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Procédé de fabrication d'objets façonnés en masses de matières fibreuses imprégnées.
La présente invention a pour objet un procédé de fabrication, par moulage d'objets façonnés en masses de matières fibreuses imprégnées; il s'agit ici de préférence de fabriquer ces objets façonnés en corps fibreux imprégnés, de nature simple, tels que des plaques, des bandes, des nappes, des blocs, etc., par pressage ou étirage d'une façon semblable à celle dont on obtient dans l'industrie des métaux, des objets façonnés par pressage et étirage des tôles etc..
Pour l'usinage de masses de matières fibreuses dans l'industrie de pressage, l'emploi d'un tel procédé n'était pas connu jusqu'ici, et il ne paraissait pas non plus possible, parce que les masses de matières fibreuses imprégnées dont on disposait à cet effet ne possédaient aucune extensibilité ou malléabilité, et ne pouvaient donc pas être travaillées de cette manière.
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On a trouvé maintenant que l'on réussit à résoudre ce problème, lorsqu'on emploie une telle matière fibreuse sous forme de corps fibreux de configuration simple, notamment, essentiellement sous forme de plaques, bandes, nappes, blocs, etc.., ayant reçu ou absorbé le liant aussi à l'intérieur même des fibres, et ne le cédant donc plus, ou ne le cédant que très difficilement lors même qu'on emploie une haute pression de pressage. Avec la matière ainsi traitée, il ne se produit point d'agglutination des fibres individuelles avant le pressage, et le résultat en est que le déplacement de matière nécessaire pour l'étirage et le pressage devient possible. Des corps de matière fibreuse de ce genre pourront alors être étirés ou pressés à l'aide d'outils à mouler, et être ainsi transformés en produits définitifs désirés.
L'incorporation du liant dans les fibres peut avoir lieu aussi bien avant qu'après leur mise en forme de corps composé fibreux, c'est-à-dire de plaque, bande, etc.., mais il est ordinairement préférable que l'incorporation du liant dans la matière fibreuse ait lieu après la mise en forme de corps composé fibreux.
Dans la réunion de ces fibres sous forme de corps fibreux, il est important de veiller à ce que l'on obtienne une structure peu serrée, extensible, comme cela pourra se faire par feutrage léger, tissage lâche, etc.., des fibres. La laxité ou l'extensibilité de la structure fibreuse sont de la plus grande importance au point de vue de la résistance de la masse et de la possibilité d'un déplacement de matière lors de l'étirage ou du pressage à l'aida:des outils à mouler ou à presser. Elles donnent aussi la possibilité d'une distribution la plus fine imaginable du liant dans la masse fibreuse, et elles empêchent une agglutination
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des fibres par le liant, favorisant ainsi le déplacement de matière nécessaire dans le procédé d'étirage ou de pressage., tout en ménageant la cohésion de la matière.
Pour atteindre le même but, il peut être avantageux d'utiliser pour l'imprégnation des fibres, des liants qui, après le séchage, avant ou après le pressage, développent des gaz, lors du chauffage, ce qui également favorise un déplacement de matière lors de l'étirage ou du pressage.
Dans le même but, on pourra avant, pendant ou après l'imprégnation de la masse fibreuse, incorporer à coté des liants, d'autres substances qui rendent possible un tel dégagement de gaz.
D'un autre côté, on a trouvé que pour la fabrication d'objets façonnés par étirage ou pression selon la présente invention, il est particulièrement important d'employer une matière fibreuse qui aura été soumise à un traitement préalable mécanique ou chimique en vue d'augmentation de la plasticité, de l'élasticité et du pouvoir d'absorption des fibres.
Avec l'emploi de fibres traitées préalablement de cette façon, on réussit à obtenir des masses de matières fibreuses imprégnées, et notamment des bandes, plaques, etc., imprégnées, par suite d'un déplacement de matière qui se produit, des objets façonnés de nature quelconque, par exemple des objets à parois minces, tels que des récipients ou corps creux sans soudure, à paroi mince et de grande hauteur, ou d'autres objets semblables, présentant des coefficients d'élasticité et de résistance extraordinairement élevés. En même temps cette fabrication réussit avec une économie considérable de matière et de poids. Avec l'emploi des masses fibreuses stratifiées usuelles, il n'est pas possible d'obtenir de ces produits de qualités égales.
Il est remarquable que les masses à travailler selon la présente invention supportait
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exercée par la presse, non seulement dans la direction de la pression, mais aussi en direction contraire, sans abandon de la liaison des fibres, ni de la liaison de celles-ci avec les liants, ce qui n'était pas le cas avec les corps stratifiés en papier ou en tissu, en usage jusqu' ici. Ces corps, contrairement aux corps selon l'invention, ne présentent aucune plasticité ni extensibilité, et c'est pour cela qu'avec les matières connues, l'exécution d'un procédé de pressage ou d'étirage à la faqon de celui d'usage pour l'usinage de la tôle métallique est absolument impossible.
Par le procédé selon l'invention on réussit à fabriquer des objets pressés de nature la plus compliquée. Avec cela, les corps pressés d'après le nouveau procédé possèdent une résistance incomparablement plus grande, cela d'une grandeur que l'on ne pouvait jusqu' ici tout auplus obtenir qu'avec des corps stratifiés à base de tissus de la plus grande valeur, sous forme de produits finis lisses, unis, tels que des plaques, des tubes enroulés, des cylindres, etc..
Si la matière fibreuse doit d'abord être mise sous forme de bandes, de nappes, de plaques, de blocs, etc., le traitement préalable dont il s'agit pourra se faire avant, pendant ou après cette mise en forme, c'est-à-dire la réunion des fibres pour la réalisation de la structure fibreuse. L'imprégnation des matières fibreuses se fera alors convenablement arbres la mise en forme de corps composé fibreux, c'est-à-dire en forme de bandes, plaques,etc.
Par le traitement préalable en question, lequel a pour but une augmentation de l'élasticité, de la plasticité et du pouvoir d'absorption des fibres, il se produit régulièrement une mise à nu totale ou partielle de la substance structurale des fibres, autant que cela soit possible avec l'espèce de fibres utilisée; il se pro-
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duit éventuellement un renforcement de la substance fibreuse restante, par changement de sa forme. Evidemment ce traitement préalable doit avoir lieu de façon que, lors de la mise à nu de la substance structurale, le pouvoir de résistance mécanique des fibres ne soit pas diminuée sensiblement.
Ce traitement préalable offre encore l'avantage particulier que, lors de l'imprégnation, le liant puisse se lier très intimement avec la substance structurale des fibres, de faqon qu'en évitant un excès de liant, il ne se produit pas de séparation ultérieure des deux, lors même que l'on emploie de fortes pressions de presse par le traitement préalable, on pourra en même temps obtenir une résistance chimique particulière, par exemple contre des acides ou des alcalis, selon les agents employés à ce traitement préalable des fibres.
Tandis qu'avec la modification de forme de la substance structurale des fibres opérée par le traitement préalable, on obtient une augmentation de la résistance de la masse contre les efforts mécaniques qui se produisent lors du pressage, l'établissement de la structure fibreuse est d'une importance particulière pour l'obtention d'une matière de forte extensibilité qui, par suite de l'imprégnation avec le liant, acquiert des propriétés élastiques coriacées.
Avec cela il convient de faire observer que, par cette imprégnation, il est possible de provoquer des phénomènes de gonflement de la substance structurale des particules fibreuses individuelles, par suite desquels une structu- re fibreuse, primitivement peu serrée, est transformée en une structure fibreuse plus serrée, extrêmement ferme, immédiatement après l'imprégnation et cela déjà à l'état humide, augmentant additionnellement les propriétés déjà données antérieurement au corps de matière fibreuse, pour
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le travail de pressage.
Pour l'exécution du procédé, on pourra en principe utiliser toutes espèces de fibres, aussi bien d'origine animale que d'origine végétale; le choix pourra se faire selon le but visé dans chaque cas spécial. On pourra aussi employer différentes espèces de fibres en mélange ou les unes à coté des autres, et l'on pourra en même temps employer des fibres minérales, artificielles ou autres semblables. Selon les propriétés, la longueur et la résistance spécifique de l'espèce de fibres que l'on utilise, la résistance di corps façonné de départ (plaque, bande, etc.) pour l'exécution du travail de changement de forme pourra changer lors du pressage donnant le produit final, et avec cela le coefficient de résistance de ce dernier pourra changer également.
Parmi les espèces de fibres d'origine végétale conviennent pour le nouveau procédé, particulièrement les ligno-celluloses et les pecto-celluloses, mais on pourra pourtant employer aussi toutes autres espèces de fibres.
Le traitement préalable des différentes espèces de fibres dépend de la substance fibreuse en présence.
Il pourra se faire par des moyens physiques ou mécaniques connus ou par des moyens chimiques, ou encore par l'emploi des deux moyens à la fois. La mise à nu totale ou partielle de la substance structurale ainsi obtenue, s'opère en éliminant les matières étrangères, telles que des graisses, des huiles, des résines, etc.., qui adhèrent aux fibres.
Comme moyens de traitement préalable mécaniques, on pourra utiliser tous appareils connus pour l'extraction de fibres textiles, la matière fibreuse étant soumise au traitement préférablement à l'état humide, et aussi chauffée ou traitée par la vapeur. Comme agent de traitement préalable chimique, il s'agit d'une part d'agents à effet d'oxyda-
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tion, comme par exemple l'acide hypochlorique, des peroxydes, des par-sels, etc., d'autre part d'agents à effet de réduction, tels que l'acide sulfureux, ses sels solubles ou autres composés, les composés sulfosodiques, les composés de l'aldéhyde formique et du soufre, etc.; de plus, des composés à action alcaline ou acide, tels que des alcalis libres ou des sels alcalins, des acides libres ou des sels acides.
Le choix des agents à employer et l'ordre dans lequel on les emploie dépendent aussi bien de la matière de départ utilisée, que de la forme et de la résistance avec lesquelles on désire obtenir les objets en matière fibreuse.
Les agents de traitement chimique sont employés sous une forme liquide appropriée, par exemple en solution ou en émulsion, et les fibres sont traitées par ces agents à chaud ou à froid, avec ou sans pression, éventuellement aussi dans le vide. Avec beaucoup d'espèces de fibres, on pourra aussi se servir d'agents de trai- . tement préalable adsorbants. Pour le choix des agents de traitement préalable et pour la façon dont on les utilise, il est dans tous les cas d'importance que les produits chimiques qui conviennent pour les fibres en présence et qui déterminent la mise à nu de leur substance structurale, soient employés sous une forme et à un degré de concentration avec lesquels la résistance de ladtte substance ellemême ne soit pas détruite. Sous ce rapport, les points de vue sont les mêmes que pour la mercerisation du coton.
Avec certaines espèces de fibres, comme par exemple les pectocelluloses, on obtient au traitement préalable - notamment aussi en employant des agents réducteursaprès l'élimination des substance cuticulaires troublantes, un resserrement de la substance structurale avec un rétré-
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cissement simultané du canal intérieur des fibres, ce qui pourra déterminer un renforcement considérable de la solidité des fibres.
L'augmentation du pouvoir d'absorption obtenue par le traitement préalable des fibres, et par lequel pouvoir l'union ultérieure, intime et inséparable, de celles-ci avec le liant est favorisée, peut encore être renforcée par un traitement subséquent spécial. Si l'on traite les fibres par des agents alcalins ou acides, on obtient en outre une résistance particulière de la substance fibreuse contre les alcalis ou les acides.
Par répétition à plusieurs reprises du procédé de traitement préalable, où dans les intervalles la masse fi- breuse pourra éventuellement être séchée de nouveau, ainsi que par imprégnation avec des produits chimiques appropriés, etc., on pourra obtenir une insensibilité particulière de la masse fibreuse à l'humidité de l'air, à l'eau, à des influences thermiques, à l'inflammabilité, etc., sans que pour cela se trouvent annihilées les qualités fondamentales de la substance fibreuse obtenues par le traitement préalable ci-dessus mentionné, et particulièrement leur pouvoir d'absorption en présence du liant.
Bien que le traitement préalable des fibres en vue de la mise à nu de la substance structurale puisse avoir lieu après leur mise en forme de pla ques, nappes, bandes, blocs, etc., il est pourtant préférable de procéder à ce traitement déjà avant, donc pendant que les fibres se trouvent encore à l'état libre. La mise en forme des fibres ainsi préalablement traitées s'effectue alors de préférence à l'état humide, en employant des procédés voulus quelconques en soi connus, par exemple mécaniquement selon le principe du feutrage, par le procédé de coulée, d'aspiration ou de
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pressage, et encore par centrifugeage, ete..
L'essentiel est que l'on obtienne une liaison peu serrée, mais aussi uniforme et fere que possible, qui, d'une part, donne la possibilité d'une imprégnation parfaite de ce produit fibreux, et qui, d'autre part, présente une structure fibreuse de grande extensibilité, cela indépendamment de son épaisseur. La fabrication de ce produit fibreux peut se faire aussi avec des fibres chauffées ou avec des liquides chauds, convenant particulièrement pour le procédé de feutrage, en première ligne l'eau.
Dans de grandes pièces de matière fibreuse ainsi obtenues, on pourra pas estampage, découpage, etc., tirer de plus petits corps fibreux, cela aussi avant l'imprégnation, de sorte qu'il est possible de travailler à nouveau les déchets qui ne concernent que la matière fibreuse et non pas le liant. On pourra confectionner de ces produits fibreux à volonté avec des espèces de fibres de la même sorte ou aussi en mélange avec des fibres d'autres sortes.
Dans ce dernier cas, on pourra utiliser aussi en même temps des fibres qui tantôt ne réagissent pas chimiquement sur les agents employés au traitement préalable, tantôt n'auront pas du tout été soumis à un traitement préalable, mais qui sont propres à communiquer au produit final des propriétés particulières, comme c'est le cas par exemple avec l'asbeste, en ce qui concerne l'augmentation de la résistance à la chaleur et de l'incombustibilité. Aux fibres ou aux mélanges de fibres, préférablement à l'état humide, on pourra ajouter avant ou au moment même de l'établissement de la liaison des fibres, des matières de remplissage, ccmme par exemple du kaolin, du talc, de la farine de bois, du mica en poudre, de la coudre d'asbeste, des terres colorantes ou des couleurs organiques.
On pourra également ajouter les agents spéciaux ci-dessu mention-
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D'un autre côté on pourra à la place de ces substances ou à côté d'elles ajouter des matières ou des mélanges de matières qui sont à même d'absorber et de rendre inoffensifs les excédents de gaz qui pourraient agir nuisiblement, comme par exemple des agents d'adsorption pouvant lier l'acide carbonique ou d'autres gaz, tels que la chaux, ou des agents réducteurs pour la fixation de l'oxygène etc.., tels que l'oxyde de fer et d'autres oxydes métalliques.
Pour le dégagement de gaz on pourra particulièrement rendre utiles les éléments renfermés dans les résines artificielles par suite de leur mode de fabrication, tels que l'eau, l'aldéhyde formique en excès, les restes de dissolvants facilement volatilisables, etc., qui, lors du chauffage dans la presse, sa vaporisent ou passent à l'état de gaz. Comme additions qui tout particulièrement dégagent des gaz, on pourra utiliser celles qui, comme le carbonate d'ammonium, se décomposent totalement ou partiellement dans la chaleur, en formant des produits gazeux..
On évitera convenablement autant que possible l'emploi d'additions qui pourront exercer une action collante sur les particules de fibres, et qui par conséquent pourront annihiler ou rendre plus ou moins inactives des propriétés fondamentales pour l'imprégnation ultérieure.
Les produits à base de matières fibreuses ainsi obtenus peuvent présenter des formes d'exécution voulues quelconques, et ils n'auront pas besoin de se rapprocher de la forme finale à donner aux pièces pressées. Ils peuvent être d'une seule pièce ou bien se canposer de plusieurs pièces superposées ou juxtaposées, sous forme de plaques ou bandes, enroulées sans fin en spirale, pliées et pourvues de pièces ajoutées, présentant des parties en recouvrement, des rallonges, etc., pour permettre de former sur les corps ou objetsfinis, des bordures spéciales, des renflements, des
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arêtes, etc.
- Les différentes parties des pièces fibreuses sont ensuite soudées par le pressée de façon à former un total présentant un caractère d'unité, et cela de façon que la structure fibreuse uniforme reste conservée dans tout le produit final.
L'imprégnation des corps en matière fibreuse sous forme de bandes, nappes, plaques, blocs, etc., s'effec- tue préférablement après séchage préalable, et cela éventuel- lement aussi à l'état chauffé, de façon voulue quelconque par injection, immersion, arrosage, etc.. Il est important d'observer la consistance de l'agent d'imprégnation ainsi que sa température, car selon leur condition il est possible d'utiliser encore dans le procède d'imprégnation, le pouvoir de gonflement de la substance fibreuse. Par de tels phénomè- nes de gonflement du corps de matières fibreuses, on obtient une condensation de la structure fibreuse et de la liaison des fibres, de sorte que le produit prend un caractère de cuir ou de feutre de grande résistance et extensibilité.
L'imprégnation de corps de matières fibreuses
Se en plusieurs pièces pourra/faire avec des agents d'imprégna- tion de consistance variée ou de nature variée; ainsi par exemple des pièces fortement imprégnées et des pièces fai- blement imprégnées peuvent alterner pour rendre ainsi possi- ble des déplacements de matières spéciales lors du pressage.
Selon la consistance de l'agent d'imprégnation employé, et selon la quantité de cet agent incorporée dans la substance fibreuse, se règle la plasticité du corps fibreux, et un bon dosage est donc rendu possible si l'on observe une durée d'action déterminée, ainsi que la capacité d'absorption de la substance fibreuse.
L'imprégnation des fibres préalable- ment traitées pourra être entreprise éventuellement aussi déjà avant la confection du produit fibreux à soumettre au
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Pour l'imprégnation on pourra employer toutes substances propres à servir de liants selon les exigences de l'emploi auquel on destine le produit final, à l'état liquide, dissous, émulsionné, fondu, etc., telles que notamment les résines naturelles et artificielles, des huiles oxydantes, des bitumes, des produits albumineux, des dérivés de la cellulose, le caoutchouc naturel ou artificiel, le latex de caoutchouc, le caoutchouc durci ou souple, ou des mélanges de ces matières.
L'imprégnation peut se faire à chaud ou à froid, avec ou sans pression, et cela à plusieurs périodes séparées aussi les unes des autres par séchage dans les intervalles, éventuellement avec emploi d'agents d'imprégnation de consistance et de nature variées. Ces agents d'imprégnation peuvent être employés ensemble avec des agents de glissement, comme par exemple des liants pulvérulents, le talc, etc., qui tiennent compte des efforts spéciaux exercés lors du pressage du corps en matière fibreuse, ou l'on pourra appliquer ces substances lors de 1imprégnation ou à la suite de celle-ci, avant le séchage.
Parmi les résines artificielles pouvant être utilisées comme agents d'imprégnation, on peut citer comme étant bons par exemple les produits de condensation du crésol et du phénol avec la formaldéhyde, les résines artificielles à base d'urée ou de thio-urée, les raines d'acides multivalents avec des alcools multivalents, etc. parmi les produits albumineux, il s'agit particulièrement des caséines et des protéines, et parmi les dérivés de la cellulose se présentent par exemple la nitrocellulose ou la cellulose acétylée, isolément ou en commun avec des agents d'amollissement ou de conservation de l'état mou connus.
Comme liants propres à dégager, étant chauffés, après le séchage, avant ou pendant le pressage, des gaz ou vapeurs qui favorisent un déplacement de matière, on pourra
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prendre en considération par exemple des résines artificielles solubles dans l'eau, ou bien des résines artificielles qui ne sont pas entièrement condensées et qui, lors du chauffage, expulsent sous forme de vapeur l'eau@-qui se forme.
Pour obtenir des produits finis colorés, on pourra ajouter aux fibres détachées avant d'en établir la liaison, aux matières fibreuses ou aux agents d'imprégnation, des matières colorantes de toutes sortes et convenablement celles qui entrent en solution. Lorsqu'on emploie pour un produit fini, des corps de matière fibreuse en plusieurs pièces, celles-ci peuvent être colorées différemment et donner ainsi un produit final polychrome. On pourra aussi fabriquer des produits de plusieurs couleurs en imprégnant à plusieurs reprises les corps de matières fibreuses de liants renfermant des matières colorantes de différentes couleurs, ou encore en anpliquant différentes couleurs séparement, avant ou après l'imprégnation des corps fibreux à l'aide des liants.
On pourra ainsi obtenir des effets colorants spéciaux, Dans le produit final les couleurs apparaissent alors comme étant placées sous un vernis. On pourra de cette façon, à l'aide de clichés appropriés ou encore par projection des couleurs, appliquer des dessins, ornements, etc., en couleurs sur les objets en matière fibreuse. Dans la fabrication de ces produits multicolores, il convient d'effectuer chaque fois un séchage avant l'application d'une nouvelle couleur, de sorte que les différentes couleurs, sans se confondre, puissent s'imprimer les unes sur les autres ou les unes au-dessus des autres.
L'imprégnation est suivie par le séchage des corps en matière fibreuse, qui peut se faire à l'air, dans des fours, dans des séchoirs à vide, etc.; les éléments des
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agents d'imprégnation qui s'évaporent pourront être récupérés par l'emploi de condenseurs. Le degré de séchage dépend de la nature de la fibre utilisée et de l'agent d'imprégnation.
L'étirage ou pressage des pièces pourra se faire par des procédés de façonnage ou moulage à la presse ordinaires, convenablement en utilisant simultanément la chaleur et la pression. On pourra aussi procéder à plusieurs étages et éventuellement sans chauffage, par exemple avec des corps de matière fibreuse chauffés au préalable. Avec l'emploi du pressage à chaud, les produits finis sortent du moule de pression avec un haut lustre, et ils sont alors entièrement achevés. En étirant ou pressant, on pourra de façon usuelle introduire dans les corps finals, des parties métalliques et des garnitures en métal de nature appropriée.
On pourra également en des endroits appropriés introduire à la pression des garnitures d'autres matières voulues quelconques, par exemple de matières fibreuses non imprégnées à effet absorbant spongieux en présence de quantités d'agents d'imprégnation en excès éventuellement prévues.
Pour que les gaz qui se dégagent, intentionnelle. ment ou inintentionnellement lors de l'étirage ou du pressage puissent partir sans encombre et sans ventilation spéciale, il peut être pratique de soumettre à la pression des morceaux de matière fibreuse liée imprégnée, plus petits que la base de l'objet à fabriquer, de sorte qu'en introduisant ces morceaux dans le moule de pression, il reste un espace libre pour l'échappement des gaz qui se dégagent, cet espace étant ensuite, au moment où la pression s'exerce, rempli par la matière étirée ou pressée.
Dans le même but, on pourra aussi dans les cas où les pièces pressées se confectionnent par réunion ou soudure de deux ou plusieurs morceaux de matière fibreuse imprégnée, procéder de façon que les différents morceaux soient chacun plus petits que la base de l'objet à
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fabriquer.
Les produits finis fabriqués selon l'invention présentent des coefficients de résistance mécanique maximum, par exemple une résistance à la flexion par choc de 25 cm.kg. par centimètre carré et au-dessus, et représentent une classe particulière de corps façonnés de première qualité. Il est possible d'obtenir par exemple des caisses ou boites à parois très minces, etc., d'une très grande résistance à la flexion par choc et élasticité. On pourra fabriquer des objets pressés, depuis les dimensions les plus petites jusqu'aux plus grandes, impossibles d'exécuter jusqu'ici.
Avec la résistance à la rivure du produit final, l'emploi du procédé convient particulièrement fort bien dans les industries - comme par exemple dans la construction de wagons, de navires, de carosseries, d'avions, et dans l'électrotechnique,- où les plus hautes exigences mécaniques sont imposées aux éléments de construction. Le nouveau procédé est également applicable avec avantage dans tous autres domaines de l'industrie du pressage ou de l'emboutissage, notamment où l'économie de matière a de l'importance et où l'on désire en même temps une grande solidité. L'élasticité des produits obtenus est si grande qu'une destruction par déchirement, même avec incorporation de parties métalliques assez grandes à coefficients de dilatation très différentes, n'a pas lieu.
Dans l'exécution du procédé, on pourra par exemple opérer de la façon suivante : On additionne du coton d'une quantité d'eau approximativement 30 fois plus grande, et l'on traite le mélange par des outils à agiter, dans des appareils de lavage, éventuellement avec écrasement par rouleaux ou autres dispositifs semblables, à une température de 50 degrés centigrades, pendant 4 à 5 heures. Selon l'impureté
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une proportion allant jusqu'à 10 pour cent du liquide de lavage. Aprs évacuation du liquide impur, la masse fibreuse restante est lavée à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'elle ait atteint le degré de pureté voulue. La masse fibreuse peut alors, immédiatement ou après l'élimination de l'eau dans une centrifuge, être transportée dans une machine de feutrage, où elle est mise en forme de bande ou de nappe.
Le produit fibreux ainsi obtenu est alors séché à une température. augmentée. Puis l'imprégnation a lieu. Pour celle-ci on emploie par exemple, en solution aqueuse ou alcaline, un produit de condensation initiale obtenu de manière connue par l'action de l'aldéhyde formique sur des phénols. On fait passer la bande de matière fibreuse à travers la solution. Selon la durée du séjour de la bande dans la solution de l'agent d'imprégnation, et selon la concentration de cette solution, une quantité plus ou moins grande du liant sera absorbée à l'intérieur des fibres. Avec l'emploi d'une solution de l'agent d'impression à 50 %, on arrive par exemple à des masses de matières.fibreuses imprégnée qui renferment de 30 à 35 % de.résine artificielle. La bande de matière fibreuse imprégnée est alors séchée de nouveau, éventuellement dans le vide.
Le produit est alors prêt pour le pressage. A cet effet on découpe éventuellement par estampage, dans la bande de matière fibreuse, des morceaux de forme et de grandeur appropriées, et on les place dans le moule de pression. Ces morceaux doivent présenter une surface moins grande que la surface totale des pièces pressées à fabriquer, de façon qu'une partie du moule, au moment de la mise en place des morceaux de matière fibreuse imprégnée, reste encore libre pour recevoir de la matière, afin de tenir compte du déplacement de matière lors de l'étirage ou du pressage.
A la place de coton, on pourra de façon correspondante soumettre au traitement des matières fibreuses de
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toute autre espèce quelconque. Selon la nature spécifique de la matière fibreuse, on choisira la concentration et la composition du liquide de lessivage, le traitement mécanique, la température et la durée des bains les plus convenables dans chaque cas.
Par application des agents de traitement chimiques ci-dessus mentionnés, il est possible d'obtenir dans une mesure encore plus étendue l'élimination des éléments indésirables ainsi que de la cuticule des fibres. On pourra, par exemple, procéder à un traitement préalable du chanvre par une solution de savon de résine qui renferme 100 parties de colophane, 25 parties de soude caustique et 1000 parties d'eau. Avec cette solution de savon de résine, on fait cuire la masse fibreuse pendant 4 à 5 heures, préférablement dans une chaudière fermée. Le traitement ultérieur s'opérera ensuite domme il a été décrit ci-dessus pour le coton.
- REVENDICATIONS -
1- Procédé de fabrication d'objets façonnés en matières fibreuses imprégnées de liants, caractérisé en ce que la matière fibreuse, laquelle a absorbé le liant aussi à l'intérieur même de la substance fibreuse, est mise en forme de corps composé ou agrégat de fibres extensible, particulièrement en forme de plaques, bandes, nappes, blocs, etc., et portée à la forme définitive désirée par le moyen d'outils de pression qui l'étirent ou le pressent en effectuant un déplacement de matière.