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Sels d'addition d'acides de dérivés N-acylés de la taurine ou de la glycine, leur préparation et leur utilisation
La présente invention a pour objet des sels d'addition d'acides de dérivés N-acylés de la taurine ou de la glycine, leur préparation et leur utilisation.
Selon un aspect, l'invention concerne un sel d'addition d'acide constitué par un anion de la taurine ou de la glycine dans lesquelles le groupe amino est substitué par le reste acyle d'un acide carboxylique dérivé d'un 3cc, 7#035,12#035-trihydroxystéroïde, et par un cation soit (a) d'une amine aliphatique, exempte de groupe carboxy, soit (b) d'un a-amino-acide comportant un groupe amino basique, ledit groupe amino basique étant séparé de l'atome de carbone portant le groupe carboxy et le groupe a-amino par l'intermédiaire d'un pont alkylène.
Ces composés seront désignés ci-après les sels d'addition d'acides de l'invention.
Selon un autre aspect, l'invention concerne un procédé de préparation d'un sel d'addition d'acide de l'invention, procédé selon lequel on fait réagir la taurine ou la glycine dans lesquelles le groupe amino est substitué par le reste acyle d'un acide carboxy-
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lique dérivé d'un 3ce, 7 (x, 12 (x-trihydroxystêroïde, avec soit (a) une amine aliphatique, exempte de groupe carboxy, soit (b) un a-amino-acide comportant un groupe amino basique, ledit groupe amino basique étant séparé de l'atome de carbone portant le groupe carboxy et le groupe a-amino par l'intermédiaire d'un pont alkylène.
L'amine aliphatique peut contenir par
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exemple de 1 à 10 atomes de carbone.
L'amine aliphatique peut comporter un ou plusieurs substituants autres que des groupes carboxy, mais de préférence elle est exempte de substituants.
Le cation du sel d'addition d'acide est de préférence celui dérivé d'un a-amino-acide. La basicité peut être procurée par le groupe amino supplémentaire.
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Le groupe amino basique peut être alkylé, par exemple par un ou deux groupes méthyle ou éthyle et peut donc être également présent sous forme de groupe amino secondaire ou tertiaire. Le pont alkylène séparant le groupe amino basique et l'atome de carbone auquel sont fixés le groupe carboxy et le groupe
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a-amino, contient de préférence 3 à 4 atomes de carbone, l'a-amino-acide pouvant être par exemple la lysine.
L'invention concerne spécialement les sels d'addition d'acides de la taurine ou de la glycine dans lesquelles le groupe amino est acylé par le reste acyle d'un acide carboxylique dérivé d'un 3a, 7a, 12a-trihydroxystéroïde, et d'un a-amino-acide comportant un groupe amino basique.
Les amides d'un acide carboxylique dérivé d'un 3a, 7a, 12a-trihydrostéroïde avec la taurine ou la glycine, sont généralement connus et décrits par exemple dans Kirk-Othmers Encyclopedia of Chemical Technology, seconde Edition, Vol. 3, pages 480-488, spécialement page 481, ou dans la demande de brevet européen nO 128 831.
Ils possèdent dans leur molécule la structure de base de formule I
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d'un stéroïde substitué par exemple en position 17 par un groupe alkyle en C4 saturé et ramifié ou par un groupe alkyle en Cv ramifié ayant 1 ou 2 liaisons insaturées, qui contiennent un groupe carbonyle (-CO-) lié sous forme d'un amide avec la taurine (-NH-CH2- CH-SOsH) ou avec la glycine (-NH-CH2-COOH). La
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structure de base comporte d'autres substituants dans d'autres positions, spécialement des groupes hydroxy et méthyle.
L'amide dérivé de la taurine ou de la glycine est de préférence l'acide taurocholique ou glycocholique.
Le procédé de l'invention peut être effectué selon les méthodes habituelles, par exemple pour la formation de sels.
Si nécessaire, on peut utiliser les dérivés réactifs de la taurine ou de la glycine et/ou de l'amine.
La réaction peut être considérée comme une neutralisation. Les sels d'addition d'acides de l'invention sont de préférence légèrement basiques.
Les sels d'addition d'acides sont préparés de préférence en faisant réagir la taurine ou la glycine, dont le groupe amino-est acylé par le reste de l'acide carboxylique, dans un solvant, de préférence un solvant polaire, par exemple l'eau, avec une amine aliphatique ou avec un a-amino-acide qui contient un groupe amino supplémentaire basique séparé de l'atome de carbone portant le groupe carboxy et le groupe a-amino par l'intermédiaire d'un pont alkylène, et le sel formé est ensuite récupéré.
La récupération du sel est effectuée de préférence par lyophilisation.
Un sel d'addition d'acide d'un ce-amino-acide avec la taurine conjuguée avec un acide carboxylique, en l'espèce le sel de l'acide mono [2- [ (3-alpha, 5beta, 7-alpha, 12-alpha)-3, 7, 12-tri-hydroxy-24-oxocholan- 24-yl] amino]-éthanesulfonique, ou acide taurocholique, avec la L-arginine est décrit dans la demande de brevet japonais nO 84141510 comme composant d'un mélange utilisé dans des préparations cosmétiques ou dans des
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compositions destinées à l'alimentation. Son utilisation comme excipient pour des médicaments n'est cependant ni décrite ni suggérée dans ce document.
L'invention concerne spécialement les sels d'addition d'acides de la taurine ou de la glycine conjuguées avec un acide carboxylique tel que décrit plus haut, avec l'a-amino-acide comportant un groupe amino basique et répondant à la formule, H2N- (CH2) 4CH (NH2)-COOH, ou lysine. La lysine peut être présente sous forme D ou L ou sous forme d'un mélange des deux formes, par exemple sous forme de racémique.
Les sels d'addition d'acides préférés de la lysine sont ceux dont l'anion répond à la formule II
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dans laquelle Rl signifie H ou OH et R2 signifie-CHz-COO ou - CH2-CH2-S03-'
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et le cation répond a la formule
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Dans la partie cationique, les groupes COOH et NH2 de la lysine se comportent comme habituellement dans les amino-acides, et peuvent former des sels internes (zwitterions).
De préférence, Ri signifie H et R2 signifie - CH2-CH2-S03-.
Dans les sels d'addition d'acides, la lysine peut être présente sous forme D ou L ou sous forme de mélange des deux, par exemple sous forme racémique.
Les acides taurocholique et glycocholique constituant les sels d'addition d'acides, peuvent être par exemple d'origine humaine ou animale ou préparés par synthèse.
Comme exemple de composé de l'invention on peut citer le sel d'addition d'acide de l'acide taurocholique avec la lysine.
Dans la demande de brevet allemand nO 3623 747 on décrit des acides 3a, 12-dihydroxy- tauro-ou glyco-cholaniques et leurs sels alcalins,
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qui, en position 7, portent un groupe ss-hydroxy ou en particulier un groupe 7ss-4'-aminobenzamido, ces compo- sés étant utilisés, en raison de leur structure spéciale, pour l'isolement sélectif et la caractérisation des protéines à partir de membranes biologiques. Ce document ne décrit pas des sels de ces acides avec des amines ou des a-amino-acides et ne mentionne aucune utilisation de ces composés comme excipients favorisant la résorption de peptides ou de protéines pharmacologiquement actifs.
Selon un autre aspect, l'invention concerne
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une composition pharmaceutique contenant au moins une substance pharmacologiquement active et un sel d'addition d'acide constitué par un anion de la taurine ou de la glycine dans lesquelles le groupe amino est substitué par le reste acyle d'un acide carboxylique dérivé d'un 3a, 7a, 12a-trihydroxystéroïde et par un cation d'une amine aliphatique exempte de groupe carboxy ou d'un a-amino-acide comportant un groupe amino basique.
Ces compositions sont désignées ci-après les compositions pharmaceutiques de l'invention.
On a maintenant trouvé de façon surprenante que de tels sels d'addition d'acides sont particulièrement utiles comme excipients dans les compositions pharmaceutiques contenant des substances actives, par exemple un peptide ou une protéine, et favorisent la résorption de ces substances actives.
Selon un autre aspect, l'invention concerne un tel sel d'addition d'acide, par exemple un sel d'addition d'acide de l'invention, en tant qu'excipient ou pour l'utilisation comme excipient dans des compositions pharmaceutiques contenant au moins une substance active, en particulier un peptide ou une protéine.
Les compositions pharmaceutiques de l'invention peuvent être préparées selon les méthodes habituelles, en utilisant, si nécessaire, les excipients appropriés par exemple pour une administration par voie orale, rectale ou nasale.
De telles compositions peuvent être avantageusement préparées selon les méthodes habituelles et peuvent se présenter par exemple sous forme de gélules, de capsules, de comprimés, de suppositoires, de poudres dispersables, de sirops, d'élixirs, de suspensions ou de solutions destinées par exemple à une administration par voie entérale. Les diluants ou véhicules pharmaceutiques appropriés sont décrits dans les exemples ci-
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après. Il peut s'agir, par exemple d'eau, d'huiles ou de cires durcies, de lactose ainsi que d'agents de conservation, d'agents de suspension, d'agents mouillants, d'agents de granulation et de désintégration, de liants, d'agents lubrifiants, permettant d'obtenir une préparation pharmaceutique d'un goût agréable au palais.
Les compositions destinées à l'inhalation peuvent être préparées selon les méthodes habituelles, et se présenter par exemple sous une forme destinée à être utilisée dans un système de pulvérisation. Les doses unitaires peuvent être fournies par un système de valve libérant une dose déterminée. Les compositions pharmaceutiques de l'invention sont avantageusement destinées à une administration par voie nasale. On a trouvé que le chlorure de sodium est un excipient particulièrement intéressant pour des compositions nasales aqueuses, par exemple en une quantité comprise entre 1 et 15 mg/ml.
Les compositions pharmaceutiques de l'invention se présentent avantageusement sous forme de doses unitaires contenant chacune par exemple d'environ 0, 1 à environ 100 mg de sel d'addition d'acide, la quantité exacte dépendant par exemple de la substance active et du mode d'administration. Le rapport pondéral du sel d'addition d'acide à la substance active est compris avantageusement entre environ 1 : 1 et environ 1 : 5000.
Dans les compositions pharmaceutiques de l'invention, les a-amino-acides comportant un groupe amino basique peuvent être présents sous forme D ou L ou sous forme d'un mélange des deux formes optiquement actives, par exemple sous forme de racémique.
Outre les sels d'addition d'acides de la lysine tels que définis précédemment, dans les compositions pharmaceutiques de l'invention on peut également
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utiliser comme excipients les sels de l'arginine, de l'ornithine ou de la delta-oxylysine avec le dérivé N-acylé de la taurine ou de la glycine tel que défini précédemment. On préfère toutefois utiliser les sels d'addition d'acides de la lysine.
La dose exacte de substance pharmacologiquement active peut être déterminée selon les méthodes habituelles par des essais cliniques ou pratiqués sur des animaux. La dose peut par exemple être déterminée par des essais comparatifs de biodisponibilité avec d'autres formulations ayant un effet thérapeutique connu, la dose étant choisie pour donner, à l'état d'équilibre, des taux plasmatiques de médicaments identiques aux taux thérapeutiquement efficaces. En général, la dose de substance active est comprise entre environ 1/2 à environ 1/lOème de la dose de substance active d'une formulation comparable pour le même mode d'administration, mais exempte d'agent favorisant la résorption. Les doses indiquées de peptides sont comprises entre environ 2 microgrammes et environ 20 mg.
Les sels d'addtion d'acides de l'invention et ceux utilisés dans les compositions pharmaceutiques de l'invention sont utilisables non seulement en combinaison avec des composés peptidiques insolubles dans l'eau à poids moléculaire élevé, par exemple le Sandimmum R (cyclosporine A), mais de préférence également en combinaison avec des composés peptidiques de poids moléculaire inférieur, par exemple les somatostatines, comme la SMS, ou spécialement les calcitonines, par exemple la calcitonine de saumon.
Ils peuvent être utilisés comme excipients dans des compositions pharmaceutiques par exemple en une quantité comprise entre 0, 1 et 10% en poids, de préférence entre 0,7 et 1, 5% en poids.
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Les composés peptidiques ou protéiniques ayant un poids moléculaire compris entre 1000 et 150 000 sont utilisés de préférence en combinaison avec les sels d'addition d'acides de l'invention.
Comme peptides physiologiquement actifs appropriés, on peut citer par exemple les hormones peptidiques telles que l'insuline, l'angiotensine, la vasopressine, la desmopressine, la felypressine, la protireline, l'hormone libérant l'hormone lutéinisante, la corticotropine, la prolactine, la somatropine, la thyrotropine, l'hormone lutéinisante, la cyclosporine A (Sandimmun R), la calcitonine, la somatostatine, la kallikréine, la parathyrine, le glucagon, l'oxytoxine, la gastrine, la sécrétine, la gonadotrophine sérique, l'hormone de croissance, l'érythropoïétine, l'urogastrone et la rénine ; comme protéines physiologiquement actives appropriées on peut citer l'interféron, l'interleukine, la transferrine, l'histaglobuline, la macrocortine et le facteur VIII de coagulation sanguine ;
les enzymes protéiniques telles que le lysozyme et l'urokinase ; les vaccins tels que le vaccin de la coqueluche acellulaire et cellulaire, le vaccin de la diphtérie, du tétanos et de la grippe ; les toxoïdes tels que le toxoïde diphtérique, tétanique et les toxoïdes du facteur favorisant la lymphocytose.
Parmi les polypeptides indiqués plus haut, les hormones peptidiques, les protéines physiologiquement actives et les vaccins sont préférés. Les hormones peptidiques sont spécialement préférées, en particulier les calcitonines, les somatostatines, l'insuline, l'hormone libérant l'hormone lutéinisante, la desmopressine, la vasopressine et l'oxytocine, les calcitonines et les somatostatines étant plus spécialement préférées.
L'expression"somatostatines"comprend les analogues et les dérivés de la somatostatine. Par
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dérivés et analogues, on entend des polypeptides linéaires, pontés ou cycliques dans lesquels un ou plusieurs restes d'amino-acides ont été supprimés et/ou remplacés par un ou plusieurs restes d'amino-acides et/ou dans lesquels un ou plusieurs groupes fonctionnels ont été remplacés par un ou plusieurs autres groupes fonctionnels et/ou dans lesuels un ou plusieurs groupes ont été remplacés par un ou plusieurs autres groupes isostériques. En général, l'expression couvre tous les dérivés modifiés d'un peptide biologiquement actif qui qualitativement ont un effet similaire à celui d'un peptide de la somatostatine non modifié.
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Les somatostatines préférées sont les suivantes : < -------------- ! a) (D) Phe-Cys-Phe- (D) Trp-Lys-Thr-Cys-Thr-ol (dénomination commune. Octréotide) 1 1 b) (D) Phe-Cys-Tyr- (D) Trp-Lys-Val-Cys-ThrNH2 , 1 c) (D) Phe-Cys-Tyr- (D) Trp-Lys-Val-Cys-TrpNH2 1 1 d) (D) Trp-Cys-Phe- (D) Trp-Lys-Thr-Cys-ThrNH2 e) (D) Phe-Cys-Phe- (D) Trp-Lys-Thr-Cys-ThrNH2 f) 3- (2- (Naphthyl) - (D) Ala-Cys-Tyr- (D) Trp-Lys-Val-Cys-ThrNH2 ) 1 g) (D) Phe-Cys-Tyr- (D) Trp-Lys-Val-Cys-ss-Nal-NH2 l h) 3- (2-naphthyl)-Ala-Cys-Tyr- (D) Trp-Lys-Val-Cys-j-Nal-NH2 1., i) (D) Phe-Cys-P-Nal- (D) Trp-Lys-Val-Cys-Thr-NH2 - Les autres somatostatines préférées sont les suivantes : 1 1 H-Cys-Phe-Phe- (D) Trp-Lys-Thr-Phe-Cys-OH (voir Vale et call., Metabolism, 27, Supp. 1, 139 (1978)).
Asn-Phe-Phe- (D) Trp-Lys-Thr-Phe-Gaba 1 t (voir le- brevet, : européen-'NO 1295 et la demande-de breveteuropéen No 78 100 994. 9) MeAla-Tyr- (D) Trp-Lys-Val-Phe 1 1
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(Voir Verber. et coll., Lifo Sciences, 34,1371-1378 (1984) e la demande de brevet européen No.'82106205. 6 (publiée sous le No. 70021) ccnnu comme cyclo (N-Me-Ala-Tyr-D-Trp-Lys-Val-Phe).
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1 NMePhe-His- (D) Trp-Lys-Val-Ala 1 1 (Voir R. F. Nutt et coll.., Klin. Wochenschr. (1986) 64 (Suppl. VII) 1 1 H-Cys-His-His-Phe-Phe- (D) Trp-Lys-Thr-Phe-Thr-Ser-Cys-OH (Voir brevet européen A 200 188).
Par l'expression"analogue", on entend également les dérivés correspondants comportant un reste glucidique.
Lorsque les somatostatines comportent un reste glucidique, ce dernier est couplé de préférence à un groupe amino N-terminal et/ou à au moins un groupe amino présent dans une chaîne latérale du peptide, plus préférablement à un groupe amino N-terminal. De tels composés et leur préparation sont décrits par exemple dans la demande internationale WO 88/02756.
Le composé connu particulièrement préféré est la N-[a-glucosyl- (1-4-désoxyfructosyl]-DPhe-Cys- Phe-DTrp-Lys-Thr-Cys-Thr-ol.
Les somatostatines sont appropriées pour l'utilisation dans le traitement de troubles ayant une étiologie comprenant ou associée à un excès de sécrétion de la GH, par exemple dans le traitement de l'acromégalie ainsi que dans le traitement du diabète sucré, et pour l'utilisation dans le traitement de troubles gastro-intestinaux, par exemple pour le traitement des ulcères, de la fistule entérocutanée et pancréaticocutanée, du syndrome du côlon irritable, du
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syndrome de dumping, des diarrhées aqueuses, de la pancréatite aiguë et des tumeurs gastro-intestinales productrices d'hormones (par exemple le vipome, le glucagonome, l'insulinome, les tumeurs carcinoïdes etc...) ainsi que des hémorragies gastro-intestinales.
Les calcitonines représentent une autre classe préférée de substances actives.
Les calcitonines constituent une classe connue de polypeptides à longue chaîne pharmacologiquement actifs ayant des effets pharmacologiques variés et connus. Cette classe ne concerne pas uniquement les calcitonines d'origine naturelle que l'on obtient par extraction telles que la calcitonine humaine, de saumon, de porc, de poulet et de vache, mais également divers dérivés et analogues préparés par synthèse tels que par exemple ceux dans lesquels un ou plusieurs restes d'amino-acides ou une ou plusieurs séquences d'amino-acides présents dans les produits naturels, ont été supprimés, remplacés, inversés ou modifiés d'une autre manière ou dans lesquels le reste N-terminal ou C-terminal est modifié.
Diverses calcitonines, par exemple la calcitonine humaine, de saumon et d'anguille telle que l'Elcatonine, sont disponibles dans le commerce et sont généralement utilisées par exemple pour le traitement de la maladie de Paget, de l'hypercalcémie et de l'ostéoporose.
Comme il est généralement connu pour les peptides, la mise au point de formes d'administration appropriées et efficaces de la calcitonine a également posé de nombreux problèmes. Etant des peptides, les calcitonines se décomposent facilement sous l'action des sucs gastriques après une administration par voie orale. En outre, elles passent difficilement à travers les muqueuses du corps, que ce soit dans l'estomac ou les intestins ou dans la bouche, le nez ou le rectum.
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Le brevet britannique 1 354 525 mentionne l'administration intranasale de calcitonine de poisson, par exemple de calcitonine de saumon, ainsi qu'une solution destinée à être utilisée comme gouttes intranasales ou spray intranasal, mais aucun détail exact n'est donné concernant une composition possible destinée à une utilisation par voie nasale. En outre, le document ne donne aucune indication sur l'utilisation d'un agent favorisant la résorption.
La Demanderesse a maintenant trouvé que lorsqu'on utilise les compositions pharmaceutiques de l'invention, le passage des substances actives, par exemple des peptides, à travers la muqueuse et par conséquent la biodisponibilité est comparable à celle obtenue en utilisant d'autres agents favorisant la résorption, par exemple le taurocholate de sodium, cette biodisponibilité étant améliorée en présence de chlorure de sodium. En outre, les nouveaux agents favorisant la résorption de l'invention ont l'avantage d'être mieux tolérés localement lorsque les compositions pharmaceutiques les contenant sont appliquées sur la muqueuse nasale. Ils ne provoquent pas d'irritation de la muqueuse et de baisse significative de la fréquence des battements ciliaires.
L'invention concerne donc également de tels sels d'addition d'acides en tant qu'excipients ou pour l'utilisation comme excipients dans une composition pharmaceutique appropriée pour le passage de peptides pharmacologiquement actifs à travers la muqueuse, et destinée de préférence pour l'administration par voie nasale. L'invention concerne également les compositions pharmaceutiques qui les contiennent.
Lorsqu'une application par voie nasale est désirée, les compositions pharmaceutiques peuvent se présenter sous forme de poudre ou de liquides spéciale-
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ment adaptés pour pouvoir être appliqués ensuite à l'aide d'un système de pulvérisation. De tels systèmes appropriés sont connus et comprennent les pulvérisateurs manuels et les bombes aérosol.
La dose de substance active, par exemple de composé peptidique à administrer à l'aide de la composition de l'invention, est bien sûr dépendante de la nature de la substance active, du type de maladie à traiter, de la dose désirée et du type d'effet souhaité.
Comme indiqué à l'exemple 4 ci-après, la biodisponibilité des calcitonines et spécialement de la calcitonine de saumon (obtenue en déterminant la concentration de substance active dans le plasma) après une application par voie nasale selon les enseignements de l'invention, est élevée et généralement supérieure de 400% aux valeurs déterminées après une application sans agent favorisant la résorption ou correspond à 67% de la biodisponibilité mesurée avec l'agent favorisant la résorption bien connu et cependant faiblement toléré, qui est de 600%. La dose à appliquer selon l'invention est dont environ 4 fois inférieure à la dose nécessaire pour un traitement sans agent favorisant la résorption.
Jusqu'à présent, des doses d'environ 10 à 400 UI de calcitonines ont été administrées avec une fréquence de 1 fois par jour à 3 fois par semaine, pour une application par voie nasale contenant un agent favorisant la résorption.
Pour une application par voie nasale selon les enseignements de l'invention, les doses nécessaires sont d'environ 10 à environ 400 UI, de préférence d'environ 50 à environ 200 UI à une fréquence d'environ 1 fois par jour à environ 3 fois par semaine. Les doses sont avantageusement administrées en une seule fois.
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Les doses indiquées peuvent également être administrées de manière fractionnée en 2 à 4 applications par jour, ce qui signifie que pour chaque administration les doses sont d'environ 2,5 à environ 200 UI, de préférence d'environ 12, 5 à environ 100 UI.
Le volume total d'une composition sous forme liquide destinée à une administration par voie nasale, est compris de préférence entre environ 0, 01 et 0,15 ml, spécialement d'environ 0, 1 ml, par exemple de 0,09 ml. Pour un volume de 0, 1 ml, les compositions de l'invention contiennent de préférence d'environ 10 à environ 400 UI, plus préférablement d'environ 50 à environ 400 UI de calcitonine, par exemple de calcitonine de saumon. Lorsqu'elles sont appliquées 2 à 4 fois par jour, les compositions pharmaceutiques selon l'invention contiennent d'environ 2,5 à environ 200 UI plus préférablement d'environ 2,5 à environ 200 UI de calcitonine pour 0, 1 ml.
Exemple l : Préparation du sel de lysine avec l'acide taurocholique :
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1. Préparation de l'acide taurocholique
On met en suspension 10 g d'une résine échangeuse de cation fortement acide dans 50 ml d'eau déminéralisée dans une colonne de chromato- graphie (longueur : 30 cm, diamètre 1 cm). On rince
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la résine avec de l'eau jusqu'à ce que le pH s'élève de 1, 0 à 6,0.
On dissout 3 g (0,0056 mole) de sel de sodium de l'acide taurocholique dans 50 ml d'eau déminéralisée et on verse la solution dans la colonne de chromatographie. On obtient une solution d'acide taurocholique. On lave la colonne avec 50 ml d'eau déminéralisée jusqu'à ce que le pH s'élève à 6 (neutre), ce qui donne une solution limpide incolore d'acide taurocholique dans 100 ml d'eau à pH 1, 0.
2. Préparation du sel de lysine avec l'acide taurocholique
On dissout 0,85 g (0,0058 mole) de L (-) lysine dans 100 ml d'eau déminéralisée.
Le pH de la solution est de 13-14. Sous agitation, on ajoute la solution de L (-)-lysine à la solution d'acide taurocholique, ce qui donne le sel.
Le titrage indique que tout l'acide a été transformé en sel.
On lyophilise la solution du sel pendant la nuit, ce qui donne une poudre blanche. Point de fusion = 80"C (frittage). Le produit se décompose à une température de 117 C.
Le pH d'une solution aqueuse O, lN est de
8,4. La lysine neutralise l'acide taurocholique considérablement plus fortement que NaOH.
(le pH d'une solution aqueuse O, lN de taurocholate
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de sodium est de 6,1).
1H-NMR (D2o) delta (ppm) : 4,04 (m, lH, CH-OH) ; 3,88 (m, lH, CH-OH) ; 3,69 (A, J = 7 Hz, 1H, CH-alpha de lysine) ; 3,57 (A, J = 7 Hz, 2H, CH2-NHCO) ; 3,49 (m, 1H, CH-OH) ; 3,07 (t, J = 7 Hz, 2H, CH2-S03-) ; 3,01 (t, J = 7 Hz, 2H, CH2-epsilon de lysine) ; 2,4-1, 05 (m, 28H, CH2
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et-CH of g, gamma, d-lysine et reste d'acide cholique ; 0, 98 (d, j= 7 Hz, 3H, CH3-CH du reste d'acide cholique) ; o, gi (s, 3H, C-CH3 du reste d'acide cholique) ; 0, 7 (s, 3H, C-CH3 du reste d'acide cholique).
IR (KBr) cml ; 3400 (S, H20) ; 3100-2800 (S, nu (-NH3+) ; 2070 (Y, delta as + deltatorsion (-NH3+) ; 1650 (s, delta as (NH3+) ; 1500 (m, nu., (-COO-) ; 1410 (m, nu, y (-COO- ; 1220-1150 (s, nuas (-SO3-) ; 1040 (M, nu, y (-SO3-). nu signifie la lettre grecque Exemple 2 :
Solution pour l'application par voie nasale
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<tb>
<tb> Calcitonine <SEP> de <SEP> saumon <SEP> 110 <SEP> UI <SEP> à <SEP> 4400 <SEP> UI
<tb> Citrate <SEP> de <SEP> sodium-dihydrate <SEP> 10, <SEP> 0 <SEP> mg
<tb> Acide <SEP> citrique <SEP> - <SEP> monohydrate <SEP> 10,0 <SEP> mg
<tb> Sel <SEP> de <SEP> la <SEP> lysine <SEP> avec <SEP> l'acide
<tb> taurocholique <SEP> 10, <SEP> 0 <SEP> mg
<tb> Sel <SEP> disodique <SEP> de <SEP> l'acide <SEP> éthylènediaminetétraacétique <SEP> 1, <SEP> 0 <SEP> mg
<tb> Chlorure <SEP> de <SEP> benzalkonium <SEP> 0,2 <SEP> mg
<tb> Eau <SEP> qsp <SEP> 1, <SEP> 0 <SEP> ml
<tb>
On met cette solution dans un pulvérisateur et on la pulvérise en une quantité de 0,09 ml par narine. (la quantité par narine est par exemple d'environ 10 UI).
A la place de la calcitonine de saumon d'autres polypeptides, par exemple d'autres calcito-
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nines peuvent être formulées en quantités allant par exemple jusqu'à 4400 UI par ml.
La somatostatine peut également être formulée de cette manière.
Exemple 3 : Solution pour une application par voie nasale
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<tb>
<tb> Calcitonine <SEP> de <SEP> saumon <SEP> 110 <SEP> UI <SEP> à <SEP> 4400 <SEP> UI
<tb> Chlorure <SEP> de <SEP> benzalkonium <SEP> 0, <SEP> 11 <SEP> mg
<tb> Chlorure <SEP> de <SEP> sodium <SEP> 8,5 <SEP> mg
<tb> Sel <SEP> de <SEP> la <SEP> lysine <SEP> avec <SEP> l'acide
<tb> taurocholique <SEP> 10, <SEP> 0 <SEP> mg
<tb> HCl <SEP> O, <SEP> lN <SEP> jusqu'à <SEP> pH <SEP> 3,7
<tb> Eau <SEP> qsp <SEP> 1, <SEP> 0 <SEP> ml
<tb>
sous atmosphère d'azote
On met la solution dans une ampoule. Elle est appropriée pour une application d'une quantité de 0,09 ml (la dose par narine est par exemple de 10 UI).
A la place de la calcitonine de saumon, on peut formuler d'autres polypeptides, par exemple d'autres calcitonines, en des quantités allant par exemple jusqu'à 4400 UI par ml.
Exemple 4 : a) On applique une dose de 100 UI de calcitonine de saumon par 0,09 ml d'une solution aqueuse selon l'exemple 2 et on la compare avec b) une dose identique d'une solution qui contient 1% en poids de taurocholate de sodium, un agent très efficace favorisant la résorption, à la place du sel de la lysine avec l'acide taurocholique, et avec c) la même dose d'une solution sans agent favorisant la résorption.
Les résultats sont indiqués sur la figure 1 et sont exprimés en milli-unités internationales de calcitonine de saumon par ml de plasma en fonction
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du temps en heures, les courbes a, b et c correspondant aux doses décrites ci-dessus. La concentration en médicament dans le plasma est mesurée selon la méthode de dosage radio-immunologique.
Les évaluations avec la calcitonine de saumon sont effectuées jusqu'à 6 heures après l'application.
Les doses sont appliquées sous des conditions comparables dans chaque narine de 3 singes rhésus, ce qui correspond à un total de 200 UI de calcitonine de saumon par animal soumis à l'essai.
On calcule la biodisponibilité 1 heure après la première application et on la rapporte à la solution de référence (c = 100%) :
EMI20.1
<tb>
<tb> a <SEP> b <SEP> c
<tb> 429% <SEP> 637% <SEP> 100%
<tb>
Les tolérances locales au cours de deux expériences 1 et 2 avec la composition a, et au cours d'une expérience avec la composition b et c, exprimées en Hz (Hertz), ont été déterminées par microphotooscillographie (après 28 jours d'application par voie nasale chez des cobayes).
On compare les résultats avec ceux obtenus avec les animaux non traités (témoins).
EMI20.2
<tb>
<tb> a <SEP> b <SEP> c <SEP> Témoins
<tb> 1. <SEP> 12,59 <SEP> Hz <SEP> 0,05 <SEP> 0 <SEP> 10,55 <SEP> 0, <SEP> 91 <SEP> 11,95 <SEP> 0,58
<tb> 2.11, <SEP> 60 <SEP> Hz <SEP> 1,30
<tb>
L'expérience est décrite en détail dans les articles suivants :
<Desc/Clms Page number 21>
Nasal brushing and measurement of ciliary béat frequency. An in vitro method for evaluating pharmacologic effects on human ciliary béat, par
Rutland J., Griffin W., Cole P. dans Chest 80,6 décembre 1981, supplément ;
Die Wirkung von Bronchospasmolytika auf die
Ciliarfrequenz in vitro, Nonietzko N., Kasparek R.,
Kellner U., Petro J. : Prax. Klin. Pneumol. 37, (1983) 904-906.
La fréquence des battements ciliaires n'a pas été modifiée avec la composition a de l'inven- tion et avec la composition c exempte d'agent favorisant la résorption. Les battements ciliaires ont été bloqués avec la composition c contenant un agent connu favorisant la résorption.
Conclusion :
La biodisponibilité de la calcitonine de saumon, lorsque celle-ci est appliquée en combinaison avec un agent selon l'invention favorisant la résorption, compte-tenu des variations biologiques normales, est aussi bonne que lorsqu'elle est appliquée en combinaison avec du taurocholate de sodium. L'agent favorisant la résorption de l'invention a l'avantage de présenter une excellente tolérance par rapport à cet autre agent favorisant la résorption, ce qui représente un progrès considérable.
Exemple 5 : Gélules pour une application par voie orale
EMI21.1
<tb>
<tb> Calcitonine <SEP> de <SEP> saumon <SEP> 0, <SEP> 1 <SEP> à <SEP> 20 <SEP> mg*
<tb> Sel <SEP> de <SEP> la <SEP> lysine <SEP> avec <SEP> l'acide
<tb> taurocholique <SEP> 50 <SEP> mg
<tb> Cellulose <SEP> microcrystalline <SEP> 100 <SEP> mg
<tb> Lactose <SEP> 50 <SEP> mg
<tb>
* 1 mg de calcitonine correspond à 4767 UI.
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Exemple 6 : Suppositoires pour une application par voie rectale
EMI22.1
<tb>
<tb> Calcitonine <SEP> de <SEP> saumon <SEP> 0,0692 <SEP> mg
<tb> Acide <SEP> citrique <SEP> anhydre <SEP> 0,78 <SEP> mg
<tb> Citrate <SEP> trisodique-dihydrate <SEP> 0,50 <SEP> mg
<tb> Mannitol <SEP> 48,651 <SEP> mg
<tb> Sel <SEP> de <SEP> la <SEP> lysine <SEP> avec <SEP> l'acide
<tb> Taurocholique <SEP> 30,0 <SEP> mg
<tb> Base <SEP> pour <SEP> suppositoire <SEP> A* <SEP> 1420,0 <SEP> mg
<tb> 1500,0 <SEP> mg
<tb>
* Witepsol R H. 12, un glycéride linéaire d'acide gras en Clo-Cie ; Point de fusion 32-33, 50, point de solidification 29-33 C, de la firme Dynamit Nobel,
République Fédérale d'Allemagne.