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MEMOIRE DESCRIPTIF à l'appui d'une demande de BREVET D'INVENTION "Joint de rail à coussinet " Monsieur Claude de BRABANDER, 29, Avenue Antoine Depage, BRUXELLES.
L'invention concerne un joint de rail à coussinet, c'est-à- dire un joint comportant une selle ou plaque métallique fixée aux traverses de la voie et supportant les extrémités de rails à joindre, qui sont réunies entre elles par un éclissage. Elle vise plus spécialement à établir un joint de ce genre, dont l'éclissage est réalisé sans l'emploi de boulons traversant le rail, de manière à éviter le forage de trous dans l'âme du rail et à éliminer ainsi une des causes principales de rupture du rail.
Pour donner entière satisfaction, un tel système de joint doit réaliser le serrage convenable des éclisses, non seulement dans le sens transversal, mais aussi dans le sens de la hauteur du rail, c'est-à-dire de haut en bas sur le patin du rail, et ce tout en permettant la dilatation normale et le cheminement des ! rails, sans modifier les conditions de serrage des éclisses, lesquelles ne peuvent ni se relâcher, ni se bloquer sous l'effet d'un coulissement des rails dans le coussinet du joint.
Selon l'inven- tion, ce résultat est atteint grâce au fait que le serrage d'une éclisse est assuré par des leviers ou crapauds qui s'appuient, d'une part, à articulation sur la selle ou coussinet du joint et qui agissent, d'autre part, sur une face inclinée prévue sur l'éclisse, de telle manière que, sous l'action du serrage des crapauds par des moyens prenant réaction sur le coussinet, l'éclis- se subit un effort de serrage convenablement incliné vers le bas, depuis l'extérieur de l'éclisse vers l'âme du rail.
D'autres particularités et avantages de l'objet de l'invention ressortiront de la description d'un exemple d'exécution, donnée ci- après, à titre démonstratif, avec référence au dessin annexé,dans lequel :
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Fig. 1 montre une vue en coupe transversale d'un joint de rail selon l'invention, et
Fig.2 montre une vue partielle en plan de ce joint.
Dans ce dessin, 1, 2 désignant les extrémités de rails à joindre, qui reposent sur le coussinet ou selle métallique 3 fixée aux traverses 4 par des tirefonds 5. Le patin du rail repose avec un certain jeu latéral sur la selle 3, entre des pattes d'attache 6 faisant saillie par rapport à la selle et prévues en nombre voulu, per ex. quatre de chaque côté du rail. Chaque patte 6 présente un logement 7 pour la tête 8 d'un boulon 9 traversant un levier ou crapaud 10, dont une extrémité 11 prend appui sur la selle 3, tandis que l'autre extrémité 12 agit sur une face inclinée 13 de l'éclisse 14, sous l'effet du serrage appliqué par l'écrou 15 sur le crapaud 10.
L'extrémité 11 du crapaud présente une section arrondie et s'appuie dans un logement de forme correspondante à la selle 3, de façon à constituer une articulation à charnière pour le crapaud, dont l'autre extrémité agit sur la face convenablement inclinée 13 de l'éclisse 14, de facon à transmettre à celle-ci un effort de serrage incliné vers le bas, formant avantageusement un angle d'environ 30 avec l'horizontale. Cet effort se décompose de manière à assurer à la fois le serrage voulu de l'éclissage en direction transversale, et le serrage du patin du rail contre la selle 3.
Lorsque le rail et la partie centrale de la selle s'affalent légèrement sous l'action des charges mobiles passant sur le rail, les crapauds 10 suivent élastiquement ces légers affaissements, grâce à leur élasticité propre et au fait qu'ils ne s'appuient sur la selle 3 que par leur extrémité 11, formant articulation, de sorte que leur bec 12 reste toujours en contact avec l'éclisse 14f et qu'il ne se produit aucun choc lors du retour élastique de la selle 3 à sa position de repos. La transmission de l'effort de serrage aux éclisses se fait donc avec une certaine élasticité, ce qui est très avantageux, car sinon les fréquents affaissements de la selle provoqueraient des chocs et battements dans cette transmission qui entraîneraient une destruction accélérée du joint.
De plus, le point de réaction du serrage étant situé très bas, à proximité de la selle 3, les pattes d'attache 6 sont petites et la selle reste légère.
Il va de soi que, sans se départir de l'esprit de l'invention, diverses variantes constructives peuvent être apportées à la réalisation montrée à titre d'exemple. Au lieu de prévoir deux éclisses mobiles, on pourrait même munir la selle d'une projection
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formant une éclisse fixe, contre laquelle les bouts de rails à joindre seraient serrés au moyen d'une éclisse mobile placée de l'autre côté des rails et coopérant avec des crapauds conformément à l'invention.