Navette de métier à tisser circulaire destinée à être propulsée par un galet-poussoir. Le tissage du coton à très grande vitesse sur des métiers circulaires fait supporter aux navettes des efforts extraordinairement élevés, souvent supérieurs à 40 fois l'accélération de la pesanteur.
II est essentiel que ces navettes soient pro pulsées dans des conditions d'équilibre telles qu'elles n'aient pas tendance à voler dans l'atelier, ce qui risquerait de provoquer des accidents très graves.
La présente invention a pour objet une navette de métier à tisser circulaire portant un galet fou et destinée à être propulsée par un galet-poussoir ayant un mouvement pla nétaire commandé et poussant l'arrière dudit. galet fou porté par la navette, cette navette permettant de réaliser lesdites conditions d'équilibre et pouvant par conséquent attein dre des vitesses très élevées par le fait que ledit, galet fou est porté par la partie avant de la navette.
D'autre part, à cause de leur vitesse, ces métiers demandent un certain temps pour s'arrêter. Or, il est indispensable que les arrêts soient obtenus très rapidement en ab sorbant l'énergie cinétique des navettes. De plus, il faut que le métier puisse repartir en arrière pour détisser, si un défaut quel- eonque s'est produit dans la toile.
C'e résultat peut être obtenu au mnoyen d'une forme d'exécution particulière de la na vette portant un deuxième galet fou monté en arrière du premier galet fou et destiné à entrer en action lorsque la vitesse du galet poussoir diminue et que la navette entraînée par son énergie cinétique tend à prendre de l'avance. La distance entre les axes des deux galets est avantageuse, telle qu'elle permette un déplacement de la navette par rapport au galet-poussoir aussi faible que possible, pour < -viter que la navette prenne de l'avance, étant.
donné que le mouvement de croisement des fils de chaîne est forcément synchronisé avec celui du galet-poussoir et non avec les posi tions quelconques que la navette pourrait prendre.
Dans le cas où l'on utilise une seule na vette à grande contenance de trame, on pré voit de préférence au moins deux galets de propulsion: un disposé à l'arrière selon un dispositif connu, l'autre disposé à l'avant. Ils participent l'un et l'autre à la transmission de l'effort; un troisième galet petit être disposé entre les deux galets propulseurs et servir à la fois de butoir et de propulseur en marche arrière pour détisser.
Le dessin annexé montre, à titre d'exemple, plusieurs formes d'exécution de la navette fai sant l'objet de l'invention.
La fig. 1 est une vue de côté d'une pre mière forme d'exécution.
La fig. \? en est une vue en plan.
La fig. 3 est une vue de côté d'une se conde forme d'exécution- La fig. 4 est une vite en plan d'une troi sième forme d'exécution. La navette 1 représentée en fig. 1 et 2 est destinée à être propulsée par un galet-pous soir 2 disposé entre deux galets 3 et 4 montés fous sur la navette, le galet 3 étant porté par la partie avant de la navette Lorsque le galet-poussoir 2 est au contact du galet 3, le galet 4 est immédiatement derrière ledit galet- poussoir 2, presque en contact avec lui;
l'espace angulaire dont la navette 1 peut se déplacer par rapport au galet-poussoir est complète ment déterminé par le jeu qui sépare le galet de retenue q du galet-poussoir 2. Ce jeu, de l'ordre du centimètre, n'est que peu de chose par rapport aux dimensions habituelles les métiers circulaires.
Ce résultat ne pourrait pas être obtenu avec une navette à propulsion par l'arrière d'un type usuel.
Dans la seconde forme d'exécution repré sentée en fig. 3, le galet 4 est supprimé et cette navette est destinée à être utilisée sur un métier présentant un galet-butoir 5 solidaire en rotation du galet-poussoir 2; lorsque la na vette 1, normalement poussée par le galet 2, a a pris de l'avance, elle vient buter sur le galet 5 en demeurant ainsi très sensiblement. à la place qu'elle doit occuper pour demeurer synchronisée avec les mouvements des cadres.
La propulsion avant offre également L'avantage d'améliorer la stabilité et d'aug menter considérablement la sécurité, en ce sens qu'elle rend presque impossible la pro jection inopinée de la navette hors de sa tra jectoire circulaire.
En effet, comme on peut le voir sur la fig. 2, la direction de la poussée passant très près de la pointe de la navette, la force f, qui pourrait faire échapper la navette dans la seule direction de fuite possible, c'est-à-dire vers l'intérieur, est presque impossible à pro duire au démarrage et radicalement impos sible en marche. Aux arrêts, l'énergie ciné tique concentrée sur le galet 4 et trans mise au galet-poussoir 2 permet de contrôler la navette 1 et donne encore une stabilité excellente. Une stabilité absolue est obtenue par la navette à multipropulsion représentée par la fig. 4. Cette navette occupe la plus grande partie d'un cercle en ne laissant de libre qu'un étroit secteur 0Ú-0ê, nécessaire aux croise ments des fils.
L'un des avantages essentiels de cette forme d'exécution est d'annuler par la raideur de la navette une grande partie de la force centrifuge développée et d'aboutir ainsi à des vitesses de rotation pratiquement impossibles à réaliser avec des navettes courtes.
Une autre particularité de la navette selon la fig. q est d'être conduite en deux points. A l'avant, elle porte un galet fou 3 destiné à coopérer avec uni galet-poussoir 2 et un galet- butoir 5 solidaires entre eux, comme dans la navette de la fig. 3. L'arrière de la. navette de la fig. 4 présente une paire de guides 6 sur lesquels coulisse un plateau 7 portant lui deu xième galet 8 destiné à être poussé par un deuxième galet-poussoir 9.
Un ressort (non re présenté), taré d'une puissance un peu infé rieure à l'effort de propulsion nécessaire, tend à pousser le plateau vers l'arrière, de ma nière à assurer la transmission de cet effort en partie par les galets 2 et 3 et en partie par les galets 8 et 9.