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"Procédé pour le désaérage de solutions d'albumine de haute viscosité'*
Les solutions à filer qui sont utilisées dans les procédés connus de filage humide, possèdent, à la température ambiante, des viscosités d'environ 30 à 50 poises Ces solutions doivent être très soigneusement désaérées, si l'on veut assurer une sécuri- té suffisante du processus de filage* Lorsque la solution à filer contient de petites bulles d'air, celles'-'ci provoquent une rupture du fil au cours du filage et, de ce fait, elles sont non seulement cause de perturbations du travail, mais portent aussi préjudice à la qualité du produit obtenu.
Le désaérage de telles solutions réussit relativement aisé- ment lorsqu'on le laisse se produire de lui-même dans le vide, à des températures de 0 à 20 C Les bulles d'air, qui se dilatent fortement par suite de la production du vide, montent à la surface au bout d'un temps variant de quelques heures à quelques jours, et éclatent à la surface.
Pour le filage à sec de solutions d'albumine, il faut toute- fois employer des masses d'une ténacité ou viscosité beaucoup plus grande que pour le filage humide* A la température de filage, de telles solutions possèdent des viscosités d'environ 500 à 2000 poises. Etant donné que l'on opère avantageusement le filage à température élevée, les solutions à filer possèdent des viscosités de plusieurs milliers de poises à la température ambiante*
De telles solutions ne peuvent pas être désaérées de la manière habituellement appliquée pour le filage humide.
Par suite
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de la viscosité excessivement élevée des solutions, il est absolu- ment impossible aux bulles d'air de remonter dans la masse endéans des laps de temps pratiquement admissibles, même si l'on applique un vide important.
Lorsqu'on chauffe les solutions à des températures élevées en vue de réduire la viscosité, et que l'on essaie alors d'appli- quer le vide, on constate qu'il se forme bien des bulles dans ces solutions visqueuses, mais que la solution totale monte sous la forme de moussa dans la chaudière de désaérage et remplit celle-ci.
Il est donc impossible de réaliser le désaérage de cette manière.
On peut sans doute produire le désaérage si l'on fait agir un vide relativement faible pendant un temps très long sur les solutions., car dans ce cas il se forme bien de la mousse, mais celle-ci ne monte pas dans la chaudière jusqu'à l'ouverture d'évacuation par aspiration. Ce désaérage dure cependant extr&1ement longtemps et présente l'inconvénient que l'on doit continuellement surveiller la chaudière pour empêcher une montée indésirable de l'écume. On doit alors réduire le vide pour faire descendre l'écume. Cette surveillance exige donc un réglage constant de la chaudière et toute inattention peut provoquer très rapidement une perturbation du fonctionnement. En outre, cette manière d'agir exige des temps très longs, qui constituent une lourde charge pour l'exploitation pratique.
Il a maintenant été constaté que de telles solutions à haute viscosité peuvent être désaérées d'une façon étonnamment rapide et complète,, lorsqu'on les amène à température quelque peu plus élevée dans une chambre de désaérage, dans laquelle l'espace de vapeur au-dessus du liquide constitue un. multiple du volume du liquide, et qu'on laisse en même temps agir un vide élevé, Dans ces conditions, il ne se produit aucune montée de mousse. Il se forme bien une écume, mais celle-ci éclate rapidement, sans monter et sans salir la chaudière,
Il peut être avantageux de pousser le vide à un degré tel que la solution se met en ébullition modérée. Les petites bulles d'air existant initialement agissent alors comme amorces pour la formation de vapeur.
Dès que la dépression provoque le début de l'ébullition, les bulles d'air s'agrandissent par conséquent dans des proportions extraordinaires, par suite du développement de vapeur du solvant. Plus les bulles- d'air et vapeur peuvent être rendues grandes, plus vite elles éclatent lorsqu'elles arrivent à la surface et plus vite s'opère donc le désaérage.
La chaudière de désaérage est avantageusement pourvue d'un
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verre d'éclairage et d'une fenêtre-regard, afin de pouvoir observer le comportement de la solution. Lorsqu'on opère de la manière dé- cirte, il n'est pas nécessaire d régler le vide, ni de surveiller le désaérage, Le désaérage s'effectue très rapidement et complète- ment, et l'on obtient des,solutions qui se laissent filer sans in- convénient.
Plus l'élimination de l'air est avancée, plus la mousse a tendance à s'effondrer. La fin du désaérage est assez facile à cons- tater. A cet effet, on diminue quelque peu le vide, de façon que la température de la solution vient à se trouver au-dessous, de la température d'ébullition à la pression obtenue par le dit réglage.
Si la mousse s'effondre alors complètement et que la surface de la solution devient lisse, le désaérage est terminé,
Dans le procédé décrit, la durée du désaérage des solutions de haute viscosité varie de seulement 10 minutes à quelques heures au maximum, selon la viscosité et la teneur en air des solutions.
Dans le présent procédé, la formation de la vapeur de solvant est utilisée pour transporter hors de la solution l'air se trouvant dans la solution. On réalise donc un transport des bulles d'air à l'aide de vapeur de solvant, qui se forme par suite du vide élevé.
Pour la bonne réussite du procédé, il est toutefois nécessaire de disposer d'une grande chambre de vapeur, dans laquelle l'écume montant au début de l'opération peut s'étaler.
Deux exemples d'exécution feront mieux comprendre le pro- cédé selon l'invention.
Exemple 1.
10 kg d'une solution de casé inate de sodium, fabriquée en partant de caséine moulue et de lessive de soude, et présentant une teneur en caséine de 25% environ, sont chauffés à 500 dans une chaudière de désaérage qui a un volume de 60 litres et est pour- vue d'une fenêtres-regards On crée ensuite un vide élevé dans la chaudière. A une pression de 16 cm. Hg., la solution commence à bouillir* Au début, la mousse monte dans la chaudière, tandis que les bulles commencent à éclater à la surface Dans la même mesure que la mousse doit s'effondrer, on augmente le vide, notamment jusqu'à 11 cm. Hg. au bout de 10 minutes. Après ce temps, la so- lution est complètement désaérée, ce dont on peut se convaincre en diminuant le vide pendant peu de temps.
Exemple 2.
15 Kg. d'une solution de caséinate de sodium contenant 26% de caséine sont chauffés à 50 dans une chaudière de désaérage qui
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a un volune de 60 litres, tandis que l'on crée un vide de 14 cm. Hg dans la chaudière* La solution se met en ébullition lente. Au bout de 15 minutes, l'écume commence à s'effondrer. On augmente alors le vide jusque 10 cm. Hg. au cours d'un laps de temps de 50 minutes.
Après ce temps, l'essai prouve que la solution est complètement désaérée.
REVENDICATIONS.
EMI4.1
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1 - Procédé pour le désaérage de solutions d'albumine de haute viscosité devant être filéea à sec, dans lequel les solutions sont traitées dans le vide sous température élevée, caractérisé en ce que l'on soumet les solutions à un vide élevé dans des chau- dières de désaérage dont l'espace de vapeur constitue un multiple du volume de la solution.