Procédé de fabrication<B>de</B> corps formés au moins partiellement de corne agglomérée sur elle-même et corps obtenu par ce procédé. La présente invention concerne un procédé de fabrication de corps formés au moins partiellement de corne agglomérée sur elle- même, par compression et chauffage de corne finement divisée, procédé suivant lequel la corne finement divisée, sèche en surface, mais possédant une hydratation interne voi sine de son hydratation organique naturelle, est soumise dans un moule<B>à</B> l'abri de l'air <B>à,</B> une pression élevée et<B>à.</B> un chauffage<B>à</B> une température d'au moins<B>13,0 ' C.</B>
L'invention se rapporte également<B>à,</B> un corps obtenu d'après ce procédé. Certaines publications techniques indi quent que l'on a, autrefois, confectionné des objets en ressoudant, par pression, les poudres ou les déchets de corne chauffés, mais on sait que, en réalité, les objets oh- tenus alors ne possédaient ni la consistance, ni surtourt la cohésion nécessaire; qu'ils de venaient rapidement fragiles ou friables et que ces objets imparfaits en tout, ont cessé depuis longtemps d'être fabriqués faute de l'avoir été dans les conditions voulues.
En fait, l'agglomération ou le moulage des poudres, raclures au copeaux de corne par l'action de la pression et de la chaleur n'ont, jusqu'à présent, été l'objet d'aucune réalisation industrielle réelle et durable, les conditions spéciales<B>à,</B> remplir pour cela, et qui sont<B>à</B> la base de la présente invention, étant restées inconnues.
Pour obtenir d'après le procédé selon l'invention des objets moulés cohérents,<B>à</B> base de corne, on traite<B>à</B> volonté les déchets du travail mécanique de la corne usuelle, les cornes de têtes, les cornes de pieds, c'est-à- dire les ongles ou sabots des bovidés, équidés et autres animaux cornés et ongulés.
Ces matières premières, après avoir été, s'il<B>y</B> a lieu, convenablement écorcées, net toyées, triées et au besoin dégraissées<B>à</B> l'eau chaude ou<B>à</B> la vapeur, sont réduites en pou dre ou en menus copeaux, si elles ne se trou- vent pas<B>déjà</B> pulvérisées ou finement divi sées par avance.
Les dimensions des copeaux et la grosseur des poudres<B>à</B> agglomérer comportent<U>un</U> as sez grande marge.
Par exemple, les copeaux peuvent avoir quelques dixièmes de millimètres d'épaisseur, ou mieux moins, et la poudre sera, de préfé rence, de finesse avancée.
Il est évident que la masse de corne<B>à</B> ag glomérer peut se composer d'un mélange de poudres et copeaux de dimensions inégales et d'origines très différentes.
Ces particules de corne, copeaux, raclures, sciures, poudres, seront, par la suite, désignées indistinctement par l'expression uniforme de poudre", de même que le terme ,corne" s'appliquera<B>à</B> toutes sortes de matières ani males cornées ou ongulées.
Les poudres de corne<B>à</B> agglomérer, d'a près l'invention, peuvent être préalablement teintées ou colorées, soit par traitement dans un bain de teinture, soit par mélange ou in corporation de substances pulvérulentes, pou dres de métaux, poudres minérales ou autres, appropriées sui-vaut l'objet.
En essayant de réaliser par compression et<B>à</B> chaud, l'agglomération effective et per- maneute de la poudre de corne sur elle-même, le demandeur a découvert les faits essentiels suivants- 10 La poudre -de corne pour s'agglomérer doit être exempte d'humidité adhérente ou incorporée, c'est-à-dire que les particules de corne doivent être, physiquement sèelies eu surface;
20 Si la corne<B>à</B> agglomérer a été chauf fée<B>à</B> l'air libre aux environs de<B>65 ' C</B> ou davantage, cette substance subit une déshy dratation organique d'autant plus complète que le chauffage a été plus prolongé ou plus élevé en température; cette déshydratation est naturellement activée dans le vide;
<B>30</B> Suivant qu'elle est partielle ou com plète, cette déshydratation diminue ou<B>dé-</B> truit la faculté que possède la poudre de corne sèche de s'agglomérer sur elle-même par pression et chauffage convenables, 40 Si la corne<B>à</B> agglomérer a été déshy dratée par un excès de chauffage, elle peut être réllydratée par digestion de la poudre dans l'eau chaude et elle reprend ainsi son pouvoir d'ao, lutination, après un séchage ZD9 conforme.
D'après ces principes, les poudres de corne, qui ont généralement subi l'action de l'eau, par accident, aux nettoyages,<B>à,</B> la teinture ou<B>à</B> la réhydratation (opération tou jours recommandable avec certains déchets de tabletterie) sont soigneusement séchées, de préférence le plus rapidement possible,<B>à</B> une température assez basse, pour ne pas en altérer l'hydratation organique.
On entend par hydratation organique l'hydratation naturelle de la poudre de corne qui est un produit d'origine animale et contient, par conséquent, toujours,<B>à</B> l'état normal, une certaine quantité d'eau de cons titution. Il s'agit, dans le procédé objet de l'invention, de conserver<B>à</B> la poudre de corne son hydratation organique, c'est-à-dire son hydratation interne, mais de supprimer com plètement l'humidité extérieure ou hydra tation physique qu'elle peut posséder par suite de son séjour<B>à</B> l'humidité ou de son trai tement<B>à</B> l'eau chaude ou autre en vue de lui réincorporer l'hydratation interne qu'elle pourrait avoir perdue précédemment<B>à</B> la suite d'un chauffage exagéré.
Il est avantageux pour ce séchage de les passer d'abord<B>à</B> l'essoreuse, puis dans un courant d'air dont la température soit d'en viron 40<B>à</B> 45<B>' C</B> ou<B>à</B> l'étuve<B>à</B> -vide vers <B>là ' C</B> ou de toute autre manière équivalente.
Les poudres ainsi préparées sont rendues propres<B>à</B> donner régulièrement des pièces moulées consistantes uniquement composées de corne réagglutinée.
On procède de préférence comme suit: Les poudres sont disposées dans un moule en métal résistant, comportant des moyens de chauffage et de refroidissement, puis soumi <I>ses</I><B>à</B> une pression assez élevée, par exemple <B>300 kg</B> par cm#, ou de préférence davantage et chauffées ensuite<B>à</B> une température d'en viron<B>130 à 150 ' C.</B> <B>Il</B> est<B>à</B> observer que ce chauffage ne doit avoir lieu qu'après la fermeture du moule et sous la pression, afin d'éviter la déshydra tation de la corne.
Pour faciliter le remplissage correct du moule, on procède au besoin<B>à</B> la préparation préalable d'une ébauche de la pièce, par sim ple compression de la poudre de corne, dans une forme où elle prend, par feutrage, une consistance suffisante pour être transférée d'un bloc dans le moule.
La durée de la pression de moulage, avec chauffage, varie naturellement avec l'épais seur des pièces. Elle sera, par exemple, d'une dizaine de minutes environ pour une épais seur de<B>6 à 8</B> mm et naturellement davantage pour des épaisseurs plus fortes.
Avant d'enlever la pression et d'ouvrir le moule, on refroidit suffisamment celui-ci pour éviter la déformation et l'altération de la pièce pour le démoulage et par l'action de l'air.
Les moules sont, de préférence, cliauf- fés par circulation de vapeur et ensuite re froidis par circulation d'eau.
Le produit moulé ainsi obtenu, composé de corne ao- lomérée sur elle-même peut t1g fournir de nombreux objets et articles de bonne tenue lorsqu'ils n'ont pas<B>à</B> subir le contact de l'eau,<U>comme</U> notamment certaines pièces et accessoires d'appareillage électri que,<B>à</B> la faveur des propriétés isolantes de cette corne pour les courants de tensions moyennement hautes.
Ces pièces et accessoires, comme tous autres objets d'utilité en cette matière, peu vent être recouverts de vernis appropriés pour en imperméabiliser et en protéger la surface et en augmenter au besoin le brillant.
Pour réaliser, par les mêmes moyens, avec les poudres de corne, une matière plus fluide au moulage, afin d'obtenir des saillies ou des creux plus accentués ou des formes plus déliées, ou pour préparer des objets pré sentant plus de résistance<B>à</B> l'action de l'eau et conservant mieux leur brillant et leur fi-ni, ou pour obtenir ces divers aïvantages <B>à</B> la fois, on peut ajouter<B>à</B> la poudre de corne sé chée, avant moulage, une certaine proportion de résine synthétique, comme la bakélite. c'est-à-dire du genre de celles obtenues par la polymérisation des phénols ou similaires.
Dans ces applications, la résine synthéti que ajoutée n'est pas destinée<B>à.</B> fonctionner comme agglomérant<B>à</B> l'égard de la corne, mais surtout comme plastifiant et comme imperméabilisa-nt. Ceci est vrai, d'une part, parce que la corne utilisée est une corne sa tisfaisant aux conditions exposées précédem ment, c'est-à-dire possédant son hydratation interne naturelle, mais, par contre, exempte de toute humidité externe, de sorte que cette corne est parfaitement capable de s'agglomé rer sur elle-même et, d'autre part, parce que la, résine synthétique n'étant jamais ajoutée qu'en faible proportion, elle ne suffirait pas<B>à</B> elle seule pour produire l'agglomération. En faible épaisseur, le composé ,corne-résine" est translucide.
Comme la corne seule, il peut être,<B>à</B> volonté, directement coloré ou nuancé par incorporation de tous colorants ou pig ments convenables.
Les proportions de résine synthétique<B>à</B> ajouter<B>à</B> la corne en poudre varient avec les formes et les qualités<B>à</B> donner aux objets<B>à</B> mouler.
<B>A</B> titre d'exemple: pour des moulages<B>à</B> saillies ou avec creux moyens, on mélange<B>8</B> parties de corne,<B>1</B> partie de résine synthéti que et<B>1</B> partie de poudre colorante comme l'ocre, l'outremer, etc., tandis que l'on prend avantageusement<B>7</B> parties de corne et<B>3</B> par ties de résine synthétique pour des pièces d'un moulage difficile ou devant présenter une meilleure résistance<B>à</B> l'eau, le colorant éventuel se plaQant en sus de ces proportions, qui sont évidemment variables suivant la ma tière<B>à</B> obtenir.
La résine synthétique peut naturellement être incorporée<B>à</B> la poudre de corne,<B>à</B> l'état liquide, en dissolution dans l'alcool.<B>Il</B> est alors nécessaire d'éliminer ce solvant, en<B>l'é-</B> vaporant<B>à</B> basse température avant le mou lage. Il est préférable d'ajouter la résine sous forme solide que l'on mélange intimement<B>à</B> la poudre de corne sèche;<B>à</B> cette fin, par exemple, la résine synthétique, grossière ment mélangée<B>à</B> la poudre de corne, est en suite soigneusement triturée avec cette der nière jusqu'à incorportion suffisante.
Pour ces composés ,corne-résine", le<B>mou-</B> lage<B>-</B> et le démoulage peuvent avoir lieïu comme décrit précédemment pour la corne seule et, de préférence, après préparation d'une ébauche préalable.
Pour les pièces ou objets dont les formes n'exigent pas que la charge<B>à</B> mouler soit fluidifiée par addition de résine synthétique, mais qui ont besoin de conserver leur brillant ou être rendus résistants<B>à</B> l'eau, la résine donnant ce résultat peut être appliquée sen- lement en couche extérieure enveloppant la matière interne au lieu d'être incorporée<B>à</B> toute la masse.
Cette formation d'une couche superficielle continue, fortement chargée en résine synthé tique, peut être opérée au moment du mou lage, en recouvrant préalablement le moule intérieurement d'une couche de résine synthé tique. La masse de corne, placée ensuite dans ce moule, est pressée, chauffée, refroidie et démoulée, comme précédemment décrit.
La couche de résine<B>à</B> appliquer ainsi est de préférence étendue sur les parois intérieu res du moule entier, sous forme de poudre, ou sous forme d'enduit, liquide ou pâteux, le solvant, dans ce cas, étant<B>à</B> évaporer avant de procéder au remplissage et au moulage.
La préparation de la couche ou enveloppe protectrice, riche en résine synthétique, peut encore être effectuée en saupoudrant de cette résine l'ébauche en corne préparée pour le moulage définitif.
Ainsi, l'addition de résine dans le mou lage de la corne en poudre, jouant deux rôles indépendants, on peut en ajouter plus ou moins ou pas du tout, dans la masse, suivant le degré de fluidité nécessaire aux reliefs ou formes des pièces, et appliquer néanmoins tout autour, dans chaque cas, une couche su perficielle particulièrement riche en résine synthétique que le même moulage transforme en une enveloppe ou écorce conservatrice et imperméable intimement liée<B>à</B> la masse.
En outre cette enveloppe, faisant corps, est capable d'un poli particulièrement bril lant et durable.
Le procédé -selon l'invention peut s'appli quer<B>à</B> la confection d'objets variés, tels que articules de tabletterie, poignées, manches. dos de brosses, boutons, boîtes, panneaux, ta-' blettes, socles et pièces di-verses pour l'appa reillage électrique et mécanique et autres usa ges, etc.
Il est naturellement possible de combiner di-versement et de pratiquer de façons variées les principes et les moyens d'exécution<B>dé-</B> crits, sans sortir de l'invention.
Ainsi, on peut inéorporer ou juxtaposer<B>à</B> la corne, dans les conditions et par les moyens décrits ci-dessus, des résines synthétiques au tres que celles provenant des phénols, telles que celles<B>à</B> base d'urée, lorsque, semblable- ment, ces autres résines possèdent la pro priété de durcir convenablement en se poly mérisant, sous l'influence du chauffage et de la pression.
Ces résines diverses et celles du genre bakélite, notamment, peuvent être incorpo rées dans la corne ou appliquées dessus, comme enveloppe, sous forme de poudre, après a-voir subi une certaine concentration et un commencement de polymérisation, par un premier chauffage assez prolongé aux envi rons de 120<B>' à</B> 12#,5 <B>' C,</B> par exemple, pour le genre bakélite.
Après refroidissement, ces résines se trou vent durcies et faciles<B>à</B> broyer. La poudre que l'on en retire est ainsi bien appropriée et particulièrement favorable aux opérations et aux diverses combinaisons de la résine et de la corne.
La température<B>à</B> appliquer, pendant le moulage, doit naturellement être appropriée <B>à</B> la nature et<B>à</B> Fétat de la résine associée<B>à</B> la corne, ainsi qu'à l'épaisseur de la, couche appliquée et il peut<B>y</B> avoir lieu, suivant les cas, de déterminer, par quelques essais préa lables, la tempéra-bure <B>à</B> préférer.
Sur ce point, pour des moulages compre nant une résine du genre bakélite, surtout lorsque la couche est un peu épaisse, il con vient de porter la température du moule aux environs de<B>160 à 170 ' C,</B> au lieu de rester <B>à</B> la température de<B>130 à 150 ' C</B> indiquée précédemment<B>à</B> titre d'exemple, pour le mou- laue de la corne seule. Du reste, ces chiffres indiquent des zones de température conve nables et non des limites rigoureuses.
On peut encore, lorsqu'on veut obtenir une pièce moulée présentant une résistance méca nique élevée, introduire au milieu des raclures de corne (additionnées ou non de résine) une armature ou carcasse métallique qui se trouve bloquée dans la masse après le moulage et dont la résistance s'ajoute<B>à</B> celle de la ma tière cornée qui constitue le corps de la pièce.
Cette armature, dont la forme est appro priée<B>à</B> celle de la pièce moulée ou<B>à</B> sa, des tination, sera, de ce fait, de disposition varia ble suivant les circonstances: elle pourra être formée, selon les cas, d'une feuille ou d'une bande (ou plusieurs) pleine, ou perforée, ou ondulée ou en spirale, ou constituer une âme grillagée, on un réseau, ou être tubulaire, etc., etc.
On peut de même fixer sur les pièces de coi-ne, au cours du moulage, toute garniture métallique extérieure ou des incrustations va riées.
On peut également adapter et fixer, au cours du moulage, des montures, des raccords et tous accessoires métalliques pour des as- semblables et autres utilisations.
On peut encore réunir ou assembler,<B>à</B> la pièce en corne, au cours du moulage, toute autre pièce interne, ou affleurante, ou fai sant saillie, composée de toute substance ca pable de supporter la température et la pres sion du moulage, etc., etc.
Pour réaliser, au mieux, le moulage d'une pièce en corne armée, il est préférable de pro céder d'abord<B>à</B> un premier serrage<B>à</B> froid de la charge<B>à</B> mouler, de façon<B>à</B> constituer une ébauche dans laquelle l'armature métalli- que se trouve convenablement noyée et fixée <B>à</B> sa place.
Cette ébauche est ensuite soumise au mou lage définitif, dans un moule chauffé et sous pression, le tout comme décrit précédemment.
Le moulage en deux stades: préparation d'une ébauche et cuisson finale sous pression. est également<B>à</B> préférer pour les autres ca., de réunions ou d'assemblaoes d'accessoires divers Zn en cours de moulage.