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"Procédé et appareillage pour le tirage de films positifs en couleur* et produits en résultant."
L'invention a pour objets un procédé et un appareil- lage pour le tirage de films positifs en couleurs, ainsi que les films positifs ainsi obtenus.
Elle concerne plus particulièrement des perfectionne- ments au* procède décrit dans le brevet français N 824.203 du
9 Juillet 1937.
Ce procédé consiste à effectuer le tirage de films positifs en couleurs à partir de négatifs de sélection trichrome en imprégnant successivement une couche de gélatine recouvrant un film avec des mélanges de certains diazosulfonates et de naphtols et de leurs dérivés et en exposant derrière le néga- tif de sélection .correspondant, après opaque imprégnation, de manière à obtenir dans la même couche de gélatine les diverses couleurs monochroms. A chaque exposition, une image en cou- leur se développe aux endroits insolés, grâce aux propriétés de ces diazosulfonates, appelés aussi "colorants photo-rapides".
Dans ce procédé, estimant que chaque image colorée formée lors d'une exposition précédente forme écran pour l'in- solation ultérieuré de la couche de gélatine resensibilisée à une autre couleur, derrière le négatif de sélection correspon- dant, on cherche à réaliser une stratification des images colorées successives. Dans cebut, la gélatine, après la première sensibilisation, est-débarrassée du colorant sur une fraction (par exemple les à/3) de son épaisseur, pour ne laisser subais.;, ter ce colorant qu'au voisinage du support, et ce par lavage
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superficiel et enlèvement du bain à l'aide d'un buvard ou par un moyen analogue.
La gélatine, après la seconde sensibilisa- tion, est débarrassée du-second colorant sur une fraction de son épaisseur (par exemple 1/3 de celle-ci) moindre que la première fois, de façon à laisser vierge une couche superfi- cielle et à provoquer la formation de la seconde image essentiel- lement à mi-épaisseur. Après la troisième sensibilisation, la dernière image colorée se forme en surface.
Or, lea demandeur'! ont trouvé depuis que, moyennant certaines précautions, il est possible d'éviter les opérations longues, compliquées et coûteuses qui consistent, après la pre- mière et la seconde sensibilisation, à éliminer le colorant dans les couches superficielles par lavage et extraction du bain sensi- bilisateur au moyen de buvard ou autrement, et d'obtenir des reproductions en couleurs fidèles sans que chaque image colorée élémentaire s'oppose à l'impression des images colorées suivantes.
Dans ce but, le procédé suivant l'invention consiste à sensibiliser le film gélatiné successivement avec des bains de colorants photo-rapides qui donnent naissance à des images colorées se laissant facilement traverser par la lumière utilisée lors de l'exposition, pour terminer par le colorant donnant les ima- ges les moins transparentes à cette lumière, en réglant convenable- ment la durée de chaque exposition.
Au besoin, chacune de ces expositions peut se faire à l'aide d'un filtre chromatique approprié,. ne laissantppasser que les radiations lumineuses qui traversent les images colorées déjà formées ou en cours de formation.
Toutefois, en utilisant par exemple la lumière de l'arc à mercure, riche en radiations de courte longueur d'onde (violet ou bleu violet) corrigée au besoin par des écrans de sélection, et en sensibilisant successivement au bleu, qui est traversé aisément par la lumière de l'arc à mercure, puis au bleu-pourpre, qui présente une bande de transparence appréciable pour cette lumière dans le bleu-violet et enfin au jaune, qui est le plus opaque, il est possible en prolongeant convenablement l'exposition derrière le négatif de sélection jaune, négatif dont le contraste aura été majoré on conséquence d'obtenir, sans l'aide des filtres chromatiques sus-indiqués, une reproduc- tion suffisamment fidèle des couleurs du sujet, en évitant les grave3 complications du procédé connu rappelé ci-dessus.
Une autre condition de la réussite du procédé consie- te, non seulement à impressionner le film à l'état humide, ainsi qu'il est déjà connu, mais encore à maintenir une température constante, appropriée à l'imbibition du film et voisine de la température normate.
Enfin, il est avantageux, en raison de la teneur importante des bains sensibilisateurs en soude caustique, de tanner légèrement le film positif avant sensibilisation.
D'autres caractéristiques de l'invention ressorti- ront de la description qui va suivre, en se référant au dessin annexé, qui montre schématiquement un appareillage pour le tirage de films positifs en couleurs par la procédé suivant l'invention.
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Four l'application de ce procédé, on part de trois négatifs de sélection tri'chrome, préalablement vernis pour éviter l'imprégnation de la couche de l'image du négatif lors du tirage par contact avec le positif imbibé du bain sensibilisateur. Ces négatifs, ainsi que les films positifs à imprimer, sont de pré- férence des films a-supportsans retrait, déjà utilisés pour le' tirage de films en couleurs, afin dtassurer le repérage exact des trois impressions grâce à une parfaite concordance entré les dimensions des trois images monochromes et, pour les trois néga- tifs, une même position relative des images et des perforations.
De cette façon, il est possible de superposer exactement les images monochromes en-utilisant des poinçons spéciaux pénétrant à plein dans les perforations.marginales.
Le film positif A gélatiné sur une face traverse tout d'abord une cuve d'alun de chrome 1. Ce traitement d'alunage sur la machine peut être remplacé de préférence par un alunage préa- lable au moment du couchage du film émulsionné ou gélatiné. Il est avantageux en effet, étant donné que les bains sensibilisateurs contiennent des teneurs importantes en soude caustique, que le film positif gélatiné soit légèrement tanné avant les opérations. Le film traverse ensuite une cuve d'imprégnation 2, où la gélatine est imbibée à refus du bain sensibilisateur pour la première cou- leur. Le film imprégné est ensuite essoré sur ses deux faces, pour rejeter les gouttes de liquide en excès. Cet essorage pourra se faire par soufflage d'air comme représenté schématiquement en 4 ou par tout autre moyen.
Cet essorage peut être précédé d'un rinçage rapide à l'eau, soit par un très court pass.age du film dans une cuve d'eau, soit par une pulvérisation d'eau sur les deux surfaces du film au moyen de pulvérisateurs 3, de manière que les traces de bain adhérant au film soient éliminées et remplacées par de l'eau, ce qui rend l'essorage, qui vient immédiatement après, plus efficace.
Le film, défilant d'un mouvement continu, pénètre encore humide dans la tireuse proprement dite 6. Il est possible d'utiliser une tireuse ordinaire, avec contre-griffes de repérage, mais il est préférable d'utiliser une tireuse continue pour aug- menter la surface d'exposition et par suite la Vitesse de tirage.
Par exemple, on peut utiliser un tambour muni de dents de repé- rage, auquel on donne un diamètre suffisant pour que les diffé- rences des pas d'enroulement des négatifs et du positif soient suffisamment petites pour pouvoir être absorbées par l'élasticité des films.
Dans le cas d'un tambour, le film positif s'applique sur la surface externe du tambour, tandis que les dents de repé- rage du tambour pénètrent dans les perforations du film. Le néga- tif B vient s'appliquer par dessus, pressé par des rouleaux ten- deurs et presseurs. Les films entraînés par le tambour reçoivent alors une exposition lumineuse qui est réglée suivant la densité de l'image en couleur à obtenir, dans les conditions exposées plus en détail ci-après.
On pourrait aussi appliquer le négatif B direc- tement sur le tambour denté et le positif A au-dessus, et assurer le parfait contact des deux films en les pressant contre le cylin- dre au moyen d'une courroie perforée s'enroulant avec la tension nécessaire sur les deux films déjà appliqués sur le tambour. Dans ce dernier cas, la lampe d'exposition se trouve au centre du tam- bour et les rayons lumineux atteignent les films par des ouvertures pratiquées à cet effet dans la jante du tambour, au droit des parties qui doivent être exposées.
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Sous l'action de la lumière, la réaction chimique s'effectue entre les copulants, et le colorant insoluble se forme dans la couche de gélatine encore humide en tous les points atteints par la lumière et proportionnellement aux quan- tités de lumière transmises par le négatif.
Il ast nécessaire que le film soit humide, sinon les réactions chimiques seraient considérablement retardées. Il existe une humidité optima pour laquelle les réactions s'opèrent normalement et sans qu'un excès de liquide risque de rester inter- posé entre le négatif et le positif pour former des lamelles liquides, qui produiraient des zones de flou dans les images.
Les demandeurs ont trouvé aussi que la température jouait un rôle important, l'imbibition du film'croissant avec la température. Il en résulte que les opérations de tirage doivent être effectuées dans un local maintenu à température constante, sans dépasser une température trop élevée risquant de provoquer des accidents par fusion de la couche de gélatine.
Aprèspassabe dans la tireuse, le film se sépare du tambour et se dirige vers ues bacs laveurs, destinés à éliminer tots les produits non transformés et à fixer ainsi définitivement l'image. Pour permettre l'élimination complète des naphtols, difficilement solubles dans l'eau froide et pure, on fait de préférence passer le film successivement à travers une cuve b contenant une solution sodique, puis à travers une cuve 7 de lavage l'eau pure.
Le film ayant reçu une première image en couleur peut être immédiatement sensibilisé à nouveau avec le deuxième colorant.
Après essorage, il estamené dans ce but dans un second bac d'imprégnation 2a, puis le film parcourt une série d'appareils analogues aux précédents et les opérations se déroulent pour la seconde et la troisième images en couleurs comme pour la première, en utilisant chaque fois pour le tirage le négatif monochrome correspondant et une exposition lumineuse réglée.
On pourrait aussi réaliser l'opération en trois phases, on séchant le film positif après lavage.
Toutes les opérations de sensibilisation, tirage et lavage doivent être faites dans un atelier éclairé en lumière inactinique.
En ce qui concerne les conditions d'exposition du film positif derrière chaque négatif de sélection, l'image qui de forme par précipitation du colorant sous l'action de la lumière, se développe d'autant mieux que la lumière est plus riche on rayonnement. de courte longueur d'onde et il y a donc avantage à utiliser l'arc à mercure, et particulièrement les arcs à mercure dits "haute-pression". Pour éviter que, dans l'action de la lumière, les premières parties du colorant formé fass,ent écran vis-à-vis des parties sous-jacentes de la couche sensible, il faut que la lumière utilisée traverse assez facilement les premiers colorants formés.
C'est pourquoi il y a intérêt à commencer par former le colorant bleu, qui est traversé par le rayonnement de l'arc à mercure, puis à former le colorant pourpre, qui présente encore une bande de transparence dans le bleu-violet et à terminer par le colorant jaune, qui est le plus opaque pour le rayonnement, et pour lequel il faut augmenter notablement l'exposition.
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On peut envisager, le cas échéant, lors du tirage, l'emploi de filtres chromatiques permettant de régulariser l'action, de la lumière en ne laissant passer que la partie du rayonnement utile, c'est-à-dire celle qui traverse les images colorées déjà formées ou en cours de formation. Par exemple, on peut utiliser un écran bleu lors du tirage d'images pourpres.
On a donné ci-dessous à.titre d'exemple la composition de différents bains sensibilisateurs ayant donné des résultats sati sfai sants : 1 - Couleur obtenue : BLEU-VERT.- A) Naphtol pour vert 3 g. B) Diazosulfonate pour vert:3g.
Alcool 15 cm3 Eau distillée: 50 cm3
Less.de soude à 38 Bé 1 cm3
Eau distillée q.s.p.f. 50 cm3
Au moment de l'utilisation,- on mélange à volumes égaux les solutions A et B, ou bien, pour éviter les inconvénients dûs à l'instabilité du mélange, on peut sensibiliser en deux bains distincts en passant le film par exemple dans le bain B puis dans le bain A.
2 - Couleur obtenue :BLEU.- A) Naphtol pour bleu 1 g. 3B) Diazosulfonate pour vert:lg5
Alcool 5 cm3 Eau distillée : 50 cm3
Lessive de soude à 38 Bé 1 cm3
Eau distillée q.s.p.f. 50 cm3
Au moment de l'utilisation, on mélange.'-- volumes égaux les solutions A. et B. ou l'on opère comme précédemment en deux bains distincts.
On remarquera que le même diazosulfonate est utilisé pour le bleu-vert ou pour le bleu.
3 - Couleur obtenue :POURPRE ou rouge-bleuté.- Mélange pour rouge B 4 g.
Alcool ou acétone 4 cm3 Lessive de soude à 38 Bé 1 cm3 Eau distillée q.s.p.f.. 100 cm3 4 - Couleur obtenue : JAUNE.- Mélange pour jaune 4 g.
Alcool 4 cm3 Lessive de soude à 38 Bé 2 cm3 Eau distillée q.s.p.f. 100 cm3
Pour le rouge et le jaune, le diazosulfonate et le naphtol, qui sont stables en présence de l'un de l'autre, sont mélangés à l'avance.
En principe, les mélanges.diazosulfonate-naphtol ne copulent.., , sous l'action de la lumière Pour certains de ces corps, comme il a été signalé précédemment plur le Bleu- Vert,, la réaction s'amorce même dans l'obscurité,' il en résulte que ce mélange doit être utilisé aussitôt sa fabrication. Pour
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éviter des pertes de bains sur la machine résultant d'un renou- vellement trop rapide, il est préférable d'employer deux bains successifs, le premier fourni par le bain de diazosulfonate, le second par celui de naphtol.
Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux détails d'exécution ci-dessus décrits, qui n'ont été donnés qu'à titre d'exemple.
En ce qui concerne l'inscription sonore, il sera possible de la tirer soit en couleur bleue, soit par superposition de plusieurs couleurs, mais les matières colorantes ont l'inconvé- nient d'être perméables aux rayons infra-rouges qui ont une action prépondérante sur les cellules photo-électriques employées à la lecture du son.
Le tirage de la piste sonore sera donc effectué, avant les opérations de tirage en couleurs en utilisant un film positif émulsionné, après développement, fixage et au besoin séchage de cette première impression, on emploiera le film débromuré comme le film gélatiné précédent.
EMI6.1
REVENDI CAT IONS.
1 - Un procédé de tirage de films positifs en couleurs, à l'aide de.colorants photosensibles et par sensibilisations successives d'une même couche de gélatine par différents bains sensibilisateurs et expositions intermédiaires derrière des négatifs de sélection chromatique, caractérisé en ce qu'il consiste à sensibiliser le film successivement avec des bains de colorants photo-rapides qui donnent naissance à des images colorées se laissant facilement traverser par la lumière utili- sée lors de l'exposition pour terminer par le colorant donnant les images les moins transparentes à cette lumire, en réglant convenablement la durée de chaque exposition.