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Procédé de préparation de liquides insecticides
Il est connu que les dérivés chlorés du phénol, notam- ment le pentachlorphénol, ont des propriétés insecticides très prononcées. On a déjà proposé certaines applications industriel- les, plus particulièrement pour la protection du bois et des objets de bois manufacturés contre les insectes rongeurs.
Les dérivés chlorés du phénol sont, dans ce but, utilisés en so- lutions diluées. Celles-ci peuvent être appliquées sur le bois par une méthode convenable, par exemple au pinceau ou au pistolet, ou le bois ou les objets de bois manufacturés peuvent y être trempés ou encore les solutions peuvent être utilisées dans une installation d'imprégnation. On utilise comme solvants des hydro- carbures liquides tels que le solvent-naphta, le white-spirit,
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le fuel oil, l'essence de pétrole ou de térébenthine. La solu- bilité des dérivés chlorés du phénol dans ces solvants est re- lativement faible, généralement de l'ordre de 5%.
La préparation des solutions au lieu même de leur utilisation n'est en général pas indiquée, à cause de la néces- sité de manipuler des composés inflammables sous de mauvaises conditions, impliquant le chauffage pour activer la dissolution.
Pour ces raisons, on s'est contenté jusqu'à présent de préparer les solutions dans l'usine et de les transporter sur le lieu d'utilisation. Il en résultait un déplacement de solutions fa- cilement inflammables, pauvres en substance active et suscepti- bles d'en perdre une partie par cristallisation en cas de baisse de la température pendant le voyage. Le transport de solutions contenant peu de substance active a en outre l'inconvénient de déplacer en petites unités (bidons ou fûts) des solvants qui, pour d'autres emplois, ont été amenés sur place en unités de transport beaucoup plus grandes, comme c'est le cas pour les hydrocarbures liquides.
Il existe des solvants dans lesquels les dérivés chlorés du phénol sont plus solubles que dans les solvants considérés ci-dessus, tels que les alcools aliphatiques infé- rieurs. Mais ceux-ci sont trop volatils pour être employés dans les pays chauds ; part, leur pouvoir de dissolution est très faible vers 0 C, ce qui exclut leur emploi dans les régions froides.
La présente invention est relative à la préparation d'une solution de dérivés chlorés du phénol qui ne montre pas les inconvénients des solutions utilisées jusqu'à présent.
Cette solution est pratiquement ininflammable, elle est insen-
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sible au froid, miscible avec les hydrocarbures et dans l'eau, tout en étant beaucoup plus riche en substance active. Nous avons trouvé que l'alcool tétrahydrofurfurylique peut dissoudre facilement plus que son propre poids de dérivés chlorés du phénol, notamment de pentachlorphénol, et que la solution peut supporter des températures de -10 C sans montrer une tendance à la cristallisation. La tension de vapeur de cet alcool n'est que de 5 mm Hg à 55 C; il est donc très peu volatil. Son point d'in- flammation, déterminé d'après la méthode A. B.S. 52. 13 au creuset ouvert, se situe à 80 C; il est donc difficilement inflammable.
On obtient ainsi des solutions très riches en principe actif; elles sont ininflammables, insensibles au froid, miscibles dans les hydrocarbures et dans l'eau. On peut y ajouter d'autres substances, telles que des diluants, des plastifiants, des ver- nis cellulosiques ou glycérophtaliques sans provoquer l'appari- tion d'un trouble.
A cause de la volatilité réduite de l'alcool tétra- hydrofurfurylique, le dérivé chloré du phénol n'a pas tendance à la cristallisation et les solutions diluées ne représenteront pas d'efflorescence lors de l'application. Tout danger à ce su- jet peut être écarté par addition à la solution d'une faible quantité d'un plastifiant soluble dans l'alcool tétrahydrofur- furylique, tel que le phtalate de butyle.
Les solutions concentrées contenant environ 50% de substance active dissoute dans l'alcool tétrahydrofurfurylique ainsi que des adjuvants éventuels, représentent pour les prépa- rations de dérivés chlorés du phénol une forme de transport par- ticulièrement économique et exempte de danger d'incendie.
A l'endroit de l'utilisation, la solution concentrée est diluée avec des hydrocarbures dérivés du pétrole ou du goudron.
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On obtient immédiatement une solution claire contenant environ 5% de principe actif et convenant notamment pour le traitement du bois industriel dans n'importe quel état de transformation à partir de l'arbre abattu dans la forêt. Il est évident que la solution diluée, appliquée avant la peinture ou le vernissage, peut aussi servir à la protection des objets de bois manufactu- rés contre les insectes rongeurs.
La solution concentrée de dérivés chlorés du phénol dans l'alcool tétrahydrofurfurylique présente en outre l'avan- tage d'être compatible avec un grand nombre de matières cou- ramment employées dans la fabrication des peintures et vernis, telles que la nitrocellulose, l'acétate de cellulose, l'éthyl- cellulose, les esters de cellophane, la colophane, la gomme laque, les résines glycéro-phtalique et phénolique; elle est miscible également avec l'huile de lin et l'huile de soya standolisée. Il en résulte la possibilité de préparer des pein- tures et vernis insecticides convenant pour la protection des objets en bois.
Les exemples qui suivent donnent des précisions sur la nature de la présente invention, mais ne la limitent en aucune façon.
Exemple 1.
On dissout 50 parties de pentachlorphénol dans 50 parties d'alcool tétrahydrofurfurylique en chauffant pour ac- tiver la dissolution. On obtient une solution qui supporte des températures de -10 C, qui se mélange en toutes propor- tions avec des solvants organiques, notamment avec des hydro- carbures.
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Exemple 2.
On mélange 50 parties de pentachlorphénol, 40 parties d'alcool tétrahydrofurfurylique et 10 parties de phtalate de batyle. Par chauffage, on obtient une solution claire qui peut être refroidie à 0 C sans cristallisation. Après dilu- tion convenable, elle donne un insecticide ne laissant pas d'efflorescences.
Exemple 3.
On ajoute à une partie de la solution obtenue selon l'un des exemples précédents, 9 parties d'essence de pétrole ou de mazout. La dissolution est instantanée. On obtient un insecticide convenant particulièrement pour la protection du bois.
Exemple 4.
On prépare un vernis insecticide en ajoutant à 90 parties d'un vernis 10 parties de la solution concentrée de l'exemple 1. Cette dernière peut aussi être ajoutée à n'im- porte quel moment de la préparation du vernis. Ainsi, on dis- sout 36 parties de résine alkyde (par exemple glycérophtali- que), modifiée par 56% d'huile végétale siccative, dans un mélange de 54 parties de solvant pour vernis (par exemple un mélange de white-spirit, essence de térébenthine et de sol- vent-naphta) et de 10 parties de la solution à 50% de penta- chlorphénol dans l'alcool tétrahydrofurfurylique et on ajoute
1,8 partie de siccatif.
Selon le même principe, on peut aussi préparer des vernis cellulosiques et des peintures insecticides.