<Desc/Clms Page number 1>
Procédé d'amélioration de matières végétales.
Un grand nombre de parties végétales, telles que des fruits, des feuilles, des écorces, etc.. et de produits qui en sont obtenus, sont inutilisables pour des applications spé- ciales pour lesquelless elles .seraient appropriées en soi, car ils contiennent des éléments qui, par leur action physiologique, leur toxicité, par leur odeur, leur goût, etc.. sont nuisibles à l'application ou usage spécial ou l'interdisent. On connait de nombreux procédés pour améliorer et rendre utilisables les matières de ce genre, procédés par lesquels on a tenté de ré- soudre le:problème d'amélioration en éliminant, généralement par extraction, les éléments nuisibles de la matière.
La présente invention a pour objet un procédé qui
<Desc/Clms Page number 2>
résoud le problème en question d'après une méthode essen- tiellement différente. Elle consiste à amener les éléments ou composants indésirables, au sein de la matière végéta- le, dans un état dans lequel ils ne sont pas nuisibles pour les applications spéciales. De nombreuses expériences ont prouvé que l'on peut enlever leur caractère nuisible aux composants nuisibles au sein de la matière végétale, en les traitant avec des substances qui possèdent un groupe d'oxyde d'alcoylène.
L'action des oxydes d'alcoylènes peut .s'expliquer par le fait que les oxydes d'alcoylènes, qui possèdent un remarquable pouvoir de réaction, agissent d'une manière quelconque sur les corps qui sont les véhicules des pro- priétés nuisibles, et réagissent avec eux en formant de non - veaux corps d'une innocuité complète. Un avantage, entre autres, du nouveau procédé consiste aussi dans le fait que les composés dioxydes dàlcoylènes exercent leur action déjà à des températures relativement basses. On évite ainsi un grand inconvénient de beaucoup d'autres procédés d'amélio- ration, dans lesquels on est obligé d'appliquer des tempéra- tures auxquelles les composants précieux, tels que les hy- drates de carbone et l'albumine sont déjà altérés.
L'exécution du nouveau procédé est très simple.
On met la matière en contact intime, pendant un temps suf- fisant avec les composés d'oxydes d'alcoylènes gazeux ou liquides, en opérant d'une manière continue ou discontinue, en courant de même sens ou en courant contraire, sous la pres- sion ordinaire ou sous une pression élevée. Le cas échéant, on peut faire subir la matière -par exemple en vue de faciliter l'action- un traitement .préalable par des moyens tels qu'une désagrégation ou division, un séchage, un dégrais- sage, etc.. Après que l'oxyde d'alcoylène a exercé une action
<Desc/Clms Page number 3>
suffisant, on l'élimine. Le procédé est particulièrement simple si l'on emploie l'oxyde d'éthylène gazeux.
Un problème d'amélioration important connu du genre mentionné au début, est, par exemple, l'adouceisse- ment des lupins qui, malgré leur grande teneur en tarâtes de carbone et en albumine, ne peuvent pas être employées dans leur état originel comme fourrage. Dans les procédés d'adoucissement des lupins, proposés jusqu'à présent, la substance amère doit être éliminée aussi par la méthode d'extraction, généralement par traitement avec des solu- tions aqueuses, ce qui présente divers inconvénients.
C'est ainsi par exemple que les pertes en substance pré- cieuse sont de 15% au minimum . D'après le nouveau procé- dé, soit par- exemple par un traitement avec l'oxyde d'é- thylène, ces lupins peuvent être adoucis, c'est à dire être débarrassés de leur goût amer, d'une manière simple et facile et être transformés ainsi en un, fourrage pré- cieux.
On met en contact intime des graines de lupin moulues avec de l'oxyde d'éthylène gazeux. Dans ce cas, on opère, de préférence sous une pression élevée, et à cet effet, on amène loxyde d'éthylène à l'état liquide dans la chambre de réaction. Après une légère augmentation de la température, il se produit, sous vaporisation une élé- vation de la pression. Après que l'action est achevée, on débarrasse la matière adoucie des restes del'oxyde d'éthy- lène par le vide et éventuellement par un faible chauffage.
Le traitement par les oxydes d'alcoylènes peut être suivi d'un traitement complémentaire en vue d'une amé- lioration encore plus grande du produit ; c'est ainsi par exemple que, dans le cas où des restes d'oxyde d'alcoylèneo sont retenus dans la matière, des moyens spéciaux en vue de leur él.imination peuvent être nécessaires, et. à cet df- fet, on peut avoir recours à des procédés connus tels que l'action
<Desc/Clms Page number 4>
du vide, le passage de vapeurs ou de gaz, l'expulsion par des dissolvants, etc.. Dans le cas où la matière de départ contient de la graisse ou de l'huile, un traitement complé- mentaire d'une valeur spéciale consiste à soumettre lama- tière à une extraction d'après les procédés appropriés, connus en soi.
L'importance spéciale de ce traitement com- plémentaire ne consiste pas ou ne consiste pas seulement dans l'élimination de la graisse ou de l'huile. On a cons- taté, en effet, qu'avec la graisse ou l'huile, sont élimi- nées en même temps les substances nuisibles modifiées par l'oxyde d'alcoylène, tandis qu'il ne réussit pas ou ne réus- sit pas toujours d'extraire aussi de la matière originelle, sa la substance nuisible dans/forme originelle, avec la grais- se ou l'huile. Par un procédé combiné de ce genre,' on peut obtenir une amélioration particulièrement efficace ;toute- fois, l'extraction n'est absolument pas nécessaire dans tous les cas. Un autre avantage' de l'extraction consiste dans le fait que des restes éventuels d'oxydes d'alcoylènes sont alors éliminés également..
Lorsque, par exemple, les .lupins traités avec l'oxyde d'éthylène comme indiqué ci-dessus, étaient ulté- rieurement dégraissés au moyen de benzine, la dernière tra- ce de goût amer avait aussi disparu, L'analyse des produits finaux a aussi indiqué l'absence complète d'alcaloïdes. La présence de la substance nuisible dans le produit final n'a pu être révélée, ni dans son état originel, ni dans son état modifié.
Comme oxydes d'alcoylènes dans le sens du nouveau procédé, on doit entendre les corps qui possèdent au moins un groupe d'oxyde d'alcoylène, à savoir par exemple l'oxyde d'éthylène et ses homologues et des oxydes cycliques, tels que le tétrahydrobenzooxyde, en outre les dérivés de corps
<Desc/Clms Page number 5>
de ce genre, c'est à dire par exemple, ceux qui contiennent encore un ou plusieurs halogènes ou d'autres substituants, tels que l'épichlorhydrine, le glycide, etc.. Ces corps peuvent être employés isolément ou en mélange entre eux, ou avec addition d'autres corps inertes ou de; corps qui peu- vent également exercer une action de modification sur les composants nuisibles.
On peut aussi ajouter des catalyseurs en tant qu'ils ne sont pas nuisibles aux éléments précieux de la matière végétale ou à l'application en vue. L'amélio- ration d'après le procédé décrit est applicable aux matières végétales du genre indiqué au début, en tant que les véhi- cules des propristés nuisibles sont des corps qui sont suscep- tibles de réagir sur les oxydes d'alcoylènes. Dans ces corps sont compris, entre autres, les alcaloïdes, et, en général, les substances qui possèdent des groupes susceptibles de réagir, tels que OH, SH, NH, etc..
Il apparaîtra clairement que le nouveau procédé possède une grande importance d'ordre technique et au point de vue de l'économie sociale. Il est d'une grande importance par exemple, que l'on ait maintenant la possibilité d'adoucir les lupins, c'est à dire de les débarrasser deleur goût amer, par un procédé simple et sans perte en composants précieux.
Exemples.
1) Adoucissement de lupins. Les lupins, broyés de préférence grossièrement, sont mis dans un récipient fermé dans lequel on fait le vide. Moyennant une bonne agitation, on ajoute alors de l'oxyde d'éthylène, avantageusement sous la forme liquide.
On laisse agir l'oxyde d'éthylène pendant longtemps sans chauf- fage de l'extérieur. L'absorption de l'oxyde d'éthylène se fait très avidement et avec échauffement. Au début il seproduit une volatilisation partielle de l'oxyde d'éthylène liquide ; pendant le repos il se produit toutefois de nouveau un abais-'
<Desc/Clms Page number 6>
sèment de pression. L'oxyde d'éthylène non combiné peut être récupéré très facilement et liquéfié à nouveau.
La matière peut être traitéedans la suite par des agents d'extraction des graisses.
Dans le cas de lupins non traités par l'oxyde d'é- thylène, on peut dissoudre complètement la graisse par des dissolvants connus convenables de la graisse, par exemple l'éther, la benzine, mais les alcaloïdes ne sont extraits en même temps que dans une mesure tout à fait minime. Dans le cas d'une matière traitée par l'oxyde d'aliéné, il se traire, il se produit en même temps que 11 extraction de la graisse une dissolution presque complète de la substance amère qui peut être facilement séparée de la graisse.
1000 kg de lupins moulus grossièrement, ayant une teneur de 5,09% de graisse et de 0,886% d'alcaloïdes (rap- portés à la substance sèche) et de 11,5 % d'eau sont traités par 50 kg. d'oxyde d'éthylène. On fait ensuite l'extraction avec de l'alcool éthylique (94 à 96% ). On obtient après le séchage 921 kg. de lupins adoucis, d'un goût excellent, avec une teneur de 10% d'eau.
La matière contient encore 0,50 % de graisse et 0.012% d'alcalodes. Une perte notable d'albumine et d'hy- drates de carbone n'a pas été observée.
2) 1000 kg. de lupins grossièrement moulus, ayant la même composition qu'à l'exemple 1, sont traités par 30 kg. d'oxyde d'éthylène. Après l'extraction par l'alcool et le séchage, on obtient 903 kg. de lupins adoucis, avec une teneur de 10% d'eau. La matière possède une teneur en graisse de 1,55% et une teneur en alcaloïde de 0,050 %, rapportés à la substance sèche.