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BREVET D'INVENTION.
"PERFECTIONNEMENTS A LA FABRICATION DES TISSUS ET ARTICLES D'HABILIEMENT"
Cette invention est relative à la fabrication de tissus raidis et d'articles faits de ces tissus et concerne spécialement (mais non exclusivement) la fabrication d'articles d'habillement raidis tels que les cols, manchettes, etc. rigides ou semi-rigides des chemises d'hommes.
Dans la fabrication de tissus raidis par une opération comprenant la fusion, le ramollissement ou l'union de l'acétate de cellulose ou d'un autre dérivé de la cellulose sous l'action de la chaleur et d'une pression, il avaitjusqu'à ce jour été considéré comme nécessaire que l'acétone ou un autre solvant organique volatil du dérivé cellulosique soit présent pendant cette opération. L'utilisation de liquides organiques volatils de ce genre est toutefois généralement désavantageuse parce qu'elle entraîne normalement l'application d'un dispositif propre à récupérer ou au moins éliminer les vapeurs du liquide organique. Si ce dispositif n'est pas prévu, le coût de l'opération est augmenté du coût du liquide
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organique et l'opération peut même être dangereuse pour la santé des personnes qui y prennent part.
Un des buts de la présente invention est d'éviter l'utilisation de liquides organiques volatils de ce genre dans la production de tissus et d'articles en tissus raidis.
Suivant la présente invention, le traitement par la chaleur et sous pression est effectué- en présence d'eau et d'un plastifiant du dérivé cellulosique. D'ordinaire, on appliquera ce traitement à.un assemblage de tissus comprenant, au moins, une couche intermédiaire contenant le dérivé cellulosique, cet assemblage contenant aussi un plastifiant du dérivé cellulosique et l'eau étant appliquée sur cet assemblage avant le traitement par la chaleur et la pression.
L'invention peut être réalisée de nombreuses façons qui diffèrent particulièrement en ce qui concerne la nature du tissu ou le nombre des tissus utilisés et la forme sous laquelle l'acétate de cellulose ou autre dérivé cellulosique est appliqué (poudre, pellicules, fils, filaments, etc.), pourvu qu'un plastifiant du dérivée cellulosique et de l'eau soient présents lorsqu'on applique la chaleur et la pression.
La présence de l'agent plastifiant peut être assurée d'une manière quelconque. Ainsi, on peut incorporer cet agent au dérivé cellulosique, quelle que soit la forme sous laquelle ce dérivé peut être présent, en l'incorporant à la solution de filage à l'aide de laquelle l'élément dérivé cellulosique est constitué ou en traitant ce dérivé, par projection, immersion ou autrement, à l'aide d'une dissolution du plastifiant dans un solvant volatil tel que le benzol et en permettant au solvant de s'évaporer. A titre d'alternative, on peut appliquer ou incorporer le plastifiant à des fibres non thermoplastiques que contient l'assemblage,
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auquel cas le plastifiant peut ou non être présent dans le dérivé cellulosique.
Les,plastifiants susceptibles d'être utilisés comprennent ceux qui sont solubles dans l'eau ainsi que ceux qui sont insolubles dans l'eau. Les solvants de point d'ébullition relativement élevé ou non volatils du dérivé cellulosique peuvent être appliqués comme plastifi ants. Des exemples de plastifiants convenables de l'acétate de cellulose sont les phtalates de diméthyle et de diéthyle, les tartrates de diéthyle et de dibutyle , la diacétine et la triacétine. La quantité de plastifiant présente est de préférence grande, par exemple de l'ordre de 40% à 150% ou'davantage du poids de l'acétate de cellulose présent.
Si l'acétate de cellulose est présent sous forme de fils, ou de filaments, il convient que le produit traité contienne au moins une couche d'un tissu qui, ou bien est fait entièrement de fils d'acétate de cellulose, ou bien est un tissu mixte contenant des fils d'acétate de cellulose alternant, que ce soit dans la chaîne, dans la trame ou dans les deux, avec des fils d'autres fibres d'une nature non thermoplastique, telles que le coton, la cellulose régénérée, le lin , la laine ou la soie, avec tout degré désiré d'alternance entre ces-deux,genres de fils. Par exemple, un, deux, trois fils d'acétate de cellulose ou davantage peuvent alterner avec un, deux, trois fils de coton ou d'autres fibres non thermoplastiques ou.davantage.
Dans un but de commodité, la chaîne peut être constituée par une telle alternance de fils d'acétate de cellulose et de fils d'autres fibres, alors que la trame peut être composée soit entièrement de fils d'acétate de cellulose de.ce genre, soit entièrement de fils d'autres fibres. Toutefois, la trame pourrait être constituée
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par une alternance de fils d'acétate de cellulose du genre en question et de fils d'autres fibres,auquel cas, si le tissu est fabriqué sur des métiers à tisser ordinaires , il sera préférable d'alterner les fils par deux ou multiple de deux.
Si on le désire, on peut utiliser un tissu dans lequel 1 un ou l'autre des fils élémentaires, chaîne ou trame, est composé exclusivement de fils d'acétate de cellulose et dont l'autre est composé de fils non thermoplastiques.
Au lieu d'utiliser un tissu proprement dit, on peut utiliser un tricot ou filet. De même, on peut utiliser un tissu dans lequel entrent des fils mixtes contenant à la fois des filaments d'acétate de cellulose et des fibres de coton ou d'une autre matière non thermoplastique.
On peut soumettre au procédé suivant l'invention une seule couche du tissu composé exclusivement de fils d'acétate de cellulose ou une seule couche de l'un quelconque des tissus précéder-ment décrits'qui contiennent à la fois des fils ou filaments d'acétate de cellulose et des fibres non thermoplastiques, ce qui permet d'obtenir des tissus relativement minces ayant le degré de raideur ou l'imperméabilité désirés. A titre d'alternative, on peut traiter 2,3,4 tissus contenant un plastifiant du dérivé cellulosique contenu dans ces tissus, ou davantage , par de l'eau et appliquer le traitement par la chaleur et la pression pour constituer un tissu composite.
Selon un autre mode de réalisation de l'invention, un ou plusieurs tissus composés exclusivement de fils non thermoplastiques tels que le coton, le lin, la cellulose reconstituée, la laine ou la soie et un ou plusieurs tissus composés exclusivement de fils d'acétate de cellulose ou d'un mélange de fibres d'acétate de cellulose et de fibres
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non thermoplastiques, comme précédemment décrit, peuvent être assemblés et traités par le présent procédé de façon qu'on obtienne un tissu composite constitué à l'aide d'une série de couches.
S'il s'agit de fabriquer un produit dans lequel toutes les couches sont unies, il est important, lorsque deux ou plus de deux couches de tissus composés exclusivement d'une matière non thermoplastique sont utilisées, qu'une couche au moins d'un tissu composé de fils d'acétate de cellulose ou en contenant soit intercalée entre deux couches d'un tissu non thermoplastique de ce genre. Un exemple d'un assemblage typique susceptible d'être utilisé pour un col ou une manchette rigide ou semi-rigide comprend deux couches de tissu de coton ou de lin unies à l'aide d'une couche intermédiaire d'un tissu constitué exclusivement par(ou contenant) des fils d'acétate de cellulose comme précédemment décrit, couche intermédiaire sur laquelle un plastifiant a été appliqué.
De même,on peut établir un tissu raidi comprenant trois couches de tissu non thermoplastiques et deux couches, alternant avec les précédentes, qui contiennent des fils d'acétate de cellulose et sur lesquelles un plastifiant a été appliqué.
Au lieu d'utiliser l'acétate de cellulose sous forme de fils ou de filaments, on peut l'utiliser sous d'autres formes, Ainsi, il peut être sous forme d'une matière en feuille telle qu'une pellicule de 0,0125 mm à 0,075 mm ou plus d'épaisseur, qu'on peut préparer en faisant couler une dissolution -- additionnée ou non d'un plastifiant -- d'acétate de cellulose dans un solvant volatil sur les surfaces polies de bandes, tambours, roues à fabriquer les films, etc. et en permettant l'évaporation du solvant volatil.
A titre d'alternative, des tissus de toute construction désirée et faits de fils de coton, cellulose reconstituée, lin, soie, laine ou autres fibres non thermoplastiques
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peuvent être imprégnés ou revêtus d'une solution d'acétate de cellulose.
La couche d'acétate de cellulose qui est intercalée entre les tissus peut être sous forme de poudre finement divisée avec laquelle peut ou non être mélangé intimement un plastifiant. Cette poudre peut être projetée par soufflage au pistolet ou autrement sur une ou plusieurs couches des tissus à unir et , si on le désire, on peut utiliser des gommes ou d'autres liants appropriés pour faire adhérer cette poudre aux tissus.
Suivant un autre mode de réalisation de l'invention, un tissu fait de fibres non thermoplastiques ou en contenant est revêtu ou imprégné d'un mélange intime de cellulose finement' divisée -- et le cas échéant de plastifiant -- et de liants ou agglutinants tels que la méthyl cellulose qui gonfle dans l'eau, la gomme adragante , la gomme arabique, etc., ce tissu étant alors intercalé entre deux ou plus de deux couches de tissu qui peuvent être composées exclusivement de fibres non thermoplastiques telles que le coton, le lin, la cellulose régénérée, la laine ou la soie.
Dans le qas de fils, pellicules ou tissus d'acéta- te de cellulose imprégnés de solutions d'acétate de cellulose, les de.poudre ou d'une des matières précédemment décrites et auxquels un plastifiant n'a pas été incorporé pendant la fabrication, ce plastifiant peut être ajouté à ces produits d'acétate de cellulose après qu'ils ont été fabriqués ou au tissu composé de fils non thermoplastiques auquel ils sont superpos és.
En vue d'augmenter l'opacité du produit final, ou de communiquer des effets de couleur spéciaux à ce produit, on peut incorporer à l'acétate de cellulose des pigments
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blancs finement divisés, tels que l'anhydride de titane ou l'oxyde d'antimoine, ou des pigments colorés, tels que le noir de fumée.
En plus des cols et manchettes rigides ou semirigides susmentionnés, les pieds de cols ou devants de chemises d'hommes peuvent être faits du produit suivant l'invention et ce produit peut aussi être appliqué à la confection de chapeaux ou parties de chapeaux ou casquettes, telles que les bandes de protection contre la sueur et les visières. De même, le produit peut être utilisé pour constituer les garnitures internes des cravates, les manchettes des gants de sport ou analogues ou la matière de raidissage utilisée dans les garnitures de vêtements tels que les vestons pour les maintenir en forme. De plus, le produit peut être utilisé pour un grand nombre d'autres usages industriels et commerciaux dans lesquels on a besoin d'un tissu de rigidité et (ou) d'imperméabilité augmentés.
Les tissus utilisés peuvent être coupés, si nécessaire, à toute forme désirée, avant l'union. De plus, avant d'unir les uns aux autres les tissus coupés, on peut, si on le désire, les manipuler sous forme d'un assemblage avant d'effectuer l'union. Ceci est particulièrement commode lorsqu'on confectionne un vêtement qui doit être raidi localement, par exemple une chemise munie de manchet- tes, d'un pied de col, d'un devant et (ou) d'un col rigides ou semi-rigides. Il est commode de coudre les uns aux autres les éléments de l'assemblage avant de soumettre le tout à l'action de la chaleur et de la pression de façon à éviter de coudre une matière rigide. pour obtenir une bonne adhérence, il convient que de l'eau soit présente pendant 1'application de la chaleur et de la pression suivant le présent procédé.
Dans
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le cas d'un assemblage de tissus.comportant une couche intermédiaire contenant de l'acétate de cellulose, Itappli- cation de l'eau peut être réalisée de toute manière appropriée, par exemple par immersion, projection à l'état divisé ou à l'aide d'une brosse. Une façon commode de mouil- ler l'assemblage consiste à le foularder avec l'eau. Si l'assemblage traité est composé de deux ou plus de deux tissus, il convient de mouiller d'eau les deux côtés de l'assemblage, car il est désirable que toutes les couches du tissu traité soient mouillées lorsqu'on applique la chaleur et la pression.
Après mouillage, on peut soumettre les tissus assemblés à l'action de la chaleur et de la pression de toute manière appropriée, par exemple en les repassant à chaud, en les faisant passer entre deux rouleaux de calandre dont l'un ou chacun est chauffé, ou en les pressant entre un rouleau et une plaque ou surface ou entre deux plaques ou surfaces, un ou chacun des organes presseurs étant convenablement chauffé. Le ou les organes presseurs chauffés peuvent être portés à toute température désirée, par exemple comprise entre 80 et 180 C ou davantage, et la pression exercée peut, par exemple, varier de 1 à 42 Kg par centimètre carré ou davantage.
La chaleur et la pression peuvent être appliquées localement, ce qui stobtient par exemple à l'aide de dispositifs munis de dessins, tels que : points, rayures, rectangles ou autres motifs géométriques ou floraux, en relief, ce qui permet d'obtenir de nouveaux effets. Comme seules les parties des tissus qui viennent se placer sous les parties en relief du dispositif sont soumises à la chaleur et à la pression, on obtient une union locale des tissus.
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En faisant en sorte que le plastifiant ne soit présent qu'aux endroits qui sont appelés à être unis, on évite l'union des autres parties lors du blanchissage subséquent. pour illuster l'invention, on en donnera ci-après l'exemple suivant :
Exemple
Sur un tissu composéexclusivement d'acétate de cellulose soluble dans l'acétone , on applique par projec- tion, immersion ou foulardage une dissolution de phtalate de diméthyle ou d'un autre plastifiant dans du benzol et laisse le benzol s'évaporer. La concentration de la solu- tion et la quantité qu'on en utilise sont telles que la quantité de plastifiant ajoutée représente 75% du poids du tissu d'acétate de cellulose.
On superpose alors deux couches de tissu de coton ou de lin wec une couche intercalée du tissu d'acétate de cellulose préparé comme ci-dessus. Au lieu d'utiliser pour la couche intermédiaire un tissu composé exclusive- ment de fils d'acétate de cellulose, on peut, si on le désire, utiliser un tissu contenant à la fois des fils d'acétate de cellulose et des fils de coton, disposés par exemple de l'une quelconque des façons précédemment décri- tes.
On mouille alors l'assemblage des deux côtés à l'aide d'eau, puis on le presse à l'aide d'un fer chaud ou d'une calandre pour constituer une matière raidie dans laquelle les tissus sont unis. De préférence, le chauffage et le pressage sont effectués sur les deux faces de l'en- semble. En réglant le degré de chauffage et de pression et (ou) par le choix du type de tissu utilisé et de la quantité d'acétate de cellulos.e présente et (ou) de la
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quantité de plastifiant présente, on peut régler le degré de raideur. En général, on obtient un tissu semi-rigide qui conserve sa raideur après des blanchissages répétés, de sorte qu'il n'est pas nécessaire d'avoir recours à de l'amidon ou à une matière analogue.
S'il stagit de fabriquer des cols ou manchettes ou des devants, garnitures, etc. qui sont destinés à être assujettis à des chemises ou autres pièces d'habillement, il est avantageux de couper l'assemblage de tissus à la forme désirée ou de le coudre à la chemise ou autre article avnt l'application de l'eau et l'application de la chaleur et de la pression, de façon que l'assemblage ne soit raidi et uni par le mouillage à l'eau et par l'application de la chaleur et de la pression qu'après que la chemise ou autre article a été terminé.
On a particulièrement décrit l'invention en se référant à l'acétate de cellulose, mois celui-ci peut être remplacé en tout ou en partie par d'autres dérivés de la cellulose, tels que les formate, propionate, butyrate ou autres esters organiques de la cellulose, ou par l'éthyl cellulose, la benzyl cellulose ou d'autres éthers de cellulose. Dans chaque cas, on choisira un plastifiant corvenable du dérivé cellulosique particulier.