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Procède pour améliorer les carburants ayant tendance à se résinifier.
La présente invention se rapporte à un procédé pour améliorer les carburants ayant tendance à se résinifier, en particulier le benzol servant pour alimenter les moteurs, procédé grâce auquel cette tendance est supprimée ou ramenée à un degré supportable.
Jusqu'à ce jour, on a amélioré les carburants sous le rapport de leur tendance à se résinifier en les traitant par l'acide sulfurique, ce qui entraînait toutefois de fortes
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pertes en hydrocarbures utiles, ou en les traitant par l'hydrogène dans des conditions convenables.
Or on a trouvé qu'on peut améliorer d'une manière avantageuse les carburants ayant tendance à se résinifier, en particulier le benzol destiné à alimenter les moteurs, en ajoutant au carburant un hydrocarbure ayant pour zone d'ébul- lition celle de l'essence, en particulier le benzol, qu'on a traité sous pression par un gaz hydrogénant ou qu'on a déri- vé, par exemple par fractionnement, d'un produit ainsi raffiné.
Des adjonctions de ces hydrocarbures raffinés faites en quantités relativement faibles ont déjà une action favora- ble. En général, ces adjonctions s'élèvent jusqu'à 40 %, de préférence de 2 à 35 % en poids du mélange final. Cependant, en certains cas, on peut ajouter des quantités encore plus considérables.
Comme matières premières à envisager pour ledit traitement de raffinage on peut citer le benzol brut ou ses produits de distillation, les fractions du type essence qu'on a obtenues à partir du pétrole brut par craquage ou à partir d'huiles synthétiques, comme celles qu'on produit par hydro- génation destructive de la houille, des goudrons ou des huiles minérales, ou les fractions du type essence tirées de goudrons de distillation à basse température, etc.. Des produits bouillant dans la même zone que l'essence et obtenus par exemple suivant les Brevets Français ? 621.505 du 14 Septem- bre 1926 et N 667.138 du 8 Novembre 1928 sont des compléments très convenables.
Ce traitement de raffinage par des gaz hydrogénants sous pression s'effectue dans des conditions telles qu'il ne se produise pas de dédoublement de la chaîne de carbone ,des hydrocarbures à raffiner donnant naissance à des produits
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plus volatils. Toutefois, il faut que les conditions soient assez rigoureuses pour permettre l'effet de raffinage désiré et, par conséquent, pour qu'une certaine décomposition de la matière à raffiner puisse se produire; cette décomposition ne doit pas, de préférence, s'étendre à plus de 5 % en poids de la matière première.
A cet effet, il faut que la durée du séjour des matières dans l'espace de réaction soit réglée en corrélation avec les autres conditions de réactions de façon qu'elle soit suffisamment courte.
Pour certaines matières premières les pressions employées pour ce traitement de raffinage peuvent demeurer assez peu élevées à condition d'utiliser un catalyseur suffi- samment actif. On envisagera des pressions de 10 atm. ou plus et, en général, on obtient de bons résultats opératoires, par exemple pour le raffinage du benzol brut, à des pressions comprises entre 20 et 60 atm., par exemple de 40 atm. Des pres- sions plus élevées, par exemple de 100, 200, 250 atm. sont aussi très avantageuses.
Les températures employées sont de préférence supé- rieures à 180 c., par exemple de 200 C., ou comprises entre 250 et 500 C.
Les gaz hydrogénants destinés à servir pour le traitement de raffinage peuvent être constitués par de l'hy- drogène seul ou par des mélanges contenant de l'hydrogène, par exemple un mélange d'hydrogène avec de l'azote, ou du gaz-à- l'eau, ou de l'hydrogène mélangé avec du gaz carbonique, de l'hydrogène sulfuré, de la vapeur d'eau ou du méthane ou autres hydrocarbures comme le gaz de fours à coke.
La proportion d'hydrogène maintenue dans la chambre de réaction et les connexes s'il y a lieu varie considérable- n
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ment suivant la nature des matières premières particulières traitées ou suivant le résultat poursuivi. En général, on peut employer par tonne de matière carbonée à traiter 500,
1000, 2000 ou 3000 m3 d'hydrogène ou plus, mesuré dans les conditions normales de température et de pression.
Le traitement de raffinage des matières à addi- tionner s'effectue généralement dans la phase de vapeur, mais dans certaines conditions, on peut aussi l'effectuer dans la phase liquide.
Comme catalyseurs pour le traitement de raffinage on peut employer ceux qu'on utilise généralement pour l'hy- drogénation destructive de matières carbonées, en particulier ceux qui sont réfractaires à l'empoisonnement par le soufre.
On peut employer d'une manière particulièrement avantageuse des catalyseurs renfermant les métaux lourds du
6ème groupe du système périodique, en particulier le molybdè- ne et le tungstène, mais on peut employer aussi le chrome et l'uranium ou leurs composés, ou l'tain le vanadium, le rhénium, le manganèse, le zinc, le cadmium, l'aluminium ou le cobalt ou leurs composés. On obtient des résultats particu- lièrement satisfaisants avec les oxydes, les hydroxydes ou les sulfures des métaux du 6ème groupe du système périodique.
On a déjà proposé de mélanger des carburants avec d'autres obtenus par hydrogénation destructive. Toutefois, suivant la présente invention, on ajoute des hydrocarbures obtenus par un traitement de raffinage au moyen de gaz hydro- génants sans qu'il se produise un dédoublement considérable de la chaîne de carbone.
On a trouvé que l'effet de la présente invention peut s'obtenir avec de bien,.plus faibles proportions de produits de raffinage que ce n'est'possible avec des hydro- @
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carbures obtenus par hydrogénation destructive.
L'exemple ci-après mettra mieux en lumière la façon dont on peut mettre l'invention en oeuvre, mais il doit être entendu que l'invention ne se limite pas à cet exemple.
EXEMPLE
A un benzol pour moteur, donnant 20 à 30 comme résultat de 7.'essai à l'acide sulfurique et donnant lieu dans le moteur à une abondante formation de résine, ajouter 20% en poids d'un benzol raffiné par traitement au moyen d'hydro- gène sous pression, par exemple obtenu suivant le Brevet Français ? 621.505 du 14 Septembre 1926, donnant 1 comme résultat de l'essai à l'acide sulfurique; le résultat de l'essai n'est modifié que d'une façon inappréciable par cette adjonction, mais on n'observe plus de formation de résine dans le moteur.
L'essai à l'acide sulfurique dont il est question ici s'effectue de la manière suivante:
Mettre en contact intime des quantités égales de matière à traiter, telle que du benzol, et d'acide sulfurique concentré (par exemple 5 cmc. de chacun) en agitant à la température ordinaire. Laisser reposer le mélange puis compa- rer la couleur de la couche d'acide sulfurique formée avec une solution de dichromate. Le nombre pris comme résultat de l'essai est celui qui indique que la couleur de l'acide sulfurique correspond à celle d'une solution de dichromate contenant ledit nombre de grammes de dichromate de potassium par litre d'acide sulfurique à 50 %.