Procédé de commande d'un métier à tisser et métier pour la mise en aeuvre de ce procédé Les métiers s'alimentant automatiquement en trame et utilisant trois navettes à l'effet de mélanger la trame sont d'un usage courant, mais quand on utilise ces métiers pour tisser avec deux navettes remplies, on utilise habi tuellement une troisième navette, vide, chassée à chaque troisième coup de battant sans mettre de duite, pour effectuer le mélange de la trame. L'utilisation d'une telle navette vide réduit considérablement la capacité de production du métier puisque seulement deux duites sont mises par cycle à trois coups de battant. Le tissu genre peau de requin est un de ceux qui est tissé duite à duite avec deux navettes.
Un taux de production bien plus élevé peut être obtenu dans le tissage non automatique aussi longtemps que le métier travaille effec tivement, mais dans ce cas des pertes de temps considérables sont causées par les arrêts fré quents du métier qui sont nécessaires pour per mettre le remplacement à la main de navettes épuisées.
Le problème consiste à fournir un métier qui puisse travailler pendant un intervalle court à un régime à production basse permettant l'alimentation automatique en trame et ensuite, pendant un intervalle qui est de préférence plus long, à un régime de production élevée qui ne permet pas l'alimentation automatique en trame.
Citons comme exemple un métier qui tra vaillera automatiquement sur six coups de battant, puis non automatiquement sur douze coups de battant, puis de nouveau automati quement. Durant la période de fonctionnement automatique, seulement deux coups de battant sur trois seront productifs, donc en tout quatre coups de battant, mais pendant le fonctionne ment non automatique, tous les douze coups de battant seront productifs.
Sur les dix-huit coups de battant qui seront effectués pendant les deux périodes, seize seront productifs, ce qui correspond à un taux de productivité bien plus élevé que le taux de 66,6 % qui serait la limite supérieure si, durant tout le tissage, le fonctionnement était automatique. Il va de soi que ci-dessus les nombres de six et de douze coups de battant sont mentionnés pu rement à titre d'exemples.
L'invention a pour objet un procédé de commande d'un métier à tisser à deux navettes, caractérisé en ce que l'on fait travailler le métier en fonctionnement non automatique, en ce qui concerne l'alimentation en trame, pendant une première période comprenant une série de coups de battant, puis en fonctionne- ment automatique, en ce qui concerne cette alimentation, pendant une deuxième période comprenant une série de coups de battant,
et en ce qu'on pourvoit chaque navette d'une réserve de fil de trame suffisamment longue pour que le tissage puisse être poursuivi à partir d'un coup de battant quelconque dans les deux périodes jusqu'au moment où cette navette arrive de nouveau en position d'ali mentation dans la prochaine desdites secondes périodes.
L'invention a également pour objet un métier à tisser pour la mise en aeuvre de ce procédé, ayant sur au moins un côté deux logements de boîte montante à navettes et tra- vaillant avec deux navettes à trame différente déposant duite à duite, ce métier étant carac térisé en ce qu'il comprend un mécanisme d'alimentation en trame qui est disposé sur le même côté du métier que lesdits logements et qui est normalement capable d'effectuer une alimentation de l'une ou de l'autre des navettes venant à s'épuiser et se trouvant en position d'alimentation dans le logement supérieur, un dispositif de commande des mouvements des logements et du mécanisme d'alimentation,
ce dispositif obligeant le métier de travailler en fonctionnement non automatique, en ce qui concerne l'alimentation en trame, pendant une période comprenant une série de coups de battant, et de travailler ensuite en fonction nement automatique, en ce qui concerne cette alimentation, pendant une deuxième période comprenant une série de coups de battant, ces périodes alternant l'une avec l'autre et chaque navette se trouvant au moins une fois dans ladite position d'alimentation pendant la deuxième période, chaque navette contenant une réserve de fil de trame suffisamment longue pour que le tissage puisse être pour suivi, à partir d'un coup de battant quelconque dans les deux périodes, jusqu'au moment où cette navette arrive de nouveau en position d'alimentation dans la prochaine desdites se condes périodes.
Le dessin annexé représente, à titre d'exem ple, deux formes d'exécution du métier que comprend l'invention. La fig. 1 est une vue en élévation de la première forme d'exécution.
La fig. 2 est un schéma de son fonction nement pour un cycle de fonctionnement à dix-huit coups de battant, montrant les posi tions occupées par les boîtes à navettes et par les navettes à chaque coup de battant.
La fig. 3 est une vue schématique prise dans la même direction que la fig. 1 et montre un mécanisme de sélection des piles soit d'un magasin de ladite première forme d'exécution à deux piles, soit d'une seconde forme d'exé cution qui comporte quatre piles.
La fig. 4 est une vue de détail d'une bobine telle qu'utilisée dans le magasin pour l'ali mentation des navettes.
La fig. 5 est un schéma montrant l'agen cement électrique d'un détecteur de trame dont est équipé le métier ; et la fig. 6 est une représentation d'une chaîne de commande pouvant servir conjointement avec la deuxième forme d'exécution (à quatre piles), la moitié supérieure montrant aussi une chaîne pouvant être utilisée conjointement avec la première forme d'exécution (à deux piles).
Le métier représenté à la fig. 1 comprend un châssis 1 ayant deux montants latéraux 2, une poitrinière 3 et des arches 4. Le métier comprend aussi une chasse 5 ayant à son ex trémité de droite une boîte montante RG avec un logement supérieur 6 et un logement infé rieur 7 et à son extrémité de gauche une boîte montante LG avec des logements sem blables 8 et 9.
Les boîtes coopèrent avec des navettes SI_ <I>S.,</I> et sont montées sur des tiges de levée 10 qui sont actionnées chacune par une bande de connection flexible, 11 pour RG et 12 pour LG, et qui sont entourées chacune par un ressort 13 transmettant la force de levée lorsque la bande connectrice correspon dante tire, alors que des ressorts 14 accélèrent la descente quand cette bande est relâchée.
La position des boîtes est déterminée par un mécanisme qui comprend deux leviers 15, 16 reliés aux bandes connectrices pour coin- mander la montée et la descente des boites RG et LG, respectivement.
Pour le lancement des navettes, le métier comprend des sabres de droite 20 et de gau che 21 actionnés chacun par une came 22 fixée sur un arbre oscillant correspondant 23 qui est tourillonné dans le châssis. Le métier comprend aussi un arbre 24 qui tourne une fois pendant que s'effectuent deux coups de battant et qui porte des organes 25, 26 d'ac- tionnement des sabres 20 et 21, respectivement. Ces organes sont clavetés coulissants sur l'arbre 24, leur déplacement étant effectué par des leviers 27 et 28, respectivement, qui sont reliés l'un à l'autre par une bielle 29.
Chacun desdits organes est muni de deux galets de lancement 30 pouvant être placés dans et hors de concordance avec la came correspondante 22. Dans la position selon la fig. 1, les organes 25 et 26 ont été déplacés vers la gauche de sorte que les galets 30 de l'organe 25 ne sont pas en concordance avec la came de droite 22 afin d'empêcher l'action- nement du sabre 20, pendant que les galets 30 de l'organe 26 ont été mis en concordance avec la came de gauche 22 en vue de l'action- nement du sabre 21.
On a prévu deux galets 30 sur chacun des organes 25, 26_ parce que le métier est du type duite à duite et qu'il est désirable de pouvoir lancer deux fois à la suite des navettes dans le même sens. La commande de la position des organes 25, 26 est effectuée par l'intermédiaire d'une bielle 31 qui s'étend entre un bras 32 du levier 28 et un levier 33 monté sur un axe 34 que portent les arches 4. Le mécanisme décrit permet de lancer une navette dans un sens ou dans l'autre à chaque coup de battant.
Sur le côté droit du métier est disposé un magasin M à bobines de réserve. Comme le montre la fig. 3, ce magasin est du type qui peut prendre quatre piles 35, 36, 37, 38 de bobines. Il est équipé d'un sélecteur de pile 39 pouvant être mis en concordance avec l'une des quatre piles par déplacement horizontal au moyen d'un levier 40 attelé à une bande connectrice 41 qui s'étend au travers du métier vers un mécanisme de commande H. Le ma- gasin M comporte en outre un bras de trans fert 42 et il lui est adjoint un détecteur de trame D (fig. 1) qui est du type à glissement latéral et à indication électrique.
Ce détecteur monte et descend avec la boîte RG grâce à une bielle 45 dont l'extrémité inférieure est attachée à la tige de levée 10 correspondante. Le détecteur est toujours juxtaposé au logement supérieur 6, que celui-ci occupe sa position supérieure comme en fig. 1 ou sa position inférieure dans laquelle il se trouve dans le prolongement de la chasse 5.
En se référant à la fig. 5, on voit que le détecteur D comporte un bras 46 pouvant os ciller sur un pivot 47 et ayant un tâteur 48 destiné à venir en contact avec la trame de la bobine que porte la navette se .trouvant dans le logement 6. Aussi longtemps que cette bobine porte suffisamment de fil pour que le détecteur ne doive pas signaler l'épuisement, le bras 46 occupe la position représentée en traits pleins à la fig. 5, et ne touche pas le contact électrique 49. Si, par contre, cette bobine est presque épuisée, le bras 46 occupe la position indiquée en traits pointillés en fer mant le contact 49.
Le circuit de commande du magasin par le détecteur comprend une source d'énergie E, un conducteur 50 menant de la source au détecteur, un conducteur 51 menant du contact 49 à un interrupteur 52 qui comporte un contact fixe 53, et en outre un conducteur 54 menant de 53 à un solénoïde 55 qu'un conduc teur 56 relie de nouveau avec la source E. Le solénoïde commande la position d'une tige d'actionnement 57 d'un levier 58 faisant partie du magasin et commandant le sélecteur de trame 39 au moyen d'une bielle 59.
Ce levier fait une course descendante à chaque deuxième coup de battant quand la chasse se trouve à proximité de sa position centrale antérieure, et si la navette tâtée contient encore assez de trame, le contact 49 ne sera pas fermé, alors que dans l'autre cas le circuit est fermé ; le solénoïde mettra alors la tige 57 sous le levier 58 pour en empêcher la descente, sur quoi le magasin est mis en position de transfert, ce transfert ayant lieu lors du prochain coup de battant vers l'avant. Le détecteur est encore soumis à d'autres commandes ; il est par exemple empêché de travailler quand la boîte RG est en train de descendre et d'être écartée lors de coups à changement de bobine ; ces autres commandes ne sont pas représentées ici.
On pourrait d'ailleurs prévoir d'autres détec teurs que celui qui vient d'être décrit.
Dans les navettes<I>SI</I> et S, sont disposées des bobines BI et B;_,, respectivement, dont l'une est représentée à la fig. 4. La trame de ces bobines est différente, noire et blanche, par exemple. Les navettes sont lancées alternati vement de sorte qu'une simple duite déposée par l'une de ces navettes sera suivie d'une simple duite déposée par l'autre navette pour produire un tissu duite à duite bicolore, par exemple du genre peau de requin .
Les moyens de commande de certains or ganes déjà mentionnés comprennent une chaîne P représentée à la fi-. 6. Cette chaîne est disposée de la manière habituelle dans le dis positif H afin de provoquer des mouvements ascendants et descendants de leviers sur la chaire. Le dessin de cette chaîne indique trente-six axes transversaux dont les dix-huit premiers, marqués de<I>I à</I> XVIII, suffisent pour la commande de la première forme d'exé cution qui prévoit la prise de bobines seule ment des deux piles antérieures 35 et 36. A la fia. 6, les signes X reportés dans certains champs représentent un galet plus grand et les petits cercles représentent chacun un petit galet.
La rangée de gauche a commande la posi tion de la boîte RG et la rangée c commande <B>là</B> boîte LG. La rangée<I>d</I> commande le levier 33 qui choisit entre les organes 25 et 26 pour mettre l'un ou l'autre en juxtaposition avec sa came 22, et la rangée f commande l'inter rupteur 52 du circuit du détecteur de trame. La rangée b commande l'élévation d'un levier 60 qui est relié à la bande connectrice 41 par une bande connectrice 61 et par un levier coudé 62, pour déterminer la position du sélecteur de trame 39.
La rangée e commande la fourche de remplissage (non représentée) pour ,empêcher l'actionnement du mécanisme d'arrêt durant les coups de battant à vide pen- dant les périodes de fonctionnement à alimen tation automatique ; cette fonction sera décrite avec plus de détails par la suite. Le mécanisme comme tel est de construction connue et la rangée e est prévue tout simplement pour compléter la représentation de la chaîne.
A la fig. 2, les positions des boîtes sont indiquées par les chiffres romains<I>1 à</I> XVIll correspondant aux axes<I>1 à</I> XVlll de la chaîne de commande P. Les douze premières posi tions montrées à la fig. 2, et les douze pre miers axes de la chaîne P correspondent à la période de fonctionnement non automatique. Pendant cette période, les navettes<I>SI</I> et<I>S.,</I> se suivent à chaque coup de battant, de sorte qu'à chaque coup est déposée une duite.
En se référant à la fig. 2, on voit en effet que la navette SI est chassée vers la droite lors du premier coup, que la navette S., est chassée vers la gauche lors du deuxième coup, que la navette S, est chassée vers la gauche lors du troisième coup, que la navette S., est chassée vers la droite lors du quatrième coup, et ainsi de suite. Les douze premiers axes de la chaîne déterminent les positions des boîtes à navette et aussi celles des sabres 20, 21 pour effectuer la période de travail non automatique re présentée sur le côté gauche de la fig. 2.
Pendant cette période de tissage non auto matique, il faut empêcher le détecteur de trame de réaair à l'épuisement de la trame et la rangée f de galets fera passer un grand galet sous l'interrupteur 52 lors des coups de bat tant,<I>1, VI</I> et<I>X</I> pendant lesquels une navette se trouve dans le logement 6, pour empêcher que, lors d'une fermeture du contact 49 pen dant la période non automatique, le solénoïde 55 soit excité et amorce une action d'alimen tation automatique en trame. On pourrait donc prévoir, si on le voulait, de grands galets sur tous les douze premiers axes de la chaîne, dans la rangée f .
II convient de remarquer qu'une action d'ali mentation automatique se fait en deux pas. le premier étant effectué par le détecteur quand la boîte avec le logement 6 monte alors que la chasse parcourt la partie antérieure de son mouvement alternatif, alors que le deuxième pas, de transfert d'une bobine, a lieu quand la chasse arrive dans sa position centrale anté rieure. Le diagramme de la fig. 2 montre que la navette S., se trouve dans le logement supé rieur 6 pendant qu'a lieu le coup de battant 1, que la navette<I>SI</I> se trouve dans ce logement pendant le coup<I>VI</I> et que cette navette<I>SI</I> s'y trouve de nouveau pendant le coup X.
Puisque le magasin ne peut pas être actionné durant cette période de fonctionnement non automatique, il n'y a aucune raison de déter miner la position du sélecteur de trame 39 pendant cette période et, de ce fait, le sélecteur peut rester en juxtaposition avec la pile anté rieure 35, de sorte qu'on place dans la ran gée b de petits galets sur les douze premiers axes ; on fera de même pour la rangée e puisque le mécanisme d'arrêt sera actif durant toute cette période.
Sur le côté droit de la fi,-,. 2, on a repré senté les six coups de battant Xlll <I>à</I> XVIII, inclusivement, de la période à fonctionnement automatique. Durant cette période, le métier travaille comme les métiers connus de ce genre, car lorsque la boîte se trouvant sur le côté droit du métier monte en ayant une navette dans le logement 6, le détecteur peut réagir car la chasse arrive alors dans sa posi tion centrale antérieure. Dès que la chasse revient pour la prochaine fois dans cette posi tion, le transfert aura lieu s'il a été commandé ;
la boîte 6 devra donc rester soulevée pendant la majeure partie du temps mis pour effectuer ces deux coups de battant. Etant donné que le lancement a lieu à peu près un quart du temps entre deux coups consécutifs à partir de la fin du transfert, il ne reste pas de temps pour faire descendre la boîte 6 et la mettre en alignement avec la chasse ; c'est la raison pour laquelle on intercale alors un coup de battant à vide.
A la fig. 2, les positions des boîtes sont supposées être celles qu'elles occupent entre le moment approximatif de leur lancement au point central supérieur et l'arrivée en boîte de la navette au point central inférieur ; aussi les boîtes ont-elles été représentées dans les positions qu'elles occupent quand la chasse est à son point central postérieur.
Le changement de position des boîtes a lieu entre les positions indiquées par les chiffres romains et dès que la navette<I>SI</I> sera rentrée dans la boîte 6, celle-ci montera et le détecteur pourra agir ; ceci pourra être le cas entre les coups XIII et XIV. Si un transfert est commandé, ce transfert aura lieu au prochain coup de battant vers l'avant (entre XIV et XV) et la navette supérieure sera alimentée en recevant une bo bine prise de la pile antérieure 35 du fait qu'un petit galet de la rangée b est placé sur l'axe XIV, ce qui oblige le sélecteur 39 à venir en juxtaposition avec cette rangée anté rieure.
Au coup de battant XV, ce sera le sabre 20 qui sera actionné, mais étant donné que la boîte 7 est vide à ce moment, ce coup sera un coup à vide. D'ailleurs, ce coup est déterminé par un galet de la rangée d et comme le galet de cette rangée sur l'axe XV et un petit galet, il fera mouvoir les organes 25, 26 -vers la droite à partir de la position représentée à la fig. 1.
L'alimentation de la navette S, peut avoir lieu durant un intervalle de travail qui com mence entre les positions XVII et XVIli quand le tâteur trouve une navette S, épuisée et le transfert aura lieu au passage suivant par le point central antérieur. Le coup à vide a cependant lieu un coup plus tôt qu'il n'avait lieu lors du remplissage de la navette SI, le sabre 20 provoquant un coup à vide après l'alimentation de la navette S., la boîte 7 ne contenant pas de navette à ce moment.
La chaîne est alors au commencement de son deuxième tour et, ainsi qu'on le voit à la posi tion<I>I</I> de la fig. 2, la navette<I>SI</I> sera lancée vers la droite pendant que la boîte du côté droit RG est élevée ; dès que la navette<I>SI</I> vient se placer dans le logement 7, la boîte RG peut redescendre pour permettre l'alimentation de la navette S, qui sera lancée aussitôt après.
Pour l'alimentation de la navette S., la bobine sera prise de la pile 36, le sélecteur étant mis dans une position correspondante, parce que durant les coups de battant XVll et XVIII, des galets correspondants 65 de la rangée b passent sous le levier 60. Durant ce fonctionnement, seule la première moitié de la chaîne représentée à la fig. 6 sera utilisée et la position XVIll sera immédiatement suivie de la position I.
Il est de pratique courante de prévoir, sur des bobines utilisées dans les métiers s'alimen tant automatiquement en trame, une réserve de fil servant au dépôt de duites lors de coups de battant effectués après que le détecteur a senti l'épuisement de cette bobine. Pour les besoins du métier ici décrit, on prévoit sur les bobines une réserve 70 plus grande que d'ordinaire parce qu'il est nécessaire de pouvoir continuer le tissage sans interruption par le mécanisme d'arrêt, pendant une durée allant d'un moment quelconque pris dans les inter valles combinés de fonctionnement automatique et de fonctionnement non automatique jusqu'au moment auquel la navette est en position d'ali mentation.
Ainsi, par exemple, la bobine SI, montrée active en position 1, fig. 2, pourrait être épuisée jusqu'à la réserve durant son lan cement vers cette position 1. Cette navette doit cependant encore contenir suffisamment de trame pour les six prochains coups de battant de la période à fonctionnement non automa tique et un coup de battant supplémentaire pendant la période à fonctionnement automa tique ; la réserve doit suffire pour le dépôt de sept duites.
La navette S, pourrait se trouver épuisée jusqu'à la réserve durant son lance ment à la position<I>II</I> de la fig. 2 et devrait porter suffisamment de réserve pour six coups de battant de la période à fonctionnement non automatique et pour deux coups de battant supplémentaires de la période à fonctionne ment automatique, donc au total pour le dépôt de huit duites. Pour simplifier, en pratique, on aura donc à prévoir sur les deux navettes une même réserve de huit duites plus la ré serve habituelle, donc une réserve pour neuf duites.
En prévoyant une telle réserve, on est sûr que le métier travaille sans interruption pour épuisement de trame durant la période de fonctionnement non automatique, de sorte que, sur dix-huit coups de battant, seize coups produiront chacun un dépôt de duite. Ce taux est considérablement plus élevé que celui que l'on obtiendrait par un fonctionnement auto matique du commencement à la fin, l'élévation du taux provenant du fait que tous les coups de battant de la période à fonctionnement non automatique sont productifs.
La seconde forme d'exécution est disposée pour pouvoir profiter de la pleine capacité d'un magasin à quatre piles de bobines et exige pour sa commande la chaire complète, à trente-six axes, de la fig. 6. Lors de l'exécution des coups de battant XIX <I>à</I> XXXVI, les commandes décrites ci-dessus sont répétées, sauf celle du sélecteur de trame.
Dans la co lonne<I>b,</I> les axes XXXI et XXXll sont pourvus d'un galet 66 d'une troisième grandeur pour obliger le sélecteur 39 de prendre une bobine de la pile 37 pour l'alimentation de la navette SI, et dans la même rangée b, les derniers deux axes portent un galet 67 d'une quatrième grandeur qui obligent le sélecteur 39 à prendre une bobine de la pile 38 pour l'alimentation de la navette S_ Dans cette variante, on opère dans deux suites de même longueur, lors de la première desquelles des bobines peuvent être prises de la paire antérieure de piles 35 et 36,
et lors de la deuxième desquelles des bobines peuvent être prises de la paire postérieure des piles 37 et 38. Quand la chaîne a fait un tour complet, l'axe I sera de nouveau en position active et le sélecteur de trame est remis en juxtaposition avec la pile 35. Pendant tous les trente-six coups de battant, il est donc pos sible de prendre une bobine de chacune des quatre piles. Les autres commandes sont les mêmes que pour les dix-huit premiers coups.
Durant le fonctionnement ordinaire, qui voit une navette lancée à chaque coup de battant, le mécanisme protecteur du métier sera empê ché d'arrêter le métier à l'arrivée de la navette à l'une ou à l'autre extrémité de la chasse, mais quand le fonctionnement est tel que cer tains coups de battant sont faits à vide, comme par exemple les coups XV et XVIII (fig. 2), donc sans qu'une navette soit chassée, il faut assurer un fonctionnement continu du métier en évitant l'arrêt du métier par le mécanisme protecteur.
Lors du coup XIV (fig. 2), la navette S2 est lancée vers le logement 9 qui doit ensuite être abaissé dans la position selon XVI. Si cette descente était effectuée lors du coup de battant XV, il y aurait un logement vide 8 sur le côté gauche et un logement vide 7 sur le côté droit et le mécanisme protecteur arrêterait le mé tier. Pour éviter cela, la boîte LG doit rester en haut lors du coup XV.
Un état semblable s'établit pour la navette <I>S,</I> aux coups de battant XVll et XVIII. Quand la navette S@ est prise du logement 9 lors du coup XVll, la navette S, se trouve dans le logement supérieur 8 et, lors de l'arrivée de la navette Sdans la boîte RG, celle-ci est montée. Si la boîte LG devait rester en haut pour le coup XVIIl, il n'y aurait pas de navette au niveau de la chasse lors du coup à vide et le métier serait arrêté.
Pour éviter cela, "la boîte LG est abaissée depuis la position qu'elle occupe au coup XVII à celle montrée en XVIll pendant le coup à vide de sorte que la navette S, se trouve en bonne place pour empêcher le mécanisme protecteur d'arrêter le métier.
Les mécanismes protecteurs d'arrêt sont en soi bien connus. A la fi-. 3, on n'a montré qu'une partie d'un tel mécanisme : une tige de protecteur 75 qui s'étend au travers du métier présente un doigt 76 à chacune de ses extré mités, qui sont déplacées vers l'avant, c'est- à-dire vers la droite en fig. 3, quand une navette se trouve dans un logement, prête à être lancée, en vue d'actionner un poignard 77 se trouvant sur la tige de protecteur en dessous du mécanisme d'arrêt indiqué en 78.
En com mandant la boîte LG à partir de la chaîne pour mettre les navettes<I>S, et S.</I><B>,</B> dans les posi tions qui viennent d'être décrites, le poignard de protecteur sera empêché d'agir sur le mé canisme d'arrêt 78 lors de coups à vide.
Dans la description qui vient d'être faite en se référant en particulier à la fig. 2, il était question d'une suite d'opérations exécutée sur dix-huit coups de battant. Il va cependant de soi que ce nombre a été cité purement à titre d'exemple. Si l'on veut atteindre un taux de productivité encore plus élevé qu'avec cette suite à dix-huit coups, on peut prévoir davan- tage de coups dans la période à fonctionnement non automatique, à condition de prévoir de plus grandes réserves de fil sur les bobines.
Il n'a pas été prévu de support pour la boîte RG durant le transfert de bobine, mais si on le désire un tel support, en soi connu, pourra être prévu.
On a décrit des métiers du genre duite à duite à deux navettes qui peuvent tra vailler à un taux de productivité considéra blement plus élevé que s'ils travaillaient conti nuellement en alimentation automatique, ce résultat étant obtenu en travaillant seulement du rant certaines périodes en fonctionnement auto matique, mais durant les périodes restantes en fonctionnement non automatique. Ces métiers présentent des moyens qui, durant les périodes en fonctionnement non automatique, empêchent l'entrée en action du mécanisme d'alimentation en trame, ces moyens empêchant en l'occurrence le détecteur de trame d'agir pendant la période de fonctionnement non automatique.
En outre, le mécanisme de lancement des navettes est commandé de sorte qu'au moins deux coups de battant sont effectués à vide pendant la période de fonctionnement automatique pour procurer le temps nécessaire au contrôle et à l'alimentation d'une navette dans le logement 6. En outre, pour éviter un arrêt du métier pen dant la période à fonctionnement automatique, des précautions sont prises pour garder une navette en position active pendant les coups de battant à vide à l'effet d'empêcher le méca nisme d'arrêt (mécanisme protecteur) d'entrer en action.