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En règle générale, on obtient des fibres de filasse, par exem- ple de filasse de lin, en soumettant la matière première à une opéra- tion de rouissage bactériologique, les éléments ligneux pouvant ensuite être facilement séparés de la fibre par un traitement mécanique. Ce @ traitement ultérieur est très long et, pour cette raison, on a proposé de nombreux procédés, dans lesquel le rouissage biologique est rem- placé par un traitement au moyen de lessives alcalines telles que la lessive de soude, 1
Pratiquement, ce rouissage chimique n'est que peu employé ce qui peut être attribué au fait que la matière première ne se com- pose que de 1/7 de fibres environ qu que la lessive doit donc éliminer des quantités relativement importantes de matières étrangères.
D'autre part, il a été proposé de teiller la matière premiè- re non rouie car, de cette manière il est possible d'éliminer mécaniquement environ les 4/5 des éléments ligneux. Lorsqu'on tente d'éli- miner par la lessive les éléments ligneux restants de cette matière non rouie, mais teillée, on constate après élimination de la lessive, par rinçage, que les fibres ont une forte tendance à se coller lors du séchage de sorte qu'il devient trè difficile de les travailler. Le même $inconvénient se produit lorsque, en vue de faciliter le traite- ment, le lin non roui mais teillé, est amené à l'état de filé lâche avant le rouissage. De même, lors du traitement par les produits chi- miques usuels, les parties non fibreuses se transforment en matières visqueuses que l'on ne peut éliminer avec les dispositifs mécaniques ordinaires.
La présente invention permet d'obtenir des fibres filables de très bonne qualité à partir de fibres de filasse non rouies, mais teillées, en particulier à partir de fibres de lin, en soumettant la matière à l'action d'une lessive, en traitant la masse fibreuse mouil- lée, après l'élimination de la lessive, à l'aide d'un solvant organi- que de préférence miscible à l'eau et en faisant évaporer le solvant.
On a constaté qu'on obtient de cette manière une masse fibreuse, dans laquelle les fibres ne se collent 'jamais les unes aux autres mais res- tent peu cohérentes, de sorte qu'on peut les extraire de la matière traitée par un simple peignage, dans un état de très grande pureté.
Il ne reste plus aucune trace de la viscosité des résidus ligneux à éliminer et, au contraire, ces substances sont devenues très friables.
Cette matière fibreuse donne des tissus plus fins que lorsque les fibres non rouies sont tout d'abord filées et ensuite, rouies.
Pour le traitement à la lessive, on utilise de préférence une solution de soude à 10 % environ. La durée du traitement est entre autres fonction de la tempérture. On peut utiliser un traite- ment de courte durée à des températures élevées, ou un traitement de plus longue durée à des températures relativement faibles.
Pour l'extraction de l'eau de la matière traitée à la les- sive et, de préférence lavée, on peut utiliser divers solvants organi- ques miscibles à l'eau. Il convient d'effectuer à des températures relativement faibles le séchage nécessaire à l'évaporation du solvant afin d'éviter totalement le collage des fibres. Il est donc avantageux d'utiliser des solvants à bas point d'ébullition, par exemple le mé- thanol ou l'acétone.
Pour cette extraction de l'eau, onpeut cependant utiliser également des solvants miscibles à l'eau ayant un point d'ébullition plus élevé, par exemple l'éthanol, le propanol ou le diacétone alcool si la fraction du solvant restant dans la-matière après son élimina- tion mécanique est elle-même éliminée au moyen d'un solvant à bas point d'ébullition. Dans ce cas il n'est pas nécessaire que le solvant à
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bas point d'éb@llition soit miscible à l'eau. Pour remplacer le méthanol ou l'acétone, on peut dans ce cas employer également l'éther.
L'évaporation du solvant organique dans la matière fibreuse peut être effectuée d'une manière connue en soi. Par exemple, on peut faire passer un courant d'air chaud à travers la matière. De cet air, le solvant est ensuite récupéré par condensation. Si le traitement est conduit convenablement, les pertes en solvant sont tellement faibles qu'elles ne constituent aucun obstacle à l'application économique du procédé.
Eventuellement, le solvant peut etre évaporé dans le vide Dans ce cas, il n'est pas nécessaire d'utiliser des solvants à bas point d'ébullition mais, bien entendu, le risque de perte de solvant est alors plus grand.
D'après un mode de mise,en oeuvre de l'invention, la masse fibreuse, après le traitement à la lessive, est soumise à une opération de blanchiment par un agent oxydant, par exemple un hypochlorite, l'eau oxygénée, ou d'autres composés oxydants actifs. Dans ce but, on peut traiter la matière avec la solution de blanchiment une fois que l'excédent de lessive a été éliminé mécaniquement. Après ce traitement , l'alcali encore présent est neutralisé par un acide, par exemple l'acide chlorhydrique, l'acide sulfurique, ou par un gaz carbonique.
Une telle combinaison du traitement à la lessive, du blanchiment et de l'extraction permet d'obtenir des fibres d'une teinte très claire, de grande finesse et d'une excellente qualité. La fabrication est très économique, en particulier lorsque la lessive et l'hypochlori- te sont obtenus par électrolyse sur-les lieux du traitement même et que l'on peut utiliser la chaleur des vapeurs d'échappement et de l'eau de condensation. Par électrolyse du chlorure de sodium au moyen du procédé connu au mercure, le chlore obtenu peut être utilisé pour le blanchiment des fibres, tandis que l'acide chlorhydrique peut servir à la conversion des déchets ligneux en sucre que l'on peut utiliser dans l'industrie de conservation des fruits ou pour la nourriture des animaux.
Après le traitement par la lessive et, éventuellement, par un produit de blanchiment, la fibre est dans son ensemble alcaline.
L'alcali est alors neutralisé par des acides, par exemple l'acide chlorhydrique, l'acide sulfurique ou le gaz carbonique.
Le procédé convient en particulier au lin, mais on peut également l'utiliser pour d'autres fibres de filasse, pour lesquelles on envisage un rouissage.
L'exemple suivant fera bien comprendre comment l'invention peut être mise en oeuvre.
1 kg. de lin brut teillé est complètement immergé dans une solution de soude à 10 % (qui peut être obtenue par électrolyse d'une solution de chlorure de sodium ordinaire), on la laisse séjourner pendant 1/2 à 3/4 d'heure à la température d'ébullition. L'excédent de lessive est éliminé pér un traitement mécanique, par exemple une compression ou un essorage par centrifugation, et cet excédent est ramené dans le bain. La masse fibreuse, avec la lessive qu'elle a retenue, est introduite dans un bain d'eau dans lequel on introduit lentement du chlore.. Il se forme de l'hypochlorite de soude qui produit le blanchiment de la masse fibreuse. Apres blanchiment, la masse fibreuse est rincée. Les traces de lessive de soude restantes sont neutralisées par de l'acide chlorhydrique pu sulfurique.
L'excédent d'eau est ensuite éliminé par un traitement mécanique et la masse fibreuse est soumise à l'extraction par l'acétone, dans une proportion de 4 litres d'acétone pour 3 kg. de fibres mouil-
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lées. Ce traitement est répété trois fois,et l'acétone restée dans la masse fibreuse est ensuite éliminée par un courant d'air chaud.
De cet air l'acétone peut être récupérée par condensation, tandis que le mélange d'acétone et d'eau peut être soumis à la distillation fractionnée.
Les fibres séchées de cette manière sont alors prêtes pour le traitement mécanique consécutif, par exemple le peignage et le filage.