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"PROCÉDÉ POUR RÉGÉNÉRER LES DECHETS DE CUIRS
ARTIFICIELS ET SYNTHETIQUES"
La présente invention a pour but de régénérer des déchets de ouirs artificiels ou synthétiques et de les transformer en matières susceptibles d'être employées à la place de cuir naturel, artificiel ou synthétiques.
Les feuilles, boudins ou autres pièces de cuirs artificiels et synthétiques d'où proviennent les déchets que l'invention se propose de traiter, somt généralement constitués par des fibres animales,végétales ou minérales agglomérées au moyen de matières plastiques.
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Ces matières plastiques sont généralement choisies parmi les agglutinants polymérisables tels que le caoutchouc, les résines synthétiques ou les huiles et résines naturelles siccatives.
Dans la fabrication des cuirs artificiels et synthétiques, la polymérisation des agglutinants est indispensable pour que le produit final offre une bonne résistance à l'oxydation et à l'usure.
Cette polymérisation a en outre pour conséquen- ce d'augmenter très sensiblement la résistance de ces cuirs artificiels et synthétiques à l'action solubi- lisante des solvants communs.
Afin de pouvoir traiter les déchets par un solvant approprié de façon à obtenir une pâte suscepti- ble de recevoir la forme voulue, on est donc amené à dépolgmériser les agglutinants contenus dans les déchets.
Pour dépolymériser les matières plastiques qui ont subi une polymérisation forcée, il est connu de soumettre ces matières à un broyage prolongé ou à un échauffement considérable, l'un et l'autre pouvant être accompagnés d'une oxydation. Mais de tels procédés ne pourraient convenir pour dépolymériser des décrets de cuirs artificiel et synthétique, car les fibres végéta- les ou animales qui constituent la majeure partie de ces déchets seraient complètement détruites sous l'effet de la chaleur.
Suivant l'invention, afin de dépolymériser les matières agglutinantes contenues dans les déchets de cuirs artificiels ou synthétiques,on effectue d'abord à une température pey élevée un broyage oourt et violent des déchets puis on opère,aussitôt après ce broyage, un
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brassage lent de la masse en présence d'un solvant convenable de manière à obtenir une pâte ductile et malléable susceptible de recevoir toute forme désirée.
Dans la réalisation pratique de l'invention, on utilise un broyeur, tel qu'un broyeur à poudrette de caoutchouc,comportant deux cylindres creux juxtaposés dont le rapport de vitesse angulaire est compris entre 1/2 et 1/5 de manière à produite une friction énergique.
La vitesse périphérique du cylindre le plus lent doit atteindre au moins 30 mitres par minutes.
Les cylindres creux du broyeur sont parcou- rus par un fluide réchauffant ou refroidissant, de façon à maintenir la température de la masse entre 50 et 60 dégrés centigrades.
Les déchets subissent une seule passe de broyage, et cette opération à pour effet un détachement brusque et une éjection de parcelles contenant plusieurs fibres agglomérées. En raison de la température peu éle- vée, ces fibres ne subissent aucune altération nuisible.
D'autre part, grâce à la violence de l'opé- ration et à l'échauffement de la matière, il se produit un déséquilibre dans l'état polymérisé de l'agglutinant, ce qui le rend sensible pendant plusieurs heures à l'action dès solvants.
Aussitôt après le broyage mentionné ci-dessus, la masse subit un travail mécanique léger tel qu'un brassage lent en présence d'un solvant très pénétrant et ayant un point d'ébullition inférieur à 85 degrés centi- grades. Ce brassage peut avoir lieu dans un mélangeur à pales pour pâtes et il doit être poursuivi pendant trois heures au moins.
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On utilise comme solvant un hydro-carbure chloré tel que le di-chlor-éthylène,le tri-chlor-éthylène ou le tétrachlorure de carbone, chacun de ces corps pou- vant être additionné de 5% de tétrachlor-éthane ou de tétrachlor-méthane
Après brassage, le produit se présente comme une pâte ductile susceptible de recevoir aisément une forme quelconque (feuilles, boudins, etc...)
Pour obtenir des feuilles d'une épaisseur con- venable, on peut notamment utiliser une calandre enrou- leuse comportant un cylindre presseur commandé hydrauli- quement ou par contrepoinds, de façon à assurer une pres- sion constante indépendamment de l'épaisseur régulière- ment croissante de la feuille pendant le calandrage,
On peut aussi employer une machine à bou- diner pour obtenir du cuir sous la forme d'un cylindre plein ou creux ou encore recourir au moulage direct.
Si l'on désire rendre le produit final plus résistant à l'oxydation et à l'usure, il est avantageux d'opérer une re-polymérisation. A cet effet, on ajoute à la pâte avant sa sortie du mélangeur et après deux heures au moins de travail mécanique, des agents propres à provoquer une nouvelle polymérisation de la matière plastique agglutinante dès qu'elle aura perdu son solvant.
Comme agent de re-polymérisation pour des déchets dans lesquels l'agglomération a été effectuée au m¥ de caoutchouc, on peut utiliser des accélérateurs ultra-rapides, actifs dans un milieu acide (par exemple les mercaptans et leurs disulfures additionnés de gua- nidines) avec du soufre colloïdal et des activateurs à base d'acide gras, comme l'acide stéatique et l'acide
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oléique.
Dans le cas de re-polymérisation de déchets provenant de cuirs artificiels ou synthétiques agglomé- rés au moyen de résines synthétiques, il sera nécessaire d'ajouter à la pâte un acide ou une base o.rganique fai- ble Par exemple dans le cas où l'agglutinant est cons- titué par des résines glycéro-phtaliques, on peut utili- ser de l'acide sulfonique à 2% S'il s'agit de résine formée au moyen de condensation de l'urée et de formal- déhyde., une solution à 10% de soude ou de potasse causti- que conviendra. Si les déohets ont été agglomérés au moyen d'huiles et de résines naturelles siccatives, on aura recours à un sicoatif à banc d'acide métallique, tel qu'un linoléate ou naphténate de cobalt, de plomb ou de manganèse.
Enfin si l'on désire modifier la oonsistance de la pâte de déchets régénérés, on peut incorporer pendant le travail opéré:dans le mélangeur et avant l'addition des agents de re-polymérisation, des charges inertes non solubles ou des plastifiants.
Par exemple, s'il s'agit de rendre le produit final plus dur, on ajoutera du kaolin ou du carbonate de chaux ou du sulfate de baryte.
Si l'on vent rendre le produit plus mou; on peut introduite un plastifiant, tel que l'huile miné- rale ou une huile végétale vulcanisée ou non.
Si l'on désire augmenter la résistance à l'usure ou à l'oxydation, on ajoutera des fibres animales végétales ou minérales.
Enfin si l'on veut rendre le produit plus élastique ou ajoutera des matières plastiques agglutinan- tes telles que le caoutchouc.
Les produits obtenus conformément à la
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présente invention à partir d'une pâté provenant de déchets régénérés des cuirs artificiels et synthétiques peuvent être utilisés comme les cuirs naturels ou les cuirs artificiels et les remplacer dans la plupart de leurs applications.