tourne dans le sens indiqué par la flè- che. Cette saillie vient au contact de deux nappes de fils A et B, qui ont effectué une partie de leur mouvement de croisement, et qui sont par consé- quent à des hauteurs différentes dans l'espace.
Comme la roue tourne sur elle-même et qu'elle a en même temps un mouvement de translation, l'extrémité de la saillie 7 décrit un cycloïde C dont la concavité, dans le cas représenté, est dirigée vers le haut.
L'extrémité de la saillie va donc prendre des fils d'autant plus loin qu'ils sont plus hautso
Si nous numérotons les fils dans l'ordre qu'ils occupent dans le tissu, tous les fils de la série B pourraient par exemple porter les nu- méros impairs 1, 3, 5 etco Les fils de la série A porteraient alors les numéros 2, 4, 6 etco (dans le cas le plus simple d'armure.? c'est-à-dire pour l'armure toile).
Dans le tissu, les fils occupent l'ordre 1, 2, 3, 4, 5 etco
Le trajet de la cyclolde indiqué sur la fig. 7 montre qu'il est possible., quand l'écartement entre A et B a une certaine valeur., que l'ex- trémité de la saillie 7 (qui décrit la cycloide représentée) au lieu de prendre les fils dans l'ordre 1, 2, 3, etco et après avoir ramassé le fil 1, manque d'une très petite quantité de fil 2, et cueille ensemble les fils 1 et 3. Le fil 2 sera donc cueilli par l'aiguille suivante et le serrage deviendra impossible car les fils étant cueillis dans l'ordre 1, 3, 2., sont vrillés.
Pour obvier complètement à cette difficulté, il est monté, en combinaison avec la roue à saillies, une came 8, de préférence en acier po- li, came qui est représentée sur la figure 8. Cette came qui se dirige dans le sens de la flèche? en même temps que la roue, attaque les nappes de fils qui sont à deux hauteurs différentes et, soulevant ceux de la nappe la plus basse, les oblige à se présenter aux saillies de la roue sur un plan unique, et en conservant leur ordre naturel. Cette opération est repré- sentée par la fig. 9, où l'on voit le profil de la came 8 présentant à la saillie 7 les fils de chaîne pairs et impairs à la même hauteur et dans leur ordre naturel.
Cette came est, de préférence, montée sur le support de la roue.
Ce support comporte des rotules ou des articulations universelles, c'est-à- dire qui permettent l'ajustage dans tous les sens,, en hauteur et en direc- tion; ce support est analogues dans son principe, à celui décrit dans le brevet USA 104650445 de sorte que la roue peut prendre n'importe quelle position pour engrener plus ou moins profondément dans les fils., ou encore pour Prendre., par rapport à la tangente, n'importe quelle autre position inclinée jugée plus favorable.