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La présente invention est relative à un procédé de prépara- tion d'un agent bactériostatique à bactéricide qui est basé sur l'em- ploi d'acide ascorbique et qui, utilisé déjà à faibles doses, peut ac- cuser de sérieuses propriétés bactéricides sans provoquer dans le corps des phénomènes secondaires désagréables, contrairement aux agents ana- logues connus.
On sait que l'acide ascorbique exerce, en tant que vitami- ne C, des effets favorables sur le corps humain ou animal et que, en cas d'application de plus grandes quantités, il convient également dans une certaine mesure pour diminuer la tendance à l'inflammation. De tou- te manière, la vitamine C est extraordinairement sensible et, de tou- tes les vitamines les plus connues, c'est elle qui se détruit le plus facilement. Ceci est valable tant pour les influences qu'exerce l'or- ganisme sur l'acide ascorbique que pour les influences extérieures, comme par exemple attaques chimiques par l'oxygène ou température éle- vée.
La présente invention découle du fait qu'il est possible non seulement de stabiliser l'acide ascorbique vis-à-vis des influen- ces extérieures chimiques ou physiques, mais aussi de le stabiliser afin d'empêcher sa décomposition prématurée dans l'organisme, et ce en le faisant réagir avec des acides amino. Il a été en effet surprenant de constater que les produits de réaction de l'acide ascorbique avec les acides amino ne sont pas soumis dans le corps à une décomposition aussi rapide et aussi forte que l'acide ascorbique seul, et que, au contraire, étant l'accroissement de leur résistance, ils peuvent exer- cer leur action en des endroits où ils sont utilisés par le corps pour prévenir certains troubles ou pour combattre certaines maladies.
Il était non moins prévisible que, ainsi que cela fut démontré par des expériences effectuées sur des animaux, même l'application de faibles quantités, par exemple de 0,03 à 1 mg par souris, de ces produits de réaction de l'acide ascorbique avec des acides amino, suffirait pour développer des effets thérapeutiques qui sont semblables ou même de loin supérieurs à ceux des remèdes connus à effet bactéricide,comme par exemple les sulfamides ou les anti-biotiques. Il s'agit donc ici d'un effet potentiel exceptionnel, que l'on peut aussi peu atteindre avec des doses simultanées ou successives des constituants qu'avec l'application de simples mélanges.
Comme avantage particulier, il faut toutefois insister sur ce que l'utilisation des produits de réaction préparés conformément à l'invention n'entraîne pratiquement aucun effet secondaire désagréable, comme par exemple détériorations du sang, dé- térioration de la flore intestinale, phénomènes allergiques ou derma- tites.
Suivant le procédé de l'invention,les produits décrits sont préparés de la manière suivante : l'acide ascorbique ou ses dérivés ou sels sont mis en réaction dans un agent liquide avec des acides amino, leurs sels ou dérivés, en dispersion et/ou en solution, et le produit de réaction est séparé du mélange de réaction. Dans l'intérêt d'une transformation rapide et complète en produits très efficaces, on travaille de préférence à des températures élevées, par exemple compi- ses entre 30 et 130 , en particulier de 35 à 80 . On peut, comme men tionné, rassembler dans un agent aqueux les constituants de la réac- ' tion qui sont généralement solubles dans l'eau.
Il est toutefois pos- sible aussi d'avoir recours à des liquides organiques et d'utiliser l'un ou l'autre constituant en fine dispersion. Si on part par exe@ple d'ascorbinate de sodium, il conviendra de travailler dans une suspen- sion alcoolique.
Les conditions de réaction peuvent être choisies telles que la réaction se déroule dans le sens de la formation d'un sel, par ex-
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emple d'un sel complexe. Etant donné toutefois que les produits avec liaison des constituants à la façon de l'ester se sont révélés supérieurs au point de vue efficacité, on travaillera de préférence dans le sens d'une éthérification en effectuant la réaction suivant une formule avantageuse de mise en oeuvre du procédé, en présence de matières favorisant l'éthérification. Sont particulièrement appropriées dans ce cas des additions, comme le chlorure de thionyle ou le trifluorure de bore.
La séparation du produit de réaction du mélange de réaction peut avoir lieu par évaporation partielle ou complète du solvant ou de l'agent de dispersion. le cas échéant avec cristallisation subséquente, auquel cas on peut favoriser ou compléter la séparation du produit solide de réaction particulièrement par précipitation avec des liquides organiques ; comme par exemple l'éther, l'éther de pétrole.
Etant donné que l'acide ascorbique n'accuse une grande stabilité vis-à-vis des influences extérieures et organiques qu'après réaction avec l'acide amino il est avantageux d'effectuer la transformation en l'absence d'oxygène, la réaction ayant lieu par exemple dans une atmosphère d'azote, ou bien de l'azote étant conduit au travers du mélange liquide de réaction.
Comme deuxième constituant de la réaction, on utilisera avant tout des acides amino, qui sont appropriés au corps humain en tant que formateurs d'albumine et qui peuvent de ce fait être considérés comme particulièrement intéressants pour le corps humait. De cette manière, on peut bien entendu aussi unir à l'application bactériostatique ou bactéricide de l'agent actif, des réactions secondaires souhaitables, relativement à l'emploi des acides amino.
Pour ce qui est de ces effets, se sont révélés particulièrement appropriés des acides amino avec un ou plusieurs groupes porteurs de soufre dans la molécule. Peut-être, le fait de convenir aussi bien, qui est surtout remarquable chez les acides amino contenant des groupes sulfhydryles, peut être attribué à ce que, par la teneur en soufre, la décomposition provoquée par le ferment, l'ascorbinase, est empêchée ou toutefois tout au moins retardée.
Parmi les acides amino à prendre en considération pour le procédé de l'invention, nous mentionnerons à titre d'exemple la glycocolle, l'alanine, l'acide glutamique, et de préférence la méthionine, la méthionine acétylée, l'éthionine, la cystine, en particulier la cystéine, ainsi que la glutathione,ou l'homo-cystéine. On peut évidemment partir aussi de mélanges de ces corps ou d'autres acides amino. Comme -il- en a déjà été fait mention, les acides peuvent être utilisés tels quels pour la réaction ou aussi sous forme de leurs dérivés ou de leurs sels.
Il s'est toutefois révélé que, pour beaucoup d'acides amino, la réaction s'effectue au mieux lorsqu'on les transforme d'abord en chlorures d'acide et que, ensuite, on les fait réagir avec de l'acide ascorbique ou de l'ascorbinate de sodium, le cas échéant en présence d'agents séparant l'halogène, par exemple de carbonate de sodium ou de pyridine.
Au lieu d'acide ascorbique, on peut également, comme mentionné, utiliserrses sels ou dérivés, dans lesquels se trouve au moins le groupe endiole.
La proportion des constituants d'acides amino et de ceux d'acide ascorbique peut fluctuer dans certaines limites. On peut fixer ces constituants à peu près de manière équimoléculaire, mais il convient toutefois de les tenir dans des proportions moléculaires comprises entre 2:1 et 1:2.
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Exemple I :
3,52 parties d'acide ascorbique anhydre et 3,15 parties d'hy- drochlorure de cystéine anhydre sont dissoutes à la chaleur, dans une atmosphère d'azote, dans 40 parties d'alcool absolu. Après refroidisse- ment à la température ambiante, on ajoute 0,2 partie de chlorure de thio- nyle fraîchement distillée On laisse reposer le dépôt pendant 24 heures.
Sous une pression diminuée, on concentre jusqu'à un volume d'environ 25 parties et, ensuite, on précipite avec 250 parties d'éther anhydre. Le précipité se présente d'abord sous une forme huileuse, se solidifiant toutefois après quelque temps en une masse blanche cristalline. Le pré- cipité est filtré par aspiration et séché. - Rendements quasi quantita- tifs.
Exemple 2 :
3,52 parties d'acide ascorbique anhydre et 3,15 parties d'hydrochlorure de cystéine anhydre sont dissoutes à la chaleur dans 40 par- ties d'alcool absolu. Après le refroidissement, on introduit 0,3 partie environ de trifluorure de bore. Le traitement subséquent a lieu comme indiqué à l'exemple I.
Exemple 3 :
Dans une atmosphère d'azote, on procède à transfusion de 25 parties d'acétone dans 1 partie d'hydrochlorure de cystéine anhydre et 8 parties d'acide ascorbique anhydre, et on ajoute 0,1 partie de chlorure de thionyle. On laisse alors reposer le dépôt pendant 48:heures à la température ambiante, dans l'obscurité. Ensuite, on filtre par aspiration; le dépôt est lavé avec un peu d'acétone et le produit du filtrage est précipité avec 150 parties d'éther absolu. Après 24 heures, le précipité est devenu cristallin. Le solvant est filtré par aspiration et le précipité est lavé avec un peu d'éther.
Exemple 4 :
On ajoute 500 parties d'alcool absolu à 3,15 parties d'hydrochlorure de cystéine anhydre et 4 parties d'ascorbinate de sodium, dans une atmosphère d'azote, et on chauffe pendant 20 minutes à 37 . De la partie non dissoute on filtre ; le produit du filtrage est laissé pendant une nuit dans l'armoire frigorifique et, le lendemain il est concentré sous vide à 75 parties. D'un dépôt restant on sépare, et on ajoute 200 parties d'éther au produit du filtrage. Après un court repos, le précipité formé est filtré par aspiration et séché.
Exemple 5 :
Sur un laps de temps de 10 minutes, on ajoute goutte à goutte. à une température de 20 , de 6 à 8 parties de chlorure de thionyle très pur, fraîchement distillé, à 3,1 parties d'hydrochlorure de cystéine anhydre, finement pulvérisé. On chauffe ensuite à 37 au bain-marie.
Le dégagement gazeux cesse après 25 à 30 minutes. Pour que la réaction soit parfaite, on agite pendant 3 à 4 heures, et le produit obtenu est lavé avec de l'éther de pétrole anhydre. Les restes d'éther de pétrole
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sont éliminés sous vide,1;.q partie du ;prodúit"ot)t'elttf.Jde" ,cé't'ti 1itan:i:ré'.3e-àir ad- ditionnée à 2 parties d'ascorbinate de sodium qui, auparavant, a été mis en fine suspension dans 250 parties d'alcool absolu. On remue le mélange de réaction pendant une heure à une température de 40 à 45 dans une atmosphère d'azote. Le lendemain, on décante à partir du dépôt et l'al- cool est distillé sous vide à une température de 25 à 30 .
Lorsque la solution commence à se troubler, on précipite avec de l'éther anhydre et Ie précipité séparé est recristallisé à partir d'alcool absolu.
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Exemple 6 :
3,15 parties d'hydrochlorure de cystéine sont dissoutes dans 3,2 parties d'eau et on additionne à une solution provenant de 3,96 parties d'ascorbinate de sodium qui a été dissous dans 4,8 parties d'eau.
On ajoute alors 200 parties d'alcool absolu et on concentre à 20 parties sous vide obtenu.à la trompe à eau à une température de bain d'environ 40 . On additionne 100 parties d'éther anhydre au résidu. Le dépôt est ensuite placé dans l'armoire frigorifique et ,le lendemain, on filtre par aspiration le précipité formé. Le précipité est lavé avec un peu d'éther, pulvérisé et séché.
Exemple 7 :
On additionne 3,96 parties d'ascorbinate de sodium pulvérisé et séché à 3,15 parties d'hydrochlorure de cystéine pulvérisé et séché et 150 parties de chloroforme anhydre, et on chauffe pendant 5 heures au réfrigérant à reflux. Le chloroforme est ensuite distillé, en dernier lieu sous pression diminuée.. Le résidu est pulvérisé et séché.
Exemple 8 :
On dissout en remuant 3,22 gr d'hydrochlorure de cystéine soigneusement séché, dans 400 ml d'alcool éthylique absolu, A une température de 40 , on ajoute une suspension de 3,96 gr d'ascorbinate de sodium dans 100 ml d'alcool éthylique absolu; on remue pendant 2 1/2 heures à 40 C dans une atmosphère d'azote, et on laisse reposer à la température ambiante pendant la nuit. On filtre ensuite par aspiration 1,7 gr de pré'cipité constitué principalement par du chlorure de sodium. On concentre le produit du filtrage sous un vide faible et une température ne dépassant pas 40 , sous passage d'azote, jusqu'à un volume d'environ 130 ml, la solution commençant alors à se troubler ; onajoute 260 ml d'éther an- hydre et on laisse reposer pendant 10 heures à la température de l'armoire frigorifique.
Le précipité, blanc, amorphe, obtenu comporte environ 1,6 gr, est facilement soluble dans l'eau et peu soluble dans la plupart des solvants organiques. De l'examen analytique, il résulte une faible teneur, difficile à discerner, de chlorure de sodium, et comme produit principal une combinaison de deux constituants de départ : acide ascorbique et cystéine. Le spectre aux U.V. de la substance produite conformément à l'invention accuse un maximum à 245 m6n.
Exemple 9 :
On additionne 1,49 gr de méthionine finement pulvérisée à 200 ml d'acool éthylique absolu et on l'amène à solution sous agitation et léger chauffage par addition d'une quantité supplémentaire de 20 ml d'alcool éthylique contenant en tout 0,36 gr d'acide chlorhydrique.
On additionne la solution ayant encore une température d'environ 40 à une suspendion de 1,98 gr d'ascorbinate de sodium dans 20 ml d'alcool éthylique absolu, et, après avoir balayé l'oxygène contenu dans le réci- pient par de l'azote sec et pur, on agite pendant 30 minutes à une tem- pérature de 40 C. Après refroidissement, on filtre à partir du non-dissous, on concentre le produit du filtrage sous faible vide jusqu'à 75 ml, on ajoute 250 ml d'éther anhydre, et on laisse reposer pendant 48 heures à la température de l'armoire frigorifique. On a séparé ainsi de fins cristaux incolores de 0,7 gr, en forme d'écailles, qui brunissent légèrement à partir de 200 C, mais qui nefondent pas encore à 260 .
La-teneur en azote du composé trouvé est de 4,5 %, celle en soufre de 10,3 %.
Exemple 10 :
D'après le procédé décrit par S.Levine dans le I.Am.Chem.Soc., 76, 1382 (1954), l'hydrochlorure - chlorure d'acide - méthionine, est représenté à partir de méthionine et de penthachlorure de phosphore dans
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du tétrachlorure de carbone.
On met 1,98 de ce composé fort hygroscopique en suspension, en l'absence de toute humidité, dans 100 ml d'éther anhydre, on ajoute une ouspension de 1,98 d'ascorbinate de sodium dans 100 ml d'éther, et on procède ensuite comme décrit aux exemples 1 et 2. Après épuration on obtient des prismes incolores, solubles dans l'eau, dont la teneur en soufre avec 9,1 % et celle en azote avec 4,2 % correspondraiemt à une formule C10H15o7NS.HCl.
Avec les produits représentés aux exemples ci-avant, on a procédé à une assez grande série d'essais comparatifs sur des anima*.
Pour ces essais, on a utilisé des cultures de forte virulence, prove- nant de l'être humain, des bactéries suivantes, après les avoir enco- re soumises à 5 passages sur des animaux afin d'en accroître la virulen- ce :
Pneumocoque, streptocoque hémolytique staphylocoque.pyogène, (hémolytique) et colibacille hémolytique. Il s'agissait partiellement de staphylocoque, Oxford ainsi que de streptocoque hémolytique Aron- son. Avec ces bactéries, on infecta des souris (animaux de contrôle et d'essai) par 3 piqûres intra-péritonéales. Les animaux d'essai reçurent des intervalles différents (jusqu'à 4 1/2 heures après contamination) une seule dose de l'agent de traitement, en quantités croissant suivant le temps écoulé de 0,5 à 5mg, dans une solution de chlorure de sodium physiologique de 0,3ml.
Les animaux de contrôle non traités moururent, tandis que ceux servant à l'essai, traités avec les produits conformes à l'invention, survécurent sans accuser de troubles visibles.
REVENDICATIONS.
1) Procédé de préparation d'un agent bactériostatique à bactéricide contenant de l'acide ascorbique, caractérisé par le fait que l'acide ascorbique, ses dérivés ou ses sels sont mis en réaction, de préférence en solution, avec des acides amino, en particulier convenant au corps humain, leurs dérivés ou leurs sels, et que le produit de réaction, le cas échéant sous addition de précipitants organiques, comme éther, est isolé du mélange de réaction sous forme @@ solide.