Procédé de fabrication de textiles artificiels creux et brillants. On connaît la fabrication de textiles arti ficiels creux réalisée en filant, par les moyens habituels, une solution de viscose contenant: soit de l'air ou autre gaz neutre émulsionné ou en dissolution, soit un corps susceptible de former après filage, à l'intérieur du textile artificiel obtenu, une âme gazeuse.
Des expériences, faites sur les produits ainsi obtenus, ont montré que cette âme ga zeuse n'était généralement pas continu, sur toute la longueur du textile et comportait des cloisons placées, à des distances irrégulières et isolant les unes des autres certaines par ties creuses plus ou moins longues; dans ces conditions le textile ne constituait pas au vrai sens du mot un tube.
La présente invention a pour objet un procédé de fabrication de textiles artificiels :creux permettant d'obtenir des produits pra tiquement tubulaires dont l'âme creuse est pratiquement continue sur toute la longueur du textile. ! II existe, au point de vue de l'aspect, une grande différence entre les deux textiles arti ficiels. Le premier, c'est-à-dire celui qui n'est pas un véritable tube est terne, d'aspect lai neux, tandis que celui obtenu par le procédé faisant l'objet de la présente invention a un aspect brillant rappelant absolument celui de la soie naturelle ou de la soie artificielle.
Jusqu'à présent, on a employé, pour la fabrication des textiles artificiels creux, de la viscose ayant le même degré de mûrisse ment que celle employée pour la fabrication de la soie artificielle ordinaire, c'est-à-dire une viscose à point de sel bas.
Il y a lieu, pour bien comprendre la ca ractéristique de l'invention, de rappeler ici de quelle manière, on définit le degré de mûris sement ou point de sel d'une viscose.
On appelle ,point de sel" d'une viscose la valeur de la concentration pour cent d'une so lution de chlorure de sodium nécessaire et juste suffisante pour coaguler une goutte de cette viscose qu'on y fait tomber.
C'est ainsi, par exemple, qu'on dira d'une viscose mûrie employée pour la filature cou rante de la soie artificielle, que son point de sel est 3, et d'une viscose fraîchement prépa rée et par suite très peu mûrie que son point de sel est par exemple 13, ce qui voudra dire que la première est juste coagulée dans une solution aqueuse de 3<B>%</B> et la seconde dans une solution à 13 % de chlorure de sodium.
On voit de ce qui précède, que le point de sel est d'autant plus bas que le mûrisse ment est plus complet.
Dans la filature de la. soie artificielle ordinaire, on emploie des viscoses à point de sel bas; on dépasse rarement 4 et ceci est jus tifié par le fait que plus le mûrissement est grand, plus la coagulation est facile; l'emploi de viscose à point de sel plus élevé obligeant à faire usage d'un bain de coagulation plus énergique, qui pourrait nuire à la qualité du produit obtenu et qui, en tout cas, entraîne rait inutilement des difficultés plus grandes de fabrication.
Dans la filature de textiles artificiels creux, on a employé jusqu'ici des viscoses ayant le même degré de mûrissement que cel les employées pour la fabrication de la soie artificielle ordinaire et dans ces conditions, ainsi qu'il a été dit plus haut, on a. obtenu généralement des produits d'aspect terne, à âme intérieure gazeuse non uniforme.
Pour obtenir des produits creux à aspect brillant, avec âme intérieure gazeuse pra,- tiquement uniforme et continue, on fila suivant l'invention, une viscose peu mûrie contenant un corps propre à former une "âme gazeuse à l'intérieur du textile, par exemple soit de l'air ou tout autre gaz neutre en sus pension ou dissolution, soit un corps suscep tible de former après filage, à l'intérieur du textile, ladite âme gazeuse.
Par viscose peu mûrie, il y a. lieu d'entendre une viscose à, point de sel élevé, c'est-à-dire, à point de sel supérieur < i 7. Il est bien entendu toutefois qu'il faudra dans le choix de la viscose à point de sel supérieur à la limite minimum de 7, tenir compte du diamètre du textile à obtenir. Ainsi, on obtiendra. des textiles arti ficiels creux brillants, formant des tubes ré guliers, en donnant à la viscose un mûrisse ment correspondant à un point de sel supé rieur à 7, au cas où l'on filerait de la fibre de 8 derniers.
Pour l'obtention de fibres de 4 derniers, dans les mêmes conditions opératoires, le point de sel de la viscose ne devra pas être infé rieur à 10.
Il est bien entendu que le procédé est général et s'applique quelle que soit la forme du textile creux à obtenir.