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Procédé de fabrication d'un revêtement de chaussée en goudron ou en béton empêchant la formation du verglas.
La formation de verglas sur la surface des chaussées en macadam et en béton constitue pour le trafic un danger bien connu,notamment lorsque la surface de la chaussée se trouve à une température inférieure au point de congélation, pendant qu'il pleut ou qu'une couche d'air très humide s'étend sur la chaussée.
On a par conséquent déjà essayé beaucoup de moyens pour empêcher la formation de verglas dans ces circonstances ou du moins pour empêcher le verglas de la chaussée en y répandant du sel ou du sable. Cet épandage réduit le danger de glissement, mais exige sur de grands parcours une somme considérable de travail et de
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temps. Il serait toutefois beaucoup plus efficace et avantageux d'employer des moyens qui empêcheraient dès le début la formation du verglas. Néanmoins, les moyens proposés dans ce but jusqu'ici se sont révélés peu économiques, et ont provoqué souvent une destruc- tion prématurée de la surface de béton par suite des réactions chimiques.
La présente invention concerne un procédé pour la production d'un revêtement de chaussée ou de trottoir, en macadam, émulsion de bitume et de goudron ou en béton de ciment, ou encore en un mélange de produits de goudron et de béton, où pour empêcher le verglas on ajoute au goudron de route ou au béton un anti-gel qui se compose d'une solution de sels dans de l'eau séparée par électro-osmose avec une valeur pH d'environ 9.
Pour obtenir un revêtement de chaussée en macadam suivant l'invention, où la formation de verglas est évitée, on commence par dissoudre un sel approprié, de préférence le chlorure de calcium dans de l'eau séparée par électro-osmose, qui présente une valeur pH de 9 environ. On chauffe alors la solution saline à une température d'environ 30 , on l'ajoute au goudron de route chaud et on la mélange intimement à celui-ci, après quoi on exécute la surface de la chaussée de la manière habituelle. De préférence, cette couche garantie contre le verglas est répandue sur une épaisseur de 30 à 40 mm. seulement, car l'expérience a montré que cette épaisseur est suffisante pour empêcher la formation du verglas.
Sur un tronçon d'essai comportant plusieurs bandes carrossables juxtaposées en macadam, pourvues d'une couche superficielle sui- vant l'invention, on a constaté l'action surprenante du procédé pendant les mois d'hiver. Dans les mêmes conditions, la chaussée qui avait été recouverte d'une couche anti-verglas suivant l'in- vention, est restée absolument exempte de verglas, même à des tem- pératures de l'air inférieures à -15 C, tandis que le verglas se produisait d'une façon répétée sur la chaussée normale.
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Lorsqu'on établit un revêtement de chaussée en béton suivant le procédé qui fait l'objet de l'invention on ajoute la solution saline au mélange habituel de ciment et des matières ad- ditionnelles dans la mélangeuse en agitant, après quoi on pose la couche de béton de la manière traditionnelle. Comme la solution saline attaque fortement les métaux, les récipients mélangeurs et les agitateurs doivent être en bois, en grès, ou leurs équiva- lents, ou doivent éventuellement être protégés d'une manière ap- propriée. L'action du produit suivant l'invention qui a pour effet d'empêcher la formation du verglas a différentes causes.
D'une part, la couche de revêtement établie d'après le procédé suivant l'invention, possède une grande conductibilité thermique, de telle sorte qu'il en résulte un réchauffement plus élevé de la couche de la chaussée ou de la terre qui se trouve en-dessous. D'autre part, l'absorption de la chaleur de l'air est plus élevée que pour les revêtements normaux de chaussées en macadam ou eribéton. Ceci a été observé nettement sur les tronçons de route déjà mentionnés qui ont servi à des essais ; couche de revêtement traitée par la so- lution saline prenait après durcissement la teinte foncée du goudron, tandis que la chaussée normale présentait un ton gris, ce qui avait pour effet une augmentation de l'absorption de chaleur par rayonnement comme l'a montré l'essai suivant.
Dans les mêmes conditions de rayonnement solaire et de température de l'air, la couche de revêtement suivant l'invention atteignit une température de 24 tandis que la couche de revêtement normal de la chaussée ne présentait qu'une température de 18 .
Après avoir humecté les deux revêtements de chaussée de quantités d'eau exactement les mêmes, on constata que, sur une surface de 1 mê de la couche de revêtement suivant l'invention, un litre d'eau se vaporisait sans laisser de trace en 40 minutes, tandis que sur le revêtement normal de la chaussée cette évaporation nécessitait 75 minutes.
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L'établissement d'un revêtement de chaussée en macadam ou en goudron d'âpres le procédé suivant l'invention, présente encore l'avantage de fixer l'eau de goudron de telle sorte qu'il ne peut pas se produire d'eau de transsudation ou de suintement sur la surface de la chaussée, ce qui provoquerait aussi la formation de verglas. La durée de durcissement ou de prise du goudron dans ce cas est aussi plus courte que lorsqu'on ap- plique le procédé usuel et en outre, le goudron après durcissement ne se ramollit que sous l'action de températures notablement plus élevées que d'habitude. Un autre avantage réside dans le fait que les tonneaux qui contiennent le goudron mélangé définitivement à la solution saline peuvent être chargés à l'air libre même en hiver, car l'eau fixée par l'addition de sel ne peut plus geler.
La solution saline est obtenue suivant l'invention au moyen d'eau séparée par électro-osmose sous une valeur pH de 8 à 10 avec addition de 10 à 15% en poids de chlorure de calcium, à l'état de poudre ou d'écailles, de 1 à 2% en poids de phosphate trisodique et d'environ 0,5% en poids de chlorure de sodium. Une valeur pH inférieure telle que 8 est plus avantageuse pour l'ad- dition de la solution saline à un produit de goudron, car un mé- lange parfait s'effectue ainsi plus rapidement. Le goudron doit de préférence être chauffé à 80 ; la solution saline est réchauffée au moins à 30 et ensuite mélangée au goudron. Le produit suivant l'invention peut être -employé pour tous les produits de goudron servant à la construction des routes pour empêcher d'une manière certaine la formation de verglas, même par des températures exté- rieures très basses.
Les résultats surprenants du procédé peuvent déjà être observés comme le montre l'exemple mentionné, lors d'une très faible addition de solution saline au goudron de route ou au mélange de ciment. L'action se maintient longtemps, probablement pendant plusieurs années, car une transformation chimique à l'intérieur du
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revêtement durci de la chaussée ne se fait qu'à une allure extrê- mement lente. Au bout d'un temps déterminé, on pose sur l'ancienne surface de la chaussée, d'ailleurs partiellement usée par la cir- culation pendant cet intervalle de temps, une nouvelle couche anti-verglas de faible épaisseur.
Le procédé est par conséquent très économique, étant donné qu'après le placement de la couche de revêtement suivant l'invention, la garantie d'obtenir une chaussée sans danger de verglas peut être assurée d'une façon cer- taine, comme l'ont montré les essais effectués jusqu'ici , sans nécessiter de travaux quelconques dans ce but.