Procédé pour faciliter le démarrage d'un métier à tisser sans changer la chasse, et dispositif pour sa mise en aeuvre Il est bien connu que la difficulté de dé marrage d'un métier à tisser est due au fait que le premier lancement de la navette est plus faible que les lancements suivants. Cette diffi culté augmente encore lorsqu'on veut démar rer le métier avec le battant avancé.
Pour faciliter le démarrage des métiers, on a déjà proposé différentes solutions.
La première consiste à régler le mécanisme de lancement de la navette pour qu'il donne à celle-ci une yvitesse supérieure au minimum nécessaire en marche continue. On obtient ainsi que, malgré que le premier lancement soit effectué à moindre vitesse que les lance ments suivants, il sera néanmoins suffisant pour assurer le démarrage.
Cette solution, qui est très employée, est très simple car un tel réglage ne comporte aucune difficulté. Mais, par contre, cette solution présente l'inconvé nient d'augmenter l'usure de la navette, des taquets et d'autres accessoires par la vitesse relativement élevée de la navette lorsque le métier est en marche continue.
Si l'on tient compte que les métiers à tisser sont très souvent appelés à fonctionner 24 heures sur 24, on comprendra mieux les con séquences d'un tel inconvénient.
Une seconde solution également très em ployée consiste à reculer le battant de ma- nière à l'amener dans sa position extrême ar rière. Cette' opération préalable permet au mé tier dé démarrer plus facilement parce qu'on lui donne plus de temps pour arriver à la vi tesse de régime avant le premier lancement de la navette.
Néanmoins, si cette solution présente l'avan tage de ne pas exiger une vitesse trop élevée 'de la navette, elle présente l'inconvénient qui résulte de la perte du temps nécessaire, à cha que arrêt, pour reculer le battant. Considé rant qu'un seul tisserand contrôle plusieurs dizaines de métiers, on pourra également es timer la perte de temps qui peut résulter de cet inconvénient.
Certains constructeurs ont imaginé des mécanismes pour la mise automa tique en marche arrière mais, si cette solution épargne au tisserand l'effort physique pour as surer le retour du battant dans sa position ex trême arrière, elle n'apporte aucun remède à la perte de temps qui résulte de cette opération préalable au démarrage.
Une autre solution encore, également em ployée par certains constructeurs, consiste à caler sur l'organe de commande du métier un volant à grande inertie. Cette solution appa remment très simple présente néanmoins l'in convénient extrêmement sérieux d'accroître considérablement les efforts sur les organes de commande, ces efforts provoquant une usure prématurée des organes tels qu'engrenages, pa liers, portées des axes, etc.
De plus, pour qu'un tel volant soit vrai ment efficace, il est indispensable que celui-ci soit d'une très grande dimension et qu'il tourne à très grande vitesse afin d'être capable d'em magasiner assez de force vive pour qu'après le démarrage la perte de vitesse soit minime afin que le premier lancement s'effectue à une vitesse sensiblement égale à la vitesse des lan cements ultérieurs.
L'invention comprend un procédé et un dispositif pour sa mise en oeuvre, facilitant le démarrage d'un métier à tisser pratiquement sans changer la chasse, c'est-à-dire que la pre mière chasse ou chasse de démarrage soit pra tiquement la même que la chasse en marche normale du métier.
En effet, la titulaire a cons- tat6 que seul résout le problème du démarrage du métier le procédé, respectivement le dispo sitif, qui permet une assistance de l'organe de commande du métier lors du premier lance ment, mais qui annule progressivement cette assistance après le démarrage, dans de telles conditions que le premier lancement se fasse pratiquement dans les mêmes. conditions que les lancements pendant la marche continue du métier.
Selon le procédé que comprend l'inven tion, on assiste temporairement le moteur par une force d'inertie puis, après lancement de la navette, ôn annule progressivement ladite force d'inertie d'une telle manière que le lancement au démarrage soit sensiblement le même que- les lancements ultérieurs pendant la marche normale du métier.
Le dispositif que comprend aussi l'invention pour la mise en oeuvre de ce procédé, com porte au moins une masse d'inertie et, entre ladite masse d'inertie et une partie rotative du moteur, un lien tel que ladite masse d'inertie puisse assister le moteur jusqu'au lan cement de la navette, après quoi ladite masse d'inertie est progressivement mise hors ser vice.
Le dessin annexé représente, à titre d'exem ple;- une forme d'exécution du dispositif que comprend l'invention, tout en illustrant une mise en oeuvre du procédé que comprend aussi l'invention.
Les fig. 1 à 7 représentent différents oscil- logrammes ; la fig. 8 schématise "aussi sommairement que possible le procédé que comprend l'inven tion ; la fig. 9 est une demi-coupe suivant II-II de la fig. 10 et une demi-vue en élévation de ladite forme d'exécution du dispositif ; la fig. 10 est une vue en élévation du dis positif de la fig. 9, la moitié de la paroi anté rieure étant enlevée ;
les fig. 11, 12 et 13 schématisent trois po sitions caractéristiques du dispositif selon les fig. 9 et 10 ; la fig. 14 schématise une vue d'ensemble d'un métier équipé de ladite forme d'exécu tion du dispositif. Les oscillogrammes des fig. 1 à 7 ont été obtenus sur le vilebrequin d'un métier à tis ser de 112 cm d'empeignage tournant à une vitesse de 200 tours.
La fig. 1 représente l'oscillogramme d'un métier sans volant d'inertie. On' y voit les dif férentes vitesses instantanées du vilebrequin et aussi que les lancements s'effectuent aux points L, là où la vitesse est la plus réduite.
Cet oscillogramme indique aussi clairement les variations de vitesse de chaque tour de vile brequin. On constate, dès lors, que le métier, à chaque tour de vilebrequin, ralentit deux fois et accélère deux fois, ce qui est dû à la grande inertie du battant, lequel est animé d'un mouvement alternatif.
La fig. 2 représente un oscillogramme d'un métier équipé d'un volant d'inertie d'un mo ment d'inertie (PD2) de 0,300 kg2, lequel tourne à une vitesse de 1500 tours. Par cet oscillo- gramme, on remarque que les variations de vi tesse sont plus petites, la différence entre les vitesses maximum et minimum est, par consé quent, plus réduite.
Ces différences ne pour- raient tendre vers zéro qu'en envisageant un volant d'inertie d'une masse (PD2) infinie, ce qui donnerait l'oscillogramme idéal représenté à la fig. 3, c'est-à-dire approximativement une ligne droite, ce qui, évidemment, n'est pas réa lisable. Les oscillogrammes des fig. 1 et 2 ont été pris sur un métier en marche normale.
Dans les fig. 4, 5 et 6, on a représenté les oscillogrammes pris en partant d'un métier à l'arrêt, le battant. à mi-course. Ces oscillogram- mes représentent la vitesse instantanée du vile brequin en partant de zéro jusqu'à la marche normale, ce respectivement pour les trois cas envisagés dans les fig. 1, 2 et 3.
Ainsi, la fig. 4 se rapporte à un métier équipé d'un moteur sans volant sur lequel on remarque que le point Ll représente le point du premier lancement.
On constate qu'à ce moment, la vitesse est sensiblement moindre que celle aux points L2, <I>L3,</I> etc., qui sont les autres points des lance ments successifs de la navette. On voit donc aussi clairement que, partant, comme dit précédemment, avec le battant à mi course, la première chasse, c'est-à-dire le pre mier lancement, sera trop faible et la navette butera ou n'atteindra pas le fond de la boîte, étant ainsi susceptible de provoquer des dé gâts.
La fig. 5 représente l'oscillogramme pris dans les mêmes conditions mais sur un mé tier équipé d'un moteur pourvu d'un volant d'inertie d'un moment d'inertie (PD2) de 0,300 kg2.
Dans cet oscillogramme, on constate égale ment que la première chasse, point Ll, est faite à vitesse moindre que les chasses succes sives aux points<I>L2, L3,</I> etc. Néanmoins, la différence est moindre.
La fig. 6 représente l'oscillogramme que donnerait le démarrage d'un métier avec un volant de masse infinie.
Dans cette éventualité, la première chasse serait évidemment faite à la même vitesse que les autres. La fig. 7 représente la superposition des oscillogrammes des fig. 4 et 5. Cette superposition permet de bien faire comprendre, à la fois, le problème posé et la solution qu'il apporte.
En effet, on constate que, lorsqu'on appli que un volant d'inertie, la chasse se fait à plus grande vitesse qu'en l'absence de volant. Il en résulte que, si l'on veut obtenir avec un volant la même intensité qu'en l'absence d'un volant, il faut changer le réglage du mécanisme de lan cement afin de rendre la chasse moins forte.
De plus, malgré que la première chasse dans un métier équipé d'un moteur avec volant d'inertie est plus forte que dans un métier équi pé d'un moteur sans volant, cette augmenta tion est illusoire car il faut, comme il a été éta bli précédemment, pour atteindre un bon ré sultat, que la première chasse soit identique aux chasses ultérieures. Il en résulte que, par tant de là, la première chasse, par le truche ment d'un volant, se faisant à vitesse plus éle vée, les autres chasses se feront également à vitesse plus élevée en sorte que la différence de vitesse entre la première et les chasses ulté rieures reste sensiblement la même.
Le peu de gain que l'on réalise peut se constater dans l'hypothèse d'un volant de masse infinie où l'on constate que la première chasse est identi que aux autres.
En conclusion, on doit admettre que, jus qu'à présent, on n'a pas trouvé de solution sa tisfaisante au problème du démarrage. En ef fet, l'une des solutions proposées antérieure ment entraîne une usure anormale des navettes, taquets et accessoires ; une autre solution en traîne une perte de temps et une réduction sensible de la productivité et la seule solution qui donnerait des résultats est utopique, puis qu'elle est basée sur l'emploi d'un volant de masse infinie. .
Enfin, l'emploi d'un volant raisonnable, tout en apportant une aide à la chasse, est, d'une part, insuffisant et, d'autre part, entraîne également une usure plus grande des organes de commande par les pressions élevées qui sont de 3 à 4 fois supérieures pour un volant d'un moment d'inertie (PD2) de 0,300 kg2. On comprendra ainsi beaucoup mieux le caractère original du procédé et du dispositif que comprend l'invention.
Dans une mise en oeuvre du procédé sché matisée à la fig. 8, on introduit, au démarrage, une masse d'inertie capable d'assister momen tanément le moteur, cette masse étant progres sivement réduite, jusqu'à être mise hors d'ac tion après ledit démarrage. A cet effet, une masse d'inertie 1 est reliée à l'axe 2 du moteur pâr des ressorts radiaux 3-4.
La masse d'iner tie 1 comporte une ouverture centrale 5 et deux mortaises diamétralement opposées 6-7 ; de l'axe 2 du moteur sont solidaires deux te nons, diamétralement opposés, 8-9, se dépla çant, respectivement, dans les deux susdites mortaises 6-7. Normalement, le moteur en traîne la masse d'inertie 1 formant volant, en sorte qu'au moment du démarrage du métier, ledit volant assiste ledit moteur. Néanmoins, lorsque ce dernier est sollicité par les forces de résistance, il se trouve automatiquement désolidarisé dudit volant 1, celui-ci n'étant en tramé que par les ressorts 3-4.
L'absence de tout lien rigide entre la masse d'inertie 1 et l'axe 2 du moteur enlève à ladite masse d'i nertie pratiquement toute son efficacité.
On peut réaliser les masses d'inertie et les liens particuliers entre celles-ci et l'axe du mo teur de manières éminemment variables. Les fig. 9 à 13 représentent une forme d'exécution préférée du dispositif pour la mise en #uvre du procédé.
Sur l'axe 2 du moteur est fermement calé, par l'intermédiaire d'un écrou de blocage 10, un plateau léger 11, com portant un moyeu 12 et, le long de sa p6riphé- rïe, un certain nombre d'ergots équidistants 13 dont l'axe longitudinal de chacun d'eux est parallèle à l'axe du moteur. Sur ledit moyeu 12, par l'intermédiaire de roulements 14, prend appui un volant 1 sur lequel sont fixés, équi distants, des ergots 15 dont la partie saillante est sensiblement la même que celle desdits er gots 13.
Une courroie sans fin 16 prend appui sur tous lesdits ergots 13 et 15 en passant alter nativement autour d'un ergot 13 puis autour d'un ergot 15, réalisant ainsi, au repos, une disposition en étoile telle que représentée à la fig. 10. Ladite courroie est très lâche de ma nière à permettre un mouvement relatif d'os- cillation entre le volant d'inertie 1 et le pla teau léger 11 solidaire de l'axe 2 du moteur.
Lorsque le moteur tourne à vide, c'est-à-dire avant le démarrage du métier, le volant d'iner tie 1 est entraîné. fermement par la liaison re lativement rigide qui s'établit avec l'axe 2 du moteur par le plateau léger 11 et la courroie 16. Dès lors, au moment du démarrage, ledit volant d'inertie 1 assiste le moteur pour vain cre les efforts de résistance du métier, quelle que soit la position dans laquelle celui-ci a été immobilisé. Au contraire, lorsque la navette a été lancée, c'est-à-dire sitôt après l'embrayage du métier, le moteur est sollicité par les ef forts de résistance et, en raison de la liaison particulière entre le volant d'inertie 1 et l'axe 2 du moteur,
ce dernier peut véritablement os ciller par rapport audit volant d'inertie 1, en sorte que, tout en tournant avec le volant d'iner tie, l'axe 2 du moteur oscille entre les positions schématisées aux fig. 12 et 13 ; pendant ce temps, la courroie 16, sollicitée par les effets de la force centrifuge, vient s'appliquer contre la paroi interne cylindrique du volant d'inertie 1. Ladite courroie 16 est empêchée de tom ber par un couvercle 17 fixé par l'intermé diaire de vis 18 sur certains desdits ergots 15.
Ces mouvements relatifs entre le plateau léger f1 et le volant d'inertie 1, ainsi que les positions très caractéristiques de la courroie 16 sont visuellement contrôlables au strobos cope. Dans d'autres formes d'exécution du dispo sitif, on pourrait utiliser plusieurs masses ou volants d'inertie et des moyens variables entre lesdites masses et l'axe du moteur, ces moyens pouvant être mécaniques, électriques, pneu matiques, hydrauliques, ou toute combinaison de ces moyens.
Généralement, le dispositif que comprend l'invention sera rapporté sur des moteurs préexistants, cependant qu'il est par faitement possible d'envisager la construction de- moteurs spéciaux dans lesquels le rotor se- rait combiné avec au moins une masse d'iner tie et un moyen de liaison adéquat en vue de créer une forme d'exécution du dispositif se lon l'invention.